Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2304476
vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2304476 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 avril 2023, M. I, représenté par Me Azoulay-Cadoch, avocate, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 février 2023 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de regroupement familial présentée en faveur de ses enfants ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'accorder à ses enfants le bénéfice du regroupement familial dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. G soutient que la décision attaquée :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît le droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'alinéa 10 du Préambule de la Constitution de 1946 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Le préfet des Hauts-de-Seine a produit l'arrêté n° 2023-008 en date 2 février 2023 portant délégation de signature à Monsieur F C, sous-préfet d'Antony et de Boulogne-Billancourt le 20 mars 2024.
Le mémoire présenté par M. G, enregistré le 15 avril 2024, n'a pas été communiqué.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Louazel, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. G, ressortissant marocain, a déposé auprès de l'Office français de l'intégration et de l'immigration une demande tendant à l'introduction en France, dans le cadre du regroupement familial, de ses enfants, prénommés D et H. Par la décision du 3 février 2023, dont M. G demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. La décision attaquée a été signée par Mme E B, cheffe de bureau des étrangers à la sous-préfecture d'Antony et de Boulogne-Billancourt. Si Mme B a reçu une délégation de signature par un arrêté n° 2023-008 du préfet des Hauts-de-Seine en date 2 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs, il résulte des termes mêmes de l'article 7 de cet arrêté que Mme B dispose d'une délégation de signature pour signer " les décisions relatives aux renouvellements, duplicata et modification des titres de séjour, celles relatives aux passeports talents, salariés détachés ICT , document de Circulation pour Etrangers Mineurs (A) et titres de voyage pour réfugiés, protégés subsidiaires et apatrides " alors que la décision attaquée refuse le bénéfice du regroupement familial. Dans ces conditions, Mme B n'était pas compétente pour prendre la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit être accueilli.
3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. G est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. L'exécution du présent jugement implique seulement, eu égard à ses motifs, qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de M. G, dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du préfet des Hauts-de-Seine du 3 février 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de la situation de M. G, dans un délai de trente jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. G une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. G est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. I et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, Mme Louazel, conseillère, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
La rapporteuse,
signé
M. LOUAZEL
Le président,
signé
K. KELFANI La greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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