Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2305781
mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2305781 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrés les 26 avril 2023 et 8 mai 2024, Mme A C B, représentée par Me Akuesson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 mars 2023 portant refus de sa demande d'autorisation de travail ;
2°) d'enjoindre à l'autorité administrative compétente de lui délivrer une autorisation de travail dans un délai de quinze jours mois à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de condamner l'État à lui verser la somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'incompétence de son auteur ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 2 de l'accord franco-gabonais et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces stipulations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2023, le ministre de l'intérieur conclut à sa mise hors de cause.
Il fait valoir que seul le préfet de police de Paris, dont relève la décision attaquée, est seul compétent pour représenter l'Etat dans le préfet litige.
Par un courrier du 25 mai 2023, la requête a été communiquée au préfet de police de Paris, qui n'a pas produit d'écritures en défense.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 10 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 2 mai 2024.
Un mémoire présenté pour Mme B, enregistré le 8 mai 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Par un courrier du 4 juin 2024, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen soulevé d'office tiré de l'incompétence territoriale du tribunal administratif de Cergy-Pontoise pour connaître des conclusions dirigées contre la décision du 7 mars 2023 de refus de délivrer une autorisation de travail, justifiant un renvoi au tribunal administratif de Paris.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord franco-gabonais relatif à la gestion concertée des flux migratoires et au co-développement du 5 juillet 2007 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- Le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- Les conclusions de M ; Chabauty, rapporteur public,
- Les observations de Me Akuesson représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. La Banque populaire Rives de Paris a déposé pour Mme B, ressortissante gabonaise née le 1er mars 1989, une demande d'autorisation de travail, qui a été rejetée par la plateforme interrégionale de la main-d'œuvre étrangère de Paris. Par la requête susvisée, Mme B demande l'annulation de cette décision de rejet.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 5221-1 du code du travail : " Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail () 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; () ". Aux termes de l'article R. 312-10 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs aux législations régissant les activités professionnelles, notamment () la réglementation du travail () relèvent, lorsque la décision attaquée n'a pas un caractère réglementaire, de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve soit l'établissement ou l'exploitation dont l'activité est à l'origine du litige, soit le lieu d'exercice de la profession () ". Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs aux autorisations de travail délivrées à des ressortissants étrangers au titre des articles R. 5221-1 et suivants du code du travail constituent des litiges relatifs aux législations régissant les activités professionnelles au sens de l'article R. 312-10 du code de justice administrative et relèvent, par suite, de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve soit l'établissement ou l'exploitation dont l'activité est à l'origine du litige, soit le lieu d'exercice de la profession.
3 Aux termes de l'article R. 351-3 du code de justice administrative : " Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente () ". Aux termes de l'article R. 221-3 de ce code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / () Paris : ville de Paris () ".
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la demande d'autorisation de travail en faveur de Mme B a été présentée par la Banque populaire Rives de Paris, dont le siège social est à Paris, pour exercer un emploi à l'agence bancaire de Saint-Germain des Prés (75007). Par suite, le tribunal administratif de Paris est territorialement compétent pour statuer sur la demande de la requérante. Il y a donc lieu de transmettre le dossier de la requête de Mme B au tribunal administratif de Paris.
.
D É C I D E :
Article 1er : Le dossier de la requête de Mme B est transmis au tribunal administratif de Paris.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C B, au préfet du Val-d'Oise et au président du tribunal administratif de Paris.
Copie au préfet de police de Paris et au ministre de l'Intérieur et des outre-mer.
M. Huon, président ;
M. Viain, premier conseiller ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C. HUONLa greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2305781
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