lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2305795 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | COMMERCON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2020, M. A B, représenté par Me Commerçon, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser une somme équivalant à la somme de 200 euros par mois depuis le 3 février 2021 jusqu'à la mise à disposition effective d'un logement adapté à sa situation, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de son absence de relogement ;
2°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens.
Il soutient que :
- la responsabilité pour faute de l'État est engagée dès lors qu'il n'a reçu aucune proposition de logement, alors qu'il a été reconnu prioritaire par la commission de médiation du droit au logement opposable du département des Hauts-de-Seine le 12 avril 2017 et que le jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 2 février 2021 n'a pas été exécuté ;
- il subit en conséquence des troubles de toute nature dans ses conditions d'existence dès lors qu'il est toujours dépourvu de tout logement et hébergé dans un foyer ADOMA depuis le 1er juin 2015 où il ne peut recevoir ses enfants qui vivent avec leur mère.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le comportement de l'intéressé a fait obstacle à son relogement dès lors que ses services ont formulé trois propositions de logement à M. B dont une à l'issue de laquelle le requérant a été classé en rang 1 et à laquelle il n'a pas donné suite.
Vu :
- la décision du 13 juin 2022 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé l'aide juridictionnelle partielle à M. B ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- le jugement n°1906654 du 2 février 2021 par laquelle le tribunal administratif de Cergy - Pontoise a condamné l'État à verser au requérant une somme de 1000 euros en réparation des préjudices subis pour la période du 12 octobre 2017 au jour du jugement ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été différée au 29 janvier 2024 à 12 h 00 en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Des pièces complémentaires ont été produites pour M. B le 31 janvier 2024 et donc postérieurement à la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. La commission de médiation des Hauts-de-Seine a, par une décision du 12 avril 2017, désigné M. B comme prioritaire et devant être logé en urgence. Par un jugement du 2 février 2021, le tribunal, a condamné l'État à verser au requérant une somme de 1 000 euros en réparation des préjudices subis pour la période du 12 octobre 2017 au jour du jugement. N'ayant pas reçu de proposition de logement, M. B a saisi le préfet d'une nouvelle demande indemnitaire préalable par un courrier du 7 février 2023 reçu le 10 février suivant. Cette demande a été implicitement rejetée. M. B demande au tribunal de condamner l'État l'indemniser des préjudices subis pour la période postérieure au 2 février 2021.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'État à toute personne qui () n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".
3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour provoquer une offre de logement.
4. La commission de médiation a reconnu, le 12 avril 2017, le caractère urgent et prioritaire de la demande de M. B au motif qu'il était logé dans un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. Il résulte de l'instruction que depuis 2015, M. B est hébergé dans un foyer ADOMA. La persistance de cette situation, à compter du 13 octobre 2017, date à laquelle la carence de l'État a revêtu un caractère fautif, a causé à M. B des troubles de toutes natures dans ses conditions d'existence. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 1, le tribunal a déjà condamné l'État à verser au requérant la somme de 1 000 euros en réparation de ses préjudices par un jugement n°1906654 du 2 février 2021. La période d'indemnisation commence ainsi au 3 février 2021. Si le préfet soutient que plusieurs propositions de logement auraient été faites à M. B, dont une à l'issue de laquelle le requérant a été classé en rang 1 et à laquelle il n'a pas donné suite faisant ainsi, par son comportement, échec à la procédure de logement, ces allégations ne sont pas établies par les pièces qu'il produit et qui font état de trois procédures de relogement, l'une ayant conduit à classer le dossier du demandeur en rang 2 et les deux autres ayant effectivement conduit à classer le dossier du requérant en rang 1, la première n'ayant toutefois pas abouti pour le motif suivant " non retenu par la CAL ou refus du demandeur post-CAL ", la seconde en raison de l'abandon du réservataire. Dès lors, et compte tenu des conditions de logement de M. B qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et de la composition de son foyer, les enfants de M. B n'étant pas rattachés à son foyer fiscal, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en évaluant l'indemnisation due à la somme totale de 750 euros.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'État à verser à M. B la somme de 750 euros tous intérêts confondus au jour du présent jugement.
Sur les dépens :
6. En l'absence de dépens exposés dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées par le requérant à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à M. B la somme de 750 (sept cent cinquante) euros tous intérêts confondus au jour du présent jugement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Commerçon et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026