Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2305971
lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2305971 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 3 mai et 23 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Le Brusq, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 avril 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois à compter de la décision à intervenir après avoir le cas échéant saisi la commission du titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet a omis de saisir la commission du titre de séjour alors qu'il justifie d'une durée de présence de dix ans sur le territoire français.
Par un mémoire enregistré le 3 novembre 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 11 décembre 2023 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Colin, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant égyptien né le 10 janvier 1987, est entré en France en octobre 2008 selon ses déclarations. Le 26 avril 2022, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par deux arrêtés du 4 avril 2023, le préfet a par le premier abrogé un premier arrêté en date du 13 octobre 2022 par lequel il avait refusé à M. B de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination, par le second, l'autorité préfectoral a, à nouveau, refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande l'annulation de ce dernier arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".
3. M. B soutient qu'il réside en France depuis plus de dix ans. Il ressort des pièces du dossier que pour attester de sa présence, l'intéressé a produit de nombreuses pièces, à compter du mois de janvier 2013, tels que des relevés réguliers de comptes bancaires faisant état de nombreux mouvements, des ordonnances, des bulletins d'hospitalisation, des courriers émanant de l'administration fiscale, des relevés et factures d'abonnement EDF et GDF, jusqu'au 26 avril 2023 date à laquelle il a consulté le " Laboratoire du Centre Cardiologique du Nord " situé à Paris. Toutefois, il ressort de l'examen de ces pièces d'une part, que le requérant a été domicilié sur la période de janvier 2013 à février 2014 à trois adresses différentes à Aubervilliers, l'Ile Saint Denis et la Garenne Colombes, puis de février 2019 à juin 2019 à Aubervilliers et Montmagny, d'autre part, qu'entre le 5 septembre 2019, date à laquelle des mouvements apparaissent sur son compte bancaire, au mois de mai 2020 date à laquelle il produit un relevé de son abonnement Navigo, le requérant produit un relevé de livret A du mois de janvier 2020 qui ne fait apparaitre aucun mouvement et une attestation d'assurance établie le 12 avril 2020 au titre d'une habitation sise au 24 rue Gaston à Saint Denis dont la réalité n'est corroborée par aucune autre pièce du dossier. Dans ces conditions, compte tenu des discordances non assorties d'explication relatives à ses différentes domiciliations sur les périodes susmentionnées ainsi que l'absence de pièces probantes sur la période de huit mois courant entre le 5 septembre 2019 et mai 2020, les pièces produites par le requérant ne peuvent être regardées comme de nature à établir sa présence sur le territoire Français sans discontinuité depuis dix ans. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure faute de saisine préalable de la commission du titre de séjour en application des dispositions de l'article L. 435-1 précité doit être écarté.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction et de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
Mme Colin, première conseillère ;
M. Jacquelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.
La rapporteure,
signé
C. Colin
La présidente,
signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
E. Pradel
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2305971
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