Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2305994

mercredi 14 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2305994
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 mai 2023, Mme A demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour ou une attestation de prolongation de ses droits dans un délai de sept jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle se retrouve en situation irrégulière, étant dans l'impossibilité d'obtenir le renouvellement de son titre de séjour étudiant ce qui porte une atteinte à ses droits en l'empêchant notamment de trouver une alternance pour poursuivre sa formation ;

- la mesure sollicitée est utile compte tenu des importants dysfonctionnements de la procédure de dématérialisation des demandes de titres de séjour auprès de la préfecture, dès lors qu'elle n'a obtenu aucun rendez-vous, aucun avis favorable concernant sa demande de renouvellement de titre de séjour et aucun titre de séjour ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, aucune décision n'ayant été prise sur sa demande.

La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine qui n'a pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Louvel, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante camerounaise née le 10 octobre 2000, a déposé le 19 novembre 2022 une demande tendant au renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " arrivant à expiration le 30 décembre 2022. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour ou une attestation de prolongation de ses droits.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ". Il résulte de ces dispositions que l'étranger qui sollicite, pour la première fois ou à titre de renouvellement, une carte de séjour a le droit, s'il a déposé un dossier complet, d'obtenir, dès cet instant, un récépissé de sa demande qui vaut autorisation provisoire de séjour et autorisation de travail dans le cas où la demande concerne un titre de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle.

4. D'une part, il n'est pas contesté par le préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit de mémoire en défense, que Mme A a déposé le 19 novembre 2022, par le biais d'une plateforme dématérialisée dédiée, une demande de renouvellement de son titre de séjour, que sa demande était complète et que son dossier est instruit depuis cette date. Cette demande ne se heurte donc à aucune contestation sérieuse.

5. D'autre part, eu égard aux conséquences de la détention d'un récépissé sur la situation de Mme A, notamment sur son droit à se maintenir en France pour poursuivre ses études, à la durée anormalement longue de l'instruction de son dossier, et à la circonstance qu'elle ne peut se prévaloir de l'attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour actuellement en sa possession, dont la validité a expiré le

25 avril 2023, sa demande présente un caractère d'urgence et d'utilité.

6. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que la demande présentée par

Mme A ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

7. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de convoquer Mme A afin de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour ou de lui délivrer sans la convoquer une attestation ouvrant les mêmes droits. Il y a lieu de prescrire l'exécution de cette mesure dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance. En revanche, il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de convoquer Mme A afin de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour ou de lui délivrer sans la convoquer une attestation ouvrant les mêmes droits, dans un délai de dix jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 14 juin 2023

Le juge des référés,

Signé

T. Louvel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.