Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2306519
jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2306519 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 et 22 mai 2023, Mme A B née C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 mai 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Elle soutient que :
- elle est mariée avec un ressortissant français ;
- l'exécution de l'arrêté attaqué aurait des conséquences graves sur sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
La demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme B a été rejetée par décision du 8 avril 2024 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Pontoise.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 9 octobre 1987 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Ouillon, président-rapporteur ;
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B née C, ressortissante marocaine née le 22 juin 1984, serait entrée en France le 3 juillet 2019, selon ses déclarations. Mme B a épousé un ressortissant français le 8 octobre 2022 et a demandé le 22 mars 2023, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 4 mai 2023, le préfet du Val-d'Oise a refusé de délivrer à Mme B un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Aux termes de l'article L. 423-1 du même code : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ". Aux termes de l'article L. 423-2 du même code : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".
3. Mme B, qui demandait pour la première fois la délivrance d'une carte de séjour temporaire, ne conteste pas qu'elle n'était pas titulaire d'un visa de long séjour et le préfet a pu à bon droit pour ce motif lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, si Mme B a indiqué être entrée en France sous couvert d'un visa Schengen délivré par les autorités espagnoles, valable du 24 juin 2019 au 7 août 2019, elle n'en justifie pas et ne justifie pas non plus être entrée en France au cours de la période de validité de ce visa. Ainsi, Mme B ne justifie pas être entrée régulièrement en France et le préfet a pu, pour ce motif, lui refuser la délivrance du titre de séjour demandé en application de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En second lieu, Mme B soutient qu'elle réside en France depuis l'été 2019, qu'elle est mariée à un ressortissant français depuis le 8 octobre 2022 et que sa sœur réside régulièrement sur le territoire national. Toutefois, le mariage de Mme B présente un caractère récent à la date de l'arrêté attaqué et l'intéressée ne justifie pas d'une insertion sociale ou professionnelle particulière en France. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et notamment des mentions de la fiche de salle renseignée par l'intéressée que cette dernière n'est pas isolée dans son pays d'origine où résident ses parents et ses six frères et sœurs. Par suite, compte tenu de la durée et des conditions de séjour de Mme B en France, le préfet du Val-d'Oise n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de son arrêté sur la situation de cette dernière.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 4 mai 2023. Ces conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B née C et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ouillon, président,
Mme Charlery, première conseillère,
Mme Richard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le président-rapporteur,
signé
S. Ouillon
L'assesseure la plus ancienne,
signé
C. Charlery
La greffière,
signé
M-J. Ambroise
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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