jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2306968 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | FRECHE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 mai 2023 et le 21 novembre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Bouygues EetS FM France, représentée par Me Dourlens, demande à la juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la somme de 1 871,59 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre de la facture n° 548X100121085 émise le 27 février 2020 dans le cadre du marché à bons de commande ayant pour objet la conduite, l'exploitation et la maintenance multi-technique des installations des bâtiments des ministères de la transition écologique et de la cohésion des territoires et de la transition énergétique, à assortir des intérêts moratoires au taux d'intérêt appliqué par la Banque Centrale Européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de 8 points de pourcentage, à compter du 10 avril 2020, jusqu'à la date de paiement du principal incluse ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 80 406,84 euros TTC au titre des intérêts moratoires dus sur les factures n°s 12852110285 du 4 décembre 2019, 1285256134 du 27 mai 2021, 1285264693 du 29 septembre 2021, 1285246702 du 2 février 2021, 1285247169 du 11 février 2021, 1285247990 du 22 février 2021, 1285264489 du 28 septembre 2021 et 1285263985 du 20 septembre 2021, réglées au-delà du délai réglementaire et contractuel de 30 jours ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 360 euros au titre des indemnités forfaitaires de recouvrement correspondant aux neuf factures en litige ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle détient sur l'Etat, qui a reconnu le bien-fondé de la facture au paiement de laquelle elle prétend, qui n'est pas advenu dans les délais requis pour des raisons purement administratives, d'une créance non sérieusement contestable dans son principe comme dans son montant dès lors qu'elle correspond à des prestations régulièrement exécutées que l'Etat s'est engagé à lui régler ;
- en vertu de l'article 19.4.3 du cahier des clauses administratives particulières, des articles R. 2192-13 et R. 2192-15 du code de la commande publique et des articles 8 et 9 du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013, les sommes dues doivent être assorties des intérêts moratoires et des indemnités forfaitaires de recouvrement correspondant à chaque facture non acquittée ou acquittée avec retard.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2024, le ministre de la transition écologique conclut à ce que les intérêts moratoires sollicités soient ramenés à 55 943,35 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête, dès lors que le paiement de la facture n° 548X100121085 est intervenu le 4 novembre 2020.
Il soutient que, contrairement à ce que soutient la société Bouygues EetS FM France, le taux de refinancement de la Banque Centrale Européenne était non pas de 3,5 % mais de 0 %, de sorte que le calcul des intérêts moratoires doit se faire au taux de 8 %.
Par ordonnance du 23 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 mars 2024 à 12 heures.
Un mémoire a été produit pour la SAS Bouygues EetS FM France le 11 mars 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction. Il n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Oriol, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte d'engagement du 28 juin 2017, la société par actions simplifiée (SAS) Bouygues EetS FM France s'est vu confier un marché de service à bons de commande ayant pour objet la conduite, l'exploitation et la maintenance multi-technique des installations des bâtiments des ministères de la transition écologique et de la cohésion des territoires et de la transition énergétique, pour une durée de 48 mois. Exécuté du 29 juin 2017 au 29 juin 2021, le marché a fait l'objet de neuf factures d'un montant global de 351 613,63 euros toutes taxes comprises (TTC), qui n'ont pas été réglées dans les délais. Dans le dernier état de ses écritures, la SAS Bouygues EetS FM France demande à la juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'Etat à lui régler, d'une part, la somme de 1 871,59 euros TTC au titre de la facture n° 548X100121085 émise le 27 février 2020, à assortir des intérêts moratoires au taux d'intérêt appliqué par la Banque Centrale Européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de 8 points de pourcentage, à compter du 10 avril 2020, jusqu'à la date de paiement du principal incluse, et, d'autre part, la somme de 80 406,84 euros TTC au titre des intérêts moratoires dus sur les factures n°s 12852110285 du 4 décembre 2019, 1285256134 du 27 mai 2021, 1285264693 du 29 septembre 2021, 1285246702 du 2 février 2021, 1285247169 du 11 février 2021, 1285247990 du 22 février 2021, 1285264489 du 28 septembre 2021 et 1285263985 du 20 septembre 2021, réglées au-delà du délai réglementaire et contractuel de 30 jours.
Sur le principal de la créance :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état.
En ce qui concerne la facture n° n° 548X100121085 émise le 27 février 2020 :
4. Il résulte de l'instruction que la facture n° 548X100121085 émise le 27 février 2020 a été réglée à la SAS Bouygues EetS FM France par un virement n° 400524446 intervenu sur la plateforme Chorus le 4 novembre 2020, avant l'introduction de la présente requête. Par suite, la SAS Bouygues EetS FM France ne détient plus sur l'Etat de créance non sérieusement contestable à ce titre. Ses conclusions doivent donc être rejetées.
En ce qui concerne les intérêts moratoires :
5. D'une part, aux termes de l'article 19.4.3 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché : " Les sommes dues sont payées conformément aux dispositions du titre IV de la loi n° 2013-100 du 28 janvier 2013 portant diverses dispositions d'adaptation de la législation au droit de l'Union européenne en matière économique et financière et du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique. / Le délai de paiement est fixé à 30 jours. La date de début du délai est déterminée selon les modalités de l'article 2 du décret susvisé. / Lorsque les sommes dues en principal ne sont pas mises en paiement à l'expiration du délai de paiement, le titulaire a droit, sans qu'il ait à les demander, au versement des intérêts moratoires et de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement prévus aux articles 39 et 40 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée. / Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. Ils courent à l'expiration du délai de paiement jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse et sont calculés sur le montant total du paiement toutes taxes comprises, diminué des éventuelles retenue de garantie, clauses d'actualisation, de révision et des pénalités. / Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros. / Les intérêts moratoires et l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement sont payés dans un délai de quarante-cinq jours suivant la mise en paiement du principal. ".
6. D'autre part, aux termes du I de l'article 2 du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique : " Le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur ou, si le contrat le prévoit, par le maître d'œuvre ou toute autre personne habilitée à cet effet. / () ".
7. Il résulte de l'instruction que la facture n° 548X100121085 émise le 27 février 2020 a été réglée le 4 novembre 2020, que la facture n° 1285210285 émise le 4 décembre 2019 a été réglée le 15 décembre 2022, que la facture n° 1285256134 émise le 27 mai 2021 a été réglée le 21 mars 2023, que la facture n° 1285264693 émise le 29 septembre 2021 a été réglée le 31 mars 2023, que les factures n°s 1285246702, 1285247169 et 1285263985 émises les 2 février 2021, 11 février 2021 et 20 septembre 2021 ont été réglées le 29 mai 2023, et, enfin, que les factures n°s 1285247990 et 1285264489 émises les 22 février 2021 et 28 septembre 2021 ont été réglées le 1er juin 2023. Toutes ces factures, régulièrement déposées sur la plateforme Chorus, ont donc été réglées au-delà du délai de 30 jours prévu par les stipulations précitées de l'article 19.4.3 du CCAP susvisé, ce qui leur ouvre droit au paiement d'intérêts moratoires. Si la SAS Bouygues EetS FM France a calculé les intérêts en cause en retenant que le taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel ils ont commencé à courir, était de 3,5 %, il ressort du tableau Euribor versé à l'instance par le ministre de la transition écologique que ce taux était de 0 % entre le 1er janvier 2020 et le 1er juillet 2021. Comme le soutient le ministre, le taux de l'intérêt moratoire doit donc être établi à 8 % et non à 11,5 %. Il en résulte une somme d'intérêts moratoires non contestée de 55 943,35 euros, devant être regardée comme une créance non sérieusement contestable de la SAS Bouygues EetS FM France.
S'agissant des indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement :
8. En application des stipulations précitées de l'article 19.4.3 du CCAP, la SAS Bouygues EetS FM France a droit au paiement de la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement pour chacune des neuf factures en litige, soit 360 euros en tout, également constitutive d'une créance non sérieusement contestable détenue sur l'Etat.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à la SAS Bouygues EetS FM France une provision de 56 303,35 euros au titre des intérêts moratoires et des indemnités forfaitaires pour frais de recouvrement.
Article 2 : L'Etat versera à la SAS Bouygues EetS FM France la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la SAS Bouygues EetS FM France est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Bouygues EetS FM France et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Fait à Cergy, le 27 juin 2024.
La juge des référés,
signé
C. Oriol
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026