Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2307080
mercredi 12 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2307080 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 mai 2023, M. C A, représenté par Me Ntsama, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 mai 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et dans l'attente lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
Il soutient que :
La décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2023, le préfet des Hauts-de-Seine, conclut au rejet de la requête et produit les pièces utiles au dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 juin 2023 :
- le rapport de M. Dussuet, président du tribunal ;
- Me Ntsama, représentant M. C A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soutient en outre que l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen, dès lors que le préfet lui a délivré une autorisation provisoire de séjour le 6 avril 2023 suite à sa demande de titre de séjour qui est en cours d'instruction ;
- le préfet des Hauts-de-Seine n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant égyptien né le 14 avril 1987, est entré sur le territoire français le 1er mars 2019 et a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 5 juillet 2019. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile le 18 février 2021, décision notifiée à l'intéressé le 3 mars 2021, et confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 4 février 2022, notifiée le 8 février 2022. Il a formulé une première demande de réexamen le 8 juin 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris une décision d'irrecevabilité le 22 juin 2022, notifiée le 28 juin 2022, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 28 septembre 2022, notifiée le 11 octobre 2022. Par l'arrêté du 4 mai 2023 dont M. C demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine a délivré à M. C une autorisation provisoire de séjour à la date du 6 avril 2023 valable jusqu'au 5 octobre 2023 à la suite au dépôt de sa demande de titre de séjour portant mention " vie privée et familiale ", dont il n'est nullement fait mention dans l'arrêté contesté. Par ailleurs, l'intéressé se prévaut, sans être contesté par le préfet des Hauts-de-Seine, de ce que sa demande de titre de séjour au titre de la vie privée et familiale est toujours en cours d'instruction. En outre, alors que l'arrêté en litige se borne à relever que M. C est célibataire, sans charge de famille, que ses attaches sur le territoire français ne sont pas intenses et stables, alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est marié depuis le 17 janvier 2023 et qu'il établit l'existence d'une communauté de vie depuis juillet 2022. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a entaché l'arrêté attaqué portant obligation de quitter le territoire d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.
3. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 4 mai 2023 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français ainsi que par voie de conséquence, des décisions fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
4. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des etétrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
5. La présente annulation implique nécessairement que le préfet des Hauts-de-Seine examine de nouveau la situation du requérant. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de M. C, dans le délai de deux mois courant à compter de la présente décision, et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
6. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 800 euros à verser à M. C.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 4 mai 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer la situation de
M. C, dans le délai de deux mois courant à compter de la présente décision, et, dans l'attente, de munir l'intéressé d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 12 juillet 2023.
Le président du tribunal,
Signé
J-P. Dussuet
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°23070800
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026