lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2307135 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, n°2307135, enregistrée le 4 mai 2023, M. A B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 04 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine exige le remboursement de la prime exceptionnelle au titre de l'année 2021 ;
3°) de le décharger du paiement de la somme de 320, 14 euros
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à Me Desfarges au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du Code de justice administrative, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle
Il soutient que :
- la décision attaquée ne comporte pas la signature de son auteur ;
- la caisse d'allocations familiales méconnait le caractère suspensif du recours et donc les dispositions de l'article L. 262'46 du code de l'action sociale et des familles ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée n'est pas intervenue à l'issue d'une procédure contradictoire ;
- la décision attaquée est entachée d'erreurs de fait et de droit ;
- il remplit les conditions pour bénéficier d'une remise de dette.
Par un courrier du 6 juin 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de remise gracieuse de l'indu, dès lors que M. B n'établit pas avoir formé une demande de remise de dette qui aurait été implicitement ou explicitement rejetée par la caisse d'allocation familiale des Hauts-de-Seine, avant de saisir le tribunal.
Par un mémoire en date du 11 juin 2024, M. B conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et fait valoir que la prime exceptionnelle de fin d'année n'est pas soumise à recours administratif préalable obligatoire.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juin 2024, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête comme non fondée.
II. Par une requête, n°2307137, enregistrée le 4 mai 2023, M. A B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 04 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine exige le remboursement de la prime exceptionnelle au titre de l'année 2022 ;
3°) de le décharger du paiement de la somme de 320, 14 euros
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros à verser à Me Desfarges au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du Code de justice administrative, sous réserve d'une renonciation au bénéfice de l'aide juridictionnelle
Il soutient que :
- la décision attaquée ne comporte pas la signature de son auteur ;
- la caisse d'allocations familiales méconnait le caractère suspensif du recours ;et donc les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée n'est pas intervenue à l'issue d'une procédure contradictoire ;
- la décision attaquée est entachée d'erreurs de fait et de droit ;
- il remplit les conditions pour bénéficier d'une remise de dette.
Par un courrier du 6 juin 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin de remise gracieuse de l'indu, dès lors que M. B n'établit pas avoir formé une demande de remise de dette qui aurait été implicitement ou explicitement rejetée par la caisse d'allocation familiale des Hauts-de-Seine, avant de saisir le tribunal.
Par un mémoire en date du 11 juin 2024, M. B conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et fait valoir que la prime exceptionnelle de fin d'année n'est pas soumise à recours administratif préalable obligatoire.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juin 2024, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2022-1568 du 14 décembre 2022 ;
- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°2307135 et 2307137 concernent la situation d'un même requérant, posent à juger des questions comparables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur les indus :
2. Par deux décisions en date du 4 mars 2023, la caisse d'allocations familiales a notifié à M. B deux indus de prime exceptionnelle de fin d'année pour des montants de 320, 14 euros chacun afférents aux années 2021 et 2022. Par les présentes requêtes, M. B demande l'annulation de ces deux décisions.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ". Selon l'article L. 212-2 du même code : " Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : 1° Les décisions administratives qui sont notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice conforme à l'article L. 112-9 et aux articles 9 à 12 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives ainsi que les actes préparatoires à ces décisions () ".
4. Les décisions attaquées du 4 mars 2023 comportent l'indication des noms et qualité de leur auteur, M. C, directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine et ont été notifiées à M. B par l'intermédiaire du téléservice mis en œuvre par la caisse d'allocations familiales. Dès lors, elles étaient dispensées de comporter la signature manuscrite de leur auteur. Par suite, le moyen tiré du défaut de signature des décisions attaquées doit être écarté.
5. En deuxième lieu, si M. B soutient que le caractère suspensif de son recours dirigé contre l'indu en litige n'a pas été respecté, dès lors que la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine aurait illégalement procédé à des retenues sur d'autres prestations à échoir dès notification de la décision attaquée, cette circonstance, qui est relative aux conditions d'exécution de la décision attaquée, est sans incidence sur la légalité de cette dernière. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles est donc inopérant.
6. En troisième lieu et contrairement à ce que soutient le requérant, les décisions attaquées, qui indiquent que, pour percevoir la prime exceptionnelle de fin d'année, le requérant devait être bénéficiaire du revenu de solidarité active, précisent le motif sur lequel elles reposent. Le moyen tiré du défaut de motivation de ces décisions doit donc être écarté.
7. En quatrième lieu, si, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ", l'article L. 121-2 du même code précise que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / () 4° Aux décisions prises par les organismes de sécurité sociale () sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction (). ". Les décisions en litige, prises par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, qui est un organisme de sécurité sociale, ne constituent pas une sanction. Par conséquent, leur édiction n'était pas soumise au respect des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant.
8. Aux termes de l'article 3 du décret du 15 décembre 2021 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2021 ou, à défaut, du mois de décembre 2021, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul () ". Aux termes de l'article 3 du décret du 14 décembre 2022 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2022 ou, à défaut, du mois de décembre 2022, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul./ Une seule aide est due par foyer. ".
9. M. B se borne à soutenir, en termes généraux, que les décisions attaquées seraient entachées d'erreurs de fait et de droit dès lors qu'il n'est pas en mesure de discuter le bien fondé des indus en litige. Ce moyen, non assorti des précisions suffisantes, ne peut donc qu'être écarté.
Sur la remise gracieuse :
10. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article R. 412-1 de ce code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () ".
11. M. B demande, à titre subsidiaire, que lui soit accordée une remise totale de ses dettes. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'il ait formé auprès de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine une demande de remise de dette qui aurait été implicitement ou explicitement rejetée, avant de saisir le tribunal, y compris après avoir été mis à même de régulariser sa requête par le tribunal sur ce point. Il ne ressort pas davantage des décisions produites par le requérant que cet organisme ait statué d'office sur une telle demande. Par suite, les conclusions de M. B aux fins de remise de dette présentées dans l'instance sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Le présent jugement rejetant l'ensemble des conclusions présentées par M. B, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°2307135 et 2307137 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B à la ministre du travail et de l'emploi.
Copie ne sera adressée la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
Signé
C. Mas
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2307135 et 2307137
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026