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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2307715

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2307715

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2307715
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantPINTO OLINDA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2310448/1 du 8 juin 2023, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise le 8 juin 2023, le président du tribunal administratif de Paris a, sur le fondement de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête de M. D A.

Par cette requête, enregistrée le 7 mai 2023 au greffe du tribunal administratif de Paris, un mémoire et un mémoire non communiqué, enregistrés le 29 novembre 2023 et le 28 mai 2024 au greffe du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, M. A, représenté par Me Pinto, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 22 juin 2021 et du 1er juillet 2022 du président de l'université Paris Nanterre portant rejet de sa candidature à la formation Licence 2e année et licence 3e année mention Langues, Littératures et Civilisations Etrangères et Régionales (Anglais) ;

2°) d'enjoindre à l'université Paris Nanterre d'organiser les épreuves d'examens concernées par l'absence de transmission des sujets d'examen, à savoir celles d'anglais, langues LANSAD, ethnomusicologie et anthropologie de la danse et de communiquer le dossier scolaire de l'intéressé, dans un délai raisonnable à compter du jugement à intervenir ;

3°) de condamner l'université Paris Nanterre à lui verser la somme de 10 988 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subi suite au défaut de transmission des sujets d'examen au titre de l'année universitaire 2017-2018, au refus consécutif par l'université de son inscription au titre des années 2019-2020, 2020-2021 et 2021-2022, à la perte de chance de valider son diplôme de licence et à l'impossibilité de s'inscrire en master, ainsi qu'à l'absence de communication par l'université de son dossier scolaire ;

4°) de mettre à la charge de l'université Paris Nanterre la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- les décisions du 22 juin 2021 et du 1er juillet 2022 sont dépourvues de base légale ;

- l'université a commis une faute en ne lui communiquant pas certains sujets d'examens lors de la seconde session d'examen de l'année universitaire 2017-2018 organisée de manière dématérialisée, le privant ainsi de la possibilité de s'inscrire en deuxième et troisième année de licence mention Langues, Littératures et Civilisations Etrangères et Régionales (Anglais) ;

- il est fondé à demander réparation des préjudices qu'il estime avoir subi du fait de cette faute qui l'a privé d'accès aux épreuves concernées et, par suite, lui a fait perdre une chance de valider son cursus universitaire et de pouvoir accéder aux années supérieures.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 novembre 2023 et le 19 mars 2024, l'université Paris Nanterre conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la prescription quadriennale est acquise ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle n°2022/008524 du 19 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°68-1250 du 31 décembre 1968 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beauvironnet,

- les conclusions de Mme Garona, rapporteure publique,

- et les observations de M. A et de M. B, représentant l'université Paris Nanterre.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien né le 7 janvier 1974 à Abidjan, était inscrit de 2014 à 2018 à l'université Paris Nanterre afin d'y poursuivre un double cursus de licence, mentions " Sciences de l'Homme, Anthropologie, Ethnologie " et " Langues, Littératures et Civilisations Etrangères et Régionales ". En mars 2021, le requérant a présenté une candidature à la deuxième année de licence Langues, Littératures et Civilisations Etrangères et Régionales (Anglais), qui a été rejetée par une décision du 7 juillet 2021 de l'université Paris Nanterre au motif que ses acquis académiques antérieurs étaient insuffisants pour accéder à cette formation. En mai 2022, l'intéressé a présenté une nouvelle candidature visant à intégrer la troisième année de licence Langues, Littératures et Civilisations Etrangères et Régionales, demande qui a été rejetée par une décision du 1er juillet 2022 de l'université au motif de l'insuffisance de ces acquis académiques (Anglais). Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation des décisions du 22 juin 2021 et du 1er juillet 2022, ainsi que la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis des fautes commises par l'université lors de l'organisation des examens de la seconde session en juin 2018, le privant de la possibilité d'achever la licence.

2. En premier lieu, si le requérant soutient que les décisions du 22 juin 2021 et du 1er juillet 2022 du président de l'Université Paris-Nanterre portant rejet de sa candidature à la formation Licence 2e année et licence 3e année mention Langues, Littératures et Civilisations Etrangères et Régionales (Anglais) sont entachées d'un défaut de base légale, il ressort de ces mêmes décisions qu'elles ne sont pas fondées sur la défaillance du requérant aux épreuves de licence Sciences de l'Homme, anthropologie, ethnologie, mais sur l'insuffisance de ses acquis académiques. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elles seraient privées de base légale ou devraient être regardées comme fondées sur un motif erroné doit être écarté. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de M. A ne peuvent qu'être rejetées.

3. En second lieu, si M. A fait valoir que l'organisation des épreuves de juin 2018 comportait des fautes de nature à engager la responsabilité de l'université, cette responsabilité ne peut être engagée pour autant qu'il en soit résulté des préjudices directs et certains. Toutefois, ainsi qu'il l'a été dit au point 2, le fait générateur des préjudices invoqués par le requérant est l'insuffisance de ses acquis universitaires et non sa défaillance aux épreuves de juin 2018. Par suite, en l'absence de préjudice en lien direct et certain avec la faute invoquée, les conclusions indemnitaires de M. A doivent être rejetées.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A dans toutes ses conclusions, y compris celles en injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Pinto Olinda et au président de l'université Paris Nanterre.

Délibéré après l'audience du 13 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Edert, présidente,

Mme Chaufaux, première conseillère,

Mme Beauvironnet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.

La rapporteure,

signé

E. Beauvironnet

La présidente,

signé

S. Edert

La greffière,

signé

S. Le Gueux

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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