lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2307768 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | CHARLUET-MARAIS FLORENCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mai 2023, Mme B A née C, représentée par Me Dutheil-Lécouvé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 27 mars 2023 par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, le rejet de sa demande de revenu de solidarité active ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation ;
3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine de lui verser une somme de 3 000 euros au titre du revenu de solidarité active ;
4°) de mettre à la charge de la partie défenderesse une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée émane d'une autorité qui n'avait pas reçu délégation de signature ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, la commission de recours amiable n'ayant pas été saisie ;
- la décision attaquée ne fait mention d'aucun des éléments produits dans le cadre de ses correspondances ;
- elle remplit les conditions pour bénéficier du revenu de solidarité active dès lors qu'elle ne touche aucun revenu locatif et était sans activité professionnelle du 10 avril 2020 au 30 septembre 2020 soit depuis six mois.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 avril 2024, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête, à titre principal comme irrecevable et à titre subsidiaire comme non fondée.
Il faut valoir que :
- le recours administratif préalable obligatoire présenté par Mme A est tardif ;
- les moyens de légalité externe soulevés par la requérante sont inopérants et, en tout état de cause, infondés ;
- le moyen de légalité interne soulevé par la requérante n'est pas fondé ;
Par un mémoire en défense enregistré le 18 avril 2024, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, représentée par Me Charluet-Marais,conclut à sa mise hors de cause et au rejet de la requête.
Par un mémoire complémentaire enregistré le 18 avril 2024 Mme A conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.
Elle soutient en outre que son recours préalable obligatoire n'était pas tardif.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A née C conteste la décision en date du 27 mars 2023 par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours administratif préalable obligatoire, le rejet de sa demande tendant au bénéfice du revenu de solidarité active.
Sur la demande de mise hors de cause de la caisse d'allocations des Hauts-de-Seine :
2. La caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, qui assure la gestion des prestations relatives au revenu de solidarité active pour le compte du département des Hauts-de-Seine qui en assure le financement, est fondée à demander sa mise hors de cause.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes, d'une part, de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre (). ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / Les dispositions de l'article R. 132-1 sont applicables au revenu de solidarité active. ".
4. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 132-1 du code de l'action sociale et des familles : " Il est tenu compte, pour l'appréciation des ressources des postulants à l'aide sociale, des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire (). ". Aux termes de l'article R. 132-1 du même code : " Pour l'appréciation des ressources des postulants prévue à l'article L. 132-1, les biens non productifs de revenu, à l'exclusion de ceux constituant l'habitation principale du demandeur, sont considérés comme procurant un revenu annuel égal à 50 % de leur valeur locative s'il s'agit d'immeubles bâtis, à 80 % de cette valeur s'il s'agit de terrains non bâtis et à 3 % du montant des capitaux. ".
5. Enfin, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.
6. En premier lieu, il résulte de l'office du juge tel que décrit au point précédent que les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte, de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée ou n'aurait pas été précédée de la saisine de la commission de recours amiable sont inopérants.
7. En deuxième lieu, la requérante ne peut utilement soutenir que la décision attaquée encourt l'annulation au seul motif qu'elle ne ferait pas mention " des éléments qu'elle a produits dans le cadre de ses correspondances ".
8. En troisième et dernier lieu, il résulte des dispositions citées au point 3 que, pour l'appréciation des ressources du foyer de l'allocataire du revenu de solidarité active, les immeubles qui ne constituent pas l'habitation principale du demandeur et ne sont pas productifs de revenus sont, en principe, considérés comme procurant à leur propriétaire un revenu annuel égal à 50 % de leur valeur locative s'ils sont bâtis et à 80 % de cette valeur s'il s'agit de terrains non bâtis. Si Mme A soutient que le bien dont elle est propriétaire, destiné à la location et qui ne constitue pas son habitation principale, ne lui procure aucun revenu locatif dès lors qu'elle est en litige avec sa locataire, il résulte des dispositions citées au point 3 que le département des Hauts-de-Seine pouvait, ainsi qu'il l'a fait, tenir compte à hauteur de 50% de la valeur en capital, non discutée en l'espèce, de ce bien non productif de revenu pour la détermination des droits au revenu de solidarité active de la requérante et ainsi estimer qu'elle ne remplissait pas les conditions pour en bénéficier. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
9 Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par le département des Hauts-de-Seine en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A née C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative le département des Hauts-de-Seine n'étant pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D É C I D E :
Article 1er : La caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine est mise hors de cause.
Article 2 : La requête de Mme A née C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A née C, au département des Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée à la Caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026