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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2308032

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2308032

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2308032
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPole Social (JU)
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023 sous le n° 2308032, Mme E C, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire, mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 9 100,11 euros versé à tort entre avril 2019 et août 2021;

2°) de la décharger du paiement de cette somme ;

3°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise totale de sa dette ;

4°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

s'agissant de l'indu :

- la décision est entachée d'un vice de compétence, faute pour le département de justifier d'une délégation de signature en faveur de l'auteur de la décision ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale dès lors qu'il n'est pas rapporté la preuve de l'assermentation de l'agent de contrôle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale faute pour les défendeurs d'établir qu'elle a eu droit à l'information prévue par ces dispositions ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine n'a pas été saisie préalablement à son édiction ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la CAF a continué de recouvrer la créance par compensation sur les autres prestations dont elle bénéficie alors qu'elle avait formé un recours contre la décision d'indu qui était suspensif ;

- elle méconnaît les droits de la défense, en violation de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle n'a pas reçu communication des pièces qui fondent la décision et elle n'a pu faire valoir ses observations avant son édiction ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'elle a toujours résidé de manière effective en France, son séjour prolongé en 2020 au Pérou étant causé par la nécessité de rencontrer le père de sa fille ainsi que par l'impossibilité de revenir en France pendant la crise sanitaire, et qu'elle a été mal informée par la CAF quant à la nécessité de déclarer ses absences du territoire français ;

s'agissant de la remise de dette :

- elle est de bonne foi et se trouve dans une situation précaire, justifiant une remise de dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 février 2024, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est tardive ;

- en tout état de cause, aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un courrier du 19 mars 2024, Mme C a été invitée à régulariser sa requête en produisant la preuve du dépôt d'une remise de dette et, le cas échéant, d'une décision statuant sur cette demande, à peine d'irrecevabilité de ses conclusions à fin de remise de dette.

II. Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023 sous le n° 2308034, Mme E C, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire, mettre à sa charge un indu d'aide personnalisée au logement (APL) pour la somme de 5 769,39 euros versée à tort entre janvier 2020 et septembre 2021 ;

2°) de la décharger du paiement de cette somme ;

3°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise totale de sa dette ;

4°) de mettre à la charge de la CAF des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

s'agissant de l'indu :

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale dès lors qu'il n'est pas rapporté la preuve de l'assermentation de l'agent de contrôle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale faute pour les défendeurs d'établir qu'elle a eu droit à l'information prévue par ces dispositions ;

- elle est entachée d'un vice de forme faute pour la décision de la CRA d'être revêtue de la signature de son auteur ou, en tout état de cause, d'un vice de compétence, dès lors qu'il n'est pas justifié de l'autorité de la personne ayant signé le courrier de notification de la décision de la CRA ;

- elle méconnaît les dispositions des article 1302, 1302-1 et 1353 du code civil, dès lors qu'aucun décompte de la créance ne lui est joint ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la CAF a continué de recouvrer la créance par compensation sur les autres prestations dont elle bénéficie alors qu'elle avait formé un recours contre la décision d'indu qui était suspensif ;

- elle méconnaît les droits de la défense, en violation de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle n'a pas reçu communication des pièces qui fondent la décision et elle n'a pu faire valoir ses observations avant son édiction ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'elle a toujours résidé de manière effective en France, son séjour prolongé en 2020 au Pérou étant causé par la nécessité de rencontrer le père de sa fille ainsi que par l'impossibilité de revenir en France pendant la crise sanitaire, et qu'elle a été mal informée par la CAF quant à la nécessité de déclarer ses absences du territoire français ;

s'agissant de la remise de dette :

- elle est de bonne foi et se trouve dans une situation précaire, justifiant une remise de dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2024, la CAF des Hauts-de-Seine, représentée par Me Charluet-Marais conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est tardive, dès lors que la décision attribuant l'aide juridictionnelle date du 23 janvier 2023 et que la requête n'a été introduite que le 5 juin 2023 ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un courrier du 19 mars 2024, Mme C a été invitée à régulariser sa requête en produisant la preuve du dépôt d'une remise de dette et, le cas échéant, d'une décision statuant sur cette demande, à peine d'irrecevabilité de ses conclusions à fin de remise de dette.

III. Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023 sous le n° 2308037, Mme E C, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision la décision du 25 septembre 2021 de la CAF des Hauts-de-Seine mettant à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2019 pour la somme de 228,67 euros, ensemble la décision du 24 janvier 2023 de rejet de son recours gracieux contre cette décision ;

2°) de la décharger du paiement de cette somme ;

3°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise totale de sa dette ;

4°) de mettre à la charge de la CAF des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

s'agissant de l'indu :

- la décision du 25 septembre 2021 méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration faute pour la décision de comporter la signature de son auteur ;

- la décision du 24 janvier 2023 notifiant la décision de la CRA du 8 septembre 2022, est entachée d'un vice de forme faute pour la décision de la CRA d'être revêtue de la signature de son auteur ou, en tout état de cause, d'un vice de compétence, dès lors qu'il n'est pas justifié de l'autorité de la personne ayant signé le courrier du 24 janvier 2023 de notification de la décision de la CRA ;

- les décisions méconnaissent les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la CAF a recouvré la créance par compensation illégale sur d'autres prestations dont elle bénéficiait ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'elle a toujours résidé de manière effective en France, son séjour prolongé en 2020 au Pérou étant causé par la nécessité de rencontrer le père de sa fille ainsi que par l'impossibilité de revenir en France pendant la crise sanitaire, et qu'elle a été mal informée par la CAF quant à la nécessité de déclarer ses absences du territoire français ;

s'agissant de la remise de dette :

- elle est de bonne foi et se trouve dans une situation précaire, justifiant une remise de dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2024, la CAF des Hauts-de-Seine, représentée par Me Charluet-Marais, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est tardive, dès lors que la décision attribuant l'aide juridictionnelle date du 23 janvier 2023 et que la requête n'a été introduite que le 5 juin 2023 ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un courrier du 19 mars 2024, Mme C a été invitée à régulariser sa requête en produisant la preuve du dépôt d'une remise de dette et, le cas échéant, d'une décision statuant sur cette demande, à peine d'irrecevabilité de ses conclusions à fin de remise de dette.

IV. Par une requête, enregistrée le 5 juin 2023 sous le n° 2308038, Mme E C, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 septembre 2021 de la CAF des Hauts-de-Seine mettant à sa charge un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2020 pour la somme de 228,67 euros, ensemble la décision du 24 janvier 2023 de rejet de son recours gracieux contre cette décision ;

2°) de la décharger du paiement de cette somme ;

3°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise totale de sa dette ;

4°) de mettre à la charge de la CAF des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

s'agissant de l'indu :

- la décision du 25 septembre 2021 méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration faute pour la décision de comporter la signature de son auteur ;

- la décision du 24 janvier 2023 rejetant son recours gracieux est entachée d'un vice de forme faute pour la décision de la CRA d'être revêtue de la signature de son auteur ou, en tout état de cause, d'un vice de compétence, dès lors qu'il n'est pas justifié de l'autorité de la personne ayant signé le courrier du 24 janvier 2023 de notification de la décision de la CRA ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale faute pour les défendeurs d'établir qu'elle a eu droit à l'information prévue par ces dispositions ;

- les décisions méconnaissent les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la CAF a recouvré la créance par compensation illégale sur d'autres prestations dont elle bénéficiait ;

- elles sont entachées d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'elle a toujours résidé de manière effective en France, son séjour prolongé en 2020 au Pérou étant causé par la nécessité de rencontrer le père de sa fille ainsi que par l'impossibilité de revenir en France pendant la crise sanitaire, et qu'elle a été mal informée par la CAF quant à la nécessité de déclarer ses absences du territoire français.

s'agissant de la remise de dette :

- elle est de bonne foi et se trouve dans une situation précaire, justifiant une remise de dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2024, la CAF des Hauts-de-Seine, représentée par Me Charluet-Marais, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est tardive, dès lors que la décision attribuant l'aide juridictionnelle date du 23 janvier 2023 et que la requête n'a été introduite que le 5 juin 2023 ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- la décision du 9 janvier 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale pour l'instance n° 2308032 ;

- la décision du 23 janvier 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale pour l'instance n° 2308034 ;

- la décision du 9 janvier 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale pour l'instance n° 2308037 ;

- la décision du 9 janvier 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale pour l'instance n° 2308038 ;

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- la décision par laquelle le rapporteur public a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 24 septembre 2021, la CAF des Hauts-de-Seine a informé Mme C qu'elle devait rembourser, notamment, la somme de 7 157 euros, en raison d'un trop-perçu de revenu de solidarité active (RSA) versé à tort entre le 1er avril 2019 et le 31 décembre 2020. Mme C a formé un recours préalable contre cette décision, qui a été rejeté par le département des Hauts-de-Seine le 30 juin 2022. Par la requête n° 2308032, Mme C demande l'annulation de cette dernière décision. Par deux décisions du 25 septembre 2021, la CAF des Hauts-de-Seine a notifié à Mme C deux indus de 228,67 euros relatifs aux primes exceptionnelles de fin d'année 2019 et 2020. Mme C a formé un recours gracieux contre ces décisions, qui a été rejeté le 24 janvier 2023. Par les requêtes n° 2308037 et 2308038, la requérante demande l'annulation de la décision du 24 janvier 2023, ainsi que des décisions du 25 septembre 2021. Enfin, par une décision du 24 septembre 2021, la CAF des Hauts-de-Seine lui a notifié un indu d'aide personnalisée au logement (APL) pour la somme de 5 769 euros versée à tort entre janvier 2020 et septembre 2021. Après que la requérante a contesté cette décision en formant un recours administratif préalable à son encontre, ce dernier a été rejeté le 26 septembre 2022. Par la requête n° 2308034, Mme C demande l'annulation de cette dernière décision.

2. Les requêtes nos 2308032, 2308034, 2308037 et 2308038 ont été introduites par la même requérante et présentent à juger des questions communes. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.

Sur les conclusions d'annulation de l'instance n° 2308032:

3. En premier lieu, la décision attaquée, qui rejette le recours préalable de Mme C relatif à un indu de RSA, a été signée le 30 juin 2022 par délégation par M. B A, chef du service gestion des droits et prestation à la direction des prestations, du financement et du budget du département des Hauts-de-Seine. Ce dernier disposait d'une délégation en vertu de l'arrêté n° 2022-DAJA-005 du 7 mars 2022 du président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, publié, affiché et transmis au contrôle de légalité, l'autorisant à signer toute décision en lien avec une créance de RSA. Le moyen tiré du vice de compétence ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision contestée comporte une motivation circonstanciée en fait et en droit ayant permis à Mme C d'en comprendre les motifs à sa seule lecture. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, selon le premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les directeurs des organismes de sécurité sociale confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire ". Les conditions d'agrément des agents des caisses d'allocations familiales exerçant une mission de contrôle sont définies par un arrêté du ministre de la santé et de la protection sociale et du ministre de la famille et de l'enfance du 30 juillet 2004, qui renvoie aux dispositions de l'article L. 243-9 du code de la sécurité sociale en ce qui concerne les conditions d'assermentation.

6. Il ressort de l'ensemble de ces dispositions que tant l'absence d'agrément que l'absence d'assermentation des agents de droit privé désignés par les caisses d'allocations familiales pour conduire des contrôles sur les déclarations des bénéficiaires du revenu de solidarité active sont de nature à affecter la validité des constatations des procès-verbaux qu'ils établissent à l'issue de ces contrôles et à faire ainsi obstacle à ce qu'elles constituent le fondement d'une décision déterminant pour l'avenir les droits de la personne contrôlée ou remettant en cause des paiements déjà effectués à son profit en ordonnant la récupération d'un indu. En outre, la valeur probante attachée par les dispositions précitées de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale aux procès-verbaux dressés par ces agents ne saurait s'étendre aux mentions qu'ils comportent quant à l'agrément et à l'assermentation de leur auteur.

7. Il résulte de l'instruction que Mme I G, agent de la caisse d'allocations familiales ayant procédé au contrôle de situation de la requérante et dont les nom et prénom sont apposés en fin du rapport d'enquête du 9 septembre 2021, a prêté serment le 27 mars 2007 et a été agréée le 29 juin 2007. Par suite, cet agent était habilité pour effectuer un contrôle de la situation de la requérante. Le moyen tiré de l'irrégularité du contrôle résultant du défaut d'assermentation et d'agrément de l'agent de la caisse d'allocations familiales doit être écarté.

8. En quatrième lieu, l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale prévoit que le droit de communication permet à certains agents des organismes de sécurité sociale d'obtenir, auprès de personnes publiques et privées que l'article L. 114-20 du même code désigne par renvoi au livre des procédures fiscales, sans que le secret professionnel ne s'y oppose, les documents et informations nécessaires à l'exercice des missions de contrôle ou de recouvrement de prestations indûment versées qu'il définit. L'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale dispose que l'organisme ayant usé de ce droit est tenu d'informer la personne à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement " de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision " et qu'il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie de ces documents à la personne qui en fait la demande.

9. Il résulte de ces dispositions que les caisses d'allocations familiales, chargées du service du revenu de solidarité active, réalisent les contrôles relatifs à cette prestation d'aide sociale selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale, au nombre desquels figurent le droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale au bénéfice des organismes de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations qu'ils servent, ainsi que les garanties procédurales s'attachant, en vertu de l'article L. 114-21 du même code, à l'exercice de ce droit par un organisme de sécurité sociale. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu de revenu de solidarité active, tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.

10. Mme C soutient qu'elle n'aurait pas été informée de la mise en œuvre par la CAF des Hauts-de-Seine du droit de communication prévu par les dispositions précitées. Il résulte toutefois de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête établi le 9 septembre 2021 par un agent assermenté de la CAF, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que la requérante a été informée par écrit de la mise en œuvre du droit de communication dévolu à la caisse. En outre, le rapport mentionne les démarches réalisées par l'agent en charge du contrôle, notamment les organismes contactés et les comptes bancaires consultés. S'il n'est pas établi que Mme C aurait été informée de l'origine des renseignements obtenus par la caisse via l'exercice de son droit de communication, eu égard à la teneur des renseignements, nécessairement connus de l'intéressée, celle-ci n'a pas été privée, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, qu'elle a eu, par ailleurs, la possibilité de solliciter auprès de l'agent de contrôle lors de ces échanges, de la garantie instituée par l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la décision en litige faute d'information sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil général. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 242-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 262-89 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. / Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée ".

12. Dans ce cadre, il appartient au tribunal administratif, saisi d'un moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable de l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, de s'assurer du caractère obligatoire de cette consultation dans l'hypothèse en litige, en vertu des clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et l'organisme. En revanche, la circonstance que le législateur ait entendu permettre à chaque département, agissant par voie de convention avec cet organisme, de déterminer les hypothèses dans lesquelles les réclamations dirigées contre des décisions relatives au revenu de solidarité active sont soumises pour avis à sa commission de recours amiable n'a pas pour effet de retirer à la consultation de cette commission, eu égard à sa nature et à sa composition, le caractère d'une garantie apportée, lorsqu'elle est prévue, au bénéficiaire du revenu de solidarité active.

13. La convention de gestion du revenu de solidarité active conclue entre le conseil départemental des Hauts-de-Seine et la caisse d'allocations familiales de ce département le 11 décembre 2020 exclut en son article 15 de recueillir l'avis de la commission de recours amiable pour les recours administratifs dirigés contre les décisions relatives aux indus de revenu de solidarité active. Par suite, le moyen tiré de la violation des articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles du fait de l'absence de saisine de cette commission, inopérant, doit être écarté.

14. En sixième lieu, si Mme C soutient que la CAF des Hauts-de-Seine aurait illégalement procédé à des retenues sur d'autres prestations à échoir en vue d'obtenir le paiement de la dette en litige, cette circonstance, qui est relative aux conditions d'exécution de la décision attaquée, est sans incidence sur la légalité de cette dernière. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, inopérant, ne peut qu'être écarté.

15. En septième lieu, la requérante invoque une violation du principe du contradictoire et des droits de la défense dès lors qu'elle n'a pu présenter ses observations devant l'administration avant l'édiction de la décision contestée. Toutefois, Mme C, qui a exercé un recours administratif préalable, a pu faire valoir ses observations à l'occasion de l'exercice de ce recours de même qu'elle avait pu le faire à plusieurs reprises au cours de l'enquête de situation conduite par la CAF, notamment lors de l'entretien du 31 août 2021. En outre, elle n'établit, ni n'allègue avoir jamais sollicité communication de son dossier. Par suite, Mme C, qui ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre d'une décision qui n'émane pas d'un tribunal au sens de ces stipulations, n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige méconnaît les droits de la défense et le respect de la procédure contradictoire. Dès lors, le moyen doit être écarté.

16. En dernier lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (.) ". L'article L. 262-3 du même code dispose que : " [] L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active [] ". L'article R. 262-37 du même code précise que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

17. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête établi par un contrôleur assermenté de la CAF des Hauts-de-Seine le 9 septembre 2021, que Mme C, qui a déposé des déclarations trimestrielles faisant apparaître des ressources nulles en 2018 et 2019, a reçu des ressources qu'elle n'a pas déclarées d'un montant de 14 957 euros en 2018 et 16 580 euros en 2019. L'intéressée ne conteste aucunement la perception de ces ressources sur la période litigieuse.

18. D'autre part, aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ".

19. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. Par ailleurs, la personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.

20. L'indu de RSA a également été mis à la charge de Mme C au motif que cette dernière ne pouvait être regardée comme disposant d'une résidence stable et effective en France en 2019 et 2020, la CAF n'ayant à dessein pas fait grief à Mme C de son absence entre mars et juillet 2020 compte tenu de la crise sanitaire. Il résulte à cet égard de l'instruction, et plus particulièrement du rapport d'enquête de la CAF que l'intéressée a effectué des séjours prolongés à l'étranger entre février 2019 et décembre 2020. La CAF des Hauts-de-Seine a ainsi relevé que la requérante avait séjourné au Pérou 49 jours en 2019 et 352 jours en 2020, ne revenant en France que le 18 décembre 2020. Elle se trouvait par conséquent hors de France durant plus de trois mois sur les douze derniers mois entre avril 2019 et août 2021. Mme C, qui ne conteste ni la durée, ni la fréquence de ces séjours, soutient que ses absences prolongées étaient liées à la nécessité de rendre visite au père de sa fille, dont elle est séparée, qui réside à l'étranger ainsi qu'à la fermeture des frontières liées à la crise sanitaire qui l'a contrainte à prolonger son séjour. Toutefois, l'indu exclut les mois de mars à juillet 2020 pour lesquels la CAF a considéré d'office que Mme C pouvait avoir eu des difficultés à revenir en France. En tout état de cause, Mme C n'établit aucunement le caractère impératif de ses séjours. De plus, elle se borne à produire, pour toute preuve de ses difficultés à rentrer en France, une demande d'information adressée à l'ambassade de France à Lima sur les possibilités de rapatriement sanitaire, pour laquelle elle a obtenu une réponse circonstanciée sans donner aucune suite aux aides proposées, ainsi qu'un unique billet d'avion daté du mois d'août 2020 ayant été annulé. En outre la circonstance, alléguée par Mme C, que la CAF aurait manqué à son devoir d'information quant à ses obligations en tant qu'allocataire est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le département des Hauts-de-Seine a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation au regard des dispositions citées au point 18 en estimant qu'elle ne disposait plus d'une résidence stable et effective en France pour justifier le bénéfice du RSA.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées dans l'instance n° 2308032, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin de décharge, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions d'annulation de la requête n° 2308034 :

22. En premier lieu, pour les motifs déjà énoncés au point 7, le moyen tiré du défaut d'assermentation de l'agent de contrôle doit être écarté.

23. En deuxième lieu, pour les motifs déjà énoncés aux points 9 à 10, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté.

24. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée. ". Et aux termes de l'article R. 825-2 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable. () ".

25. Si Mme C soutient que l'avis de la commission de recours amiable (CRA) est entaché d'un vice de forme faute pour elle d'être signée par son auteur, la décision de rejet de son recours préalable a été prise, en application des dispositions précitées par le directeur de la CAF sur avis de la CRA. En outre, si elle soutient que la décision du 26 septembre 2022 rejetant son recours amiable a été signée par une personne incompétente, il ressort des termes mêmes de cette décision qu'elle a été prise et signée par le directeur de la CAF des Hauts-de-Seine, M. F D. Le moyen tiré du vice de forme ne pourra donc qu'être écarté.

26. En quatrième lieu, le moyen tiré de ce que la CAF des Hauts-de-Seine a méconnu les articles 1302, 1302-1 et 1353 du code civil en ne produisant pas un " décompte de créance " est inopérant et doit dès lors, en tout état de cause, être écarté.

27. En cinquième lieu, pour le motif déjà énoncé au point 14, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, inopérant, ne peut qu'être écarté.

28. En sixième lieu, pour le motif déjà énoncé au point 15, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire et des droits de la défense ne peut qu'être écarté.

29. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 351-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Une aide personnalisée au logement est instituée. ". Aux termes de l'article L. 821-1 de ce même code : " Les aides personnelles au logement comprennent :

1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'articles L. 821-2 du code précité :

" I. Les aides personnelles au logement sont accordées au titre de la résidence principale ". Aux termes de l'article R. 822-23 de ce code : " Est considéré comme résidence principale, pour l'application du premier alinéa du II de l'article L. 822-2, le logement effectivement occupé soit par le bénéficiaire de l'aide personnelle au logement, soit par son conjoint, soit par une des personnes à charge au sens de l'article R. 823-4, au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure ".

30. Il résulte de ce qui a été dit au point 20 que Mme C n'a pas occupé son logement au moins huit mois par an en 2019 et 2020, ayant notamment été totalement absente du territoire français entre le 13 décembre 2019 et le 18 décembre 2020. Compte tenu de ce qui a déjà été rappelé dans le présent jugement sur les périodes et les conditions de son séjour à l'étranger ainsi que l'absence de démarches effectives en vue de rentrer en France à la réouverture des frontières, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, cas de force majeur au sens des dispositions de l'article R. 822-23 du code de la construction et de l'habitation, est à l'origine de cette absence d'occupation de son logement. Par suite le moyen tiré de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.

31. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées dans l'instance n° 2308034, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin de décharge, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions d'annulation de la requête n° 2308037 :

32. En premier lieu aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ". Selon l'article L. 212-2 du même code : " Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : 1° Les décisions administratives qui sont notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice conforme à l'article L. 112-9 et aux articles 9 à 12 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives ainsi que les actes préparatoires à ces décisions () ".

33. La décision du 25 septembre 2021 comporte l'indication des noms et qualité de son auteur, Mme H, directrice de la CAF des Hauts-de-Seine et a été notifiée à Mme C par l'intermédiaire du téléservice mis en œuvre par cet organisme de sécurité sociale. Dès lors, cette décision était dispensée de comporter la signature manuscrite de son auteur. Par suite, le moyen tiré de ce que le défaut de signature de la décision méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant.

34. En deuxième lieu, si Mme C soutient que la décision du 24 janvier 2023 rejetant son recours gracieux est entachée d'un vice de forme ou, en tout état de cause, d'un vice de compétence, les vices propres d'une décision de rejet d'un recours gracieux sont sans incidence sur sa légalité. Le moyen inopérant ne pourra qu'être écarté.

35. En troisième lieu, pour le motif déjà énoncé au point 14, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, inopérant, ne peut qu'être écarté.

36. En dernier lieu, en application de l'article 3 du décret du 10 décembre 2019 visé ci-dessus, la prime exceptionnelle de fin d'année pour l'année 2019 est versée aux bénéficiaires du RSA qui ont reçu cette allocation pendant les mois de novembre ou décembre 2019.

37. En l'espèce, les droits de Mme C à la prime exceptionnelle de fin d'année ont été ouverts du fait de ses droits au RSA pour l'année 2019. Toutefois, et comme il a déjà été dit précédemment au point 20, Mme C n'avait aucun droit au RSA sur les derniers mois de l'année 2019. Elle n'avait dès lors aucun droit à la prime exceptionnelle en litige. Par suite, la CAF est fondée à lui en réclamer le remboursement, sans que la requérante ne puisse utilement soutenir que cet organisme ne l'a pas informée correctement sur ses obligations déclaratives en tant qu'allocataire.

38. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées dans l'instance n° 2308037, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin de décharge, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions d'annulation de la requête n° 2308038 :

39. En troisième lieu, pour le motif déjà énoncés aux points 32 et 33, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration faute pour la décision attaquée de comporter la signature de son auteur, inopérant, ne peut qu'être écarté.

40. En deuxième lieu et comme il a déjà été dit précédemment au point 34, les vices propres affectant la décision du 24 janvier 2023 par laquelle le recours gracieux de Mme C a été rejeté sont sans incidence sur sa légalité. Le moyen tiré du vice de forme et du vice de compétence de la décision du 24 janvier 2023 doit être écarté.

41. En troisième lieu, pour les motifs déjà énoncés au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté.

42. En quatrième lieu, pour le motif déjà énoncé au point 14, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, inopérant, ne peut qu'être écarté.

43. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 37, Mme C, qui a été absente du territoire français du 1er janvier au 18 décembre 2020, n'avait pas droit à la prime exceptionnelle de fin d'année en 2020 prévue par les dispositions du décret du 29 décembre 2020 visées ci-dessus.

44. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées dans l'instance n° 2308038, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin de décharge, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin de remise de dette dans les quatre instances :

45. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article R. 412-1 de ce code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () ".

46. Dans les différentes instances, Mme C demande, à titre subsidiaire, que lui soit accordée une remise totale de ses dettes. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait formé auprès du département des Hauts-de-Seine ou de la CAF de ce département une demande de remise de dette qui aurait été implicitement ou explicitement rejetée, avant de saisir le tribunal, y compris après avoir été mise à même de régulariser sa requête sur ce point. Il ne ressort pas davantage des décisions produites que l'administration a statué d'office sur une telle demande. Par suite, les conclusions de Mme C à fin de remise de dette présentées dans toutes les instances sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

47. Le présent jugement rejetant l'ensemble des conclusions présentées par Mme C, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne pourront par voie de conséquence qu'être rejetées.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : Les requêtes nos 2308032, 2308034, 2308037 et 2308038 de Mme C sont rejetées.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme E C, à Me Desfarges, au département des Hauts-de-Seine, à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. Monteagle La greffière,

Signé

C. Mas

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2308032, 2308034, 2308037 et 2308038

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