LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2308390

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2308390

lundi 29 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2308390
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationPole Social (JU)
Avocat requérantGHÉRON CAROLINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2020, M. A B, représenté par Me Gheron, demande au tribunal :

1°) de condamner l'État à lui payer la somme de 43 250 euros en réparation des préjudices subis du fait de son absence de relogement, assortie des intérêts au taux légal capitalisés ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la responsabilité pour faute de l'État est engagée dès lors qu'il n'a reçu aucune proposition de logement, alors qu'il a été reconnu prioritaire par la commission de médiation du droit au logement opposable le 18 décembre 2020 et que l'ordonnance du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 2 juin 2021 enjoignant à l'État de le loger n'a pas été exécutée ;

- il subit en conséquence des troubles de toutes natures dans ses conditions d'existence dès lors qu'il a été expulsé de son précédent hébergement le 8 mars 2021 après le décès de son hébergeant et qu'il est désormais hébergé par sa mère dans un logement trop petit pour la famille composée de cinq personnes.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 août 2023 et 28 mars 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le requérant a fait obstacle, par son comportement, à l'exécution de l'obligation d'hébergement dès lors qu'il n'a pas actualisé sa première demande auprès du SIAO, puis a enregistré une nouvelle demande le 26 juillet 2021, mais qu'il n'a pas actualisé cette seconde demande après le 15 septembre 2021, de sorte qu'il ne saurait être indemnisé au-delà du 15 mars 2022 ;

- le préjudice n'est pas établi, dès lors que les requérants n'apportent aucune précision sur leur conditions actuelles d'hébergement.

Vu :

- la décision du 9 janvier 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. B l'aide juridictionnelle totale ;

- l'ordonnance n° 2104885 du 2 juin 2021 par laquelle le tribunal administratif de Cergy - Pontoise a enjoint au préfet du Val-d'Oise d'héberger M. B sous astreinte de 5 euros par jour de retard ;

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.

M. B a produit une note en délibéré le 6 avril 2024.

La clôture de l'instruction a été différée au 19 avril 2024 à 12h00 en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. La commission de médiation du Val-d'Oise a, par une décision du 18 décembre 2020, désigné M. B comme prioritaire et devant être accueilli dans une structure d'hébergement ou dans une résidence hôtelière à vocation sociale. Par une ordonnance du 2 juin 2021, le tribunal, saisi par l'intéressé sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a enjoint au préfet du Val-d'Oise d'assurer son hébergement sous astreinte de 5 euros par jour de retard. N'ayant pas reçu de proposition, M. B a saisi le préfet d'une demande indemnitaire préalable par un courrier du 8 novembre 2021. Cette demande a été implicitement rejetée. M. B demande au tribunal de condamner l'État à lui verser la somme de 43 250 euros en réparation des préjudices subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'État à toute personne qui () n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".

3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être hébergée d'urgence par une décision d'une commission de médiation en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'État prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à compter de l'expiration du délai de six semaines à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre d'hébergement.

En ce qui concerne la responsabilité :

4. D'une part, la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine a reconnu, le 18 décembre 2020, M. B comme prioritaire et devant être accueilli dans une structure d'hébergement ou dans une résidence hôtelière à vocation sociale. Toutefois, le préfet n'a fait aucune offre d'hébergement à M. B avant le 29 janvier 2021, date butoir fixée par la commission de médiation. D'autre part, l'ordonnance n° 2104885 du 2 juin 2021 par laquelle tribunal administratif de Cergy - Pontoise a enjoint au préfet du Val-d'Oise d'assurer l'hébergement de M. B avant le 1er juillet 2021 sous astreinte de 5 euros par jour de retard n'a reçu aucune exécution.

5. Toutefois, si la période de responsabilité de l'État s'achève en principe au jour de l'hébergement effectif du demandeur, elle peut prendre fin à la date où l'intéressé, par son comportement, a fait obstacle à l'exécution de la décision de la commission de médiation et du jugement enjoignant au préfet d'exécuter cette décision. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B, après avoir omis d'actualiser sa demande initiale enregistrée auprès du service d'accueil et d'orientation (SIAO) le 9 novembre 2020, a formé une nouvelle demande le 26 juillet 2021, a actualisé cette demande en dernière instance le 15 septembre 2021, mais ne l'a plus actualisée par la suite alors qu'il lui appartenait de l'actualiser dans les six mois. Si cette circonstance n'est pas, à elle seule, de nature à exonérer l'administration de sa responsabilité dans l'hébergement du requérant, elle révèle que M. B a renoncé au bénéfice de la décision de la commission de médiation alors qu'il ne conteste aucunement cette absence d'actualisation, n'apporte aucune explication pour justifier de son désintérêt, ni ne fait état d'aucune prise de contact avec le SIAO ou ne justifie de diligences accomplies après le 15 mars 2022 en vue d'obtenir un hébergement. Dans ces circonstances, la responsabilité du préfet du Val-d'Oise a pris fin le 15 mars 2022.

6. Il résulte de ce qui précède que le requérant est seulement fondé à solliciter l'engagement de la responsabilité de l'État en raison des carences fautives dont il a fait preuve dans la mise en œuvre de son obligation d'hébergement jusqu'au 15 mars 2022.

En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :

7. D'une part, la période à prendre en compte pour apprécier l'existence d'une carence de l'État dans l'exécution de son obligation de résultat d'hébergement du requérant court à l'expiration du délai de six semaines à compter de la décision de la commission de médiation, soit en l'espèce à compter du 29 janvier 2021, et s'achève, compte tenu de la période de responsabilité définie au point 6, le 15 mars 2022.

8. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que M. B a, au cours de la période en litige, été hébergé avec ses trois enfants mineurs et son épouse dans un logement social mis à disposition par le titulaire du bail locatif, décédé le 16 févier 2020. Il résulte de cette même instruction que le bailleur social a initié une procédure d'expulsion de ce logement dès le décès de ce locataire, qui a abouti en septembre 2021, et qu'après cette date, M. B et sa famille ont été hébergés par la mère du requérant. Eu égard au caractère précaire de ces conditions de logement et aux contraintes qui y sont liées, le requérant a nécessairement subi avec ses enfants des troubles de toutes natures dans ses conditions d'existence.

9. Il résulte de ce qui précède que, compte tenu des conditions d'hébergement de M. B qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et de la composition de son foyer, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en évaluant l'indemnisation due à la somme totale de 2 700 euros.

10. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'État à verser à M. B la somme de 2 700 euros, tous intérêts confondus au jour du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

11. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 susmentionnée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gheron, conseil de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Gheron de la somme de 1 080 euros.

Par ces motifs, le tribunal décide:

Article 1er : L'État est condamné à verser à M. B la somme de 2 700 euros, tous intérêts confondus au jour du présent jugement.

Article 2 : L'État versera la somme de 1 080 euros à Me Gheron, conseil de M. B, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Gheron et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.

La magistrate désignée

signé

M. MonteagleLa greffière

signé

C. Mas

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

1

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14
← Retour aux décisions
Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026