Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2308506

jeudi 8 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2308506
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 juin 2023, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 22 juin 2023 du préfet du Val-d'Oise classant sans suite sa demande de naturalisation.

Elle soutient que la décision est entachée d'une erreur de fait.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que le moyen soulevé par Mme B n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bourragué, rapporteur,

- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,

- et les observations de M. C, représentant le préfet du Val-d'Oise.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B a présenté le 10 février 2023 une demande de naturalisation auprès de la préfecture du Val-d'Oise, par voie électronique. Par un courrier du 22 juin 2023, le préfet du Val-d'Oise a indiqué à l'intéressée qu'il classait sans suite sa demande, dans la mesure où elle n'avait pas produit les documents nécessaires à son instruction qui lui avaient été demandés par un courrier du 19 avril 2023. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision.

2. Aux termes de l'article 37-1 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité français : " Le demandeur fournit : 1° Son acte de naissance ;1° bis La copie d'un document officiel d'identité, ainsi qu'une photographie d'identité récente ;2° La justification par tous moyens de sa résidence habituelle en France pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande, sous réserve des réductions ou dispenses de stage prévues aux articles 21-18 à 21-20 du code civil et, lorsque la demande est présentée au nom d'un mineur, la justification de la résidence habituelle de ce dernier pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande avec le parent qui a acquis la nationalité française ;3° Tous documents justifiant qu'il a sa résidence en France à la date de la demande, notamment des justificatifs de domicile, de ressources et de situation fiscale ;4° S'il entend bénéficier de l'assimilation de résidence prévue à l'article 21-26 du code civil, tous documents justifiant qu'il remplit les conditions posées par cet article ;5° Le cas échéant, les actes de naissance de tous ses enfants mineurs, ainsi que les pièces de nature à établir leur résidence ;6° Le cas échéant, son ou ses actes de mariage ainsi que les pièces de nature à justifier la dissolution de ses unions antérieures ;7° Un extrait de casier judiciaire ou un document équivalent délivré par une autorité judiciaire ou administrative compétente du ou des pays où il a résidé au cours des dix dernières années, ou, lorsqu'il est dans l'impossibilité de produire ces documents, du pays dont il a la nationalité ;8° Le cas échéant, au titre de l'acquisition de plein droit de la nationalité française prévue à l'article 22-1 du code civil, les pièces mentionnées à l'article 12 ;8° bis Le cas échéant, un état des services, pour les anciens combattants et les légionnaires, et les décorations et citations obtenues ;9° Un diplôme ou une attestation justifiant d'un niveau de langue égal ou supérieur à celui exigé en application de l'article 37 et délivré dans les conditions définies par cet article ou, à défaut, une attestation délivrée dans les mêmes conditions justifiant d'un niveau inférieur. Sont toutefois dispensées de la production de ce diplôme ou de cette attestation les personnes titulaires d'un diplôme délivré dans un pays francophone à l'issue d'études suivies en français. Bénéficient également de cette dispense les personnes souffrant d'un handicap ou d'un état de santé déficient chronique ou âgées d'au moins soixante ans. ". L'article 40 du même décret prévoit que : " L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement.

3. Pour procéder, par la décision litigieuse, au classement sans suite de la demande de naturalisation de Mme B, le préfet du Val-d'Oise s'est fondé sur la circonstance que la postulante n'a pas produit, malgré une mise en demeure, les trois dernières quittances de loyer, l'extrait de casier judiciaire étranger ou document équivalent, l'attestation de paiement ou non-paiement de la caisse d'allocations familiales, les bulletins de salaires justifiant l'avis d'imposition 2020, l'attestation fiscale des trois dernières années délivrée par les organismes payeurs ayant versé une indemnité, le contrat de travail initial signé en 2019 et l'attestation fiscale P237 portant sur l'année 2020.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B n'a pas produit, malgré l'invitation qui lui en avait été faite le 19 avril 2023 par notification sur l'application dédiée " NATALI ", les pièces qui lui ont été demandées et n'a pas justifié de l'impossibilité de les produire, ni même de l'impossibilité de consulter son espace dédié " NATALI ". Si la requérante soutient qu'elle n'a pas reçu la notification du 19 avril 2023 l'informant des pièces manquantes au dossier, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait consulté l'application du ministère sur lequel se trouvait cette notification, ainsi qu'elle était invitée à le faire régulièrement pour suivre l'état de sa demande. Dès lors que le défaut de consultation de l'application est imputable à la requérante et qu'elle ne justifie pas de l'impossibilité d'accéder à cette application, le préfet a pu, sans entacher sa décision d'une erreur de fait, prononcer le classement sans suite de sa demande incomplète de naturalisation.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B ne peut qu'être rejetée.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bories, présidente,

M. Bourragué, premier conseiller,

Mme Goudenèche, conseillère,

Assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe 8 février 2024.

Le rapporteur,

signé

S. BourraguéLa présidente,

signé

C. Bories

La greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.