Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2308522

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2308522
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juin 2023, Mme D A, représentée par Me Nunes, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un certificat de résidence algérien d'une durée d'un an portant la mention "vie privée et familiale" , dans un délai de quinze jours à compter du jugement à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Nunes de la somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, dès lors que la décision fixant le pays de destination n'est ni motivée en droit et en fait, qu'elle ne se prononçait pas sur les risques qu'encourrait l'état de santé, et que le préfet ne fait pas mention de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure au regard des dispositions des articles L. 432-13 à L. 432-15 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet devait consulter la commission du titre de séjour préalablement à son édiction ;

- le collège de médecins de l'OFII ne fait pas état des pièces médicales sur lesquelles il s'est fondé, ce qui n'a pas permis au préfet d'être éclairé ;

- le préfet s'est cru à tort lié par l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;

- l'arrêté méconnait l'article 6.7 de l'accord franco-algérien modifié ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision

sur sa situation personnelle ;

- l'arrêté méconnaît l'article 6.5 de l'accord franco-algérien modifié et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 13 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques du 19 décembre 1966, dès lors qu'il n'a pas fait l'objet d'une procédure contradictoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de faire usage de ses pouvoirs d'instruction et d'ordonner à l'OFII de communiquer l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège de médecins de l'OFII le 21 juillet 2022.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement, sur proposition de la rapporteure publique, a dispensé cette dernière de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Jacquelin, rapporteur.

Par une ordonnance du 16 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 novembre 2023 à 12h.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante algérienne, née le 14 décembre 1966, est entrée en France le 13 juin 2016. Elle s'est vu délivrer une carte de résident d'une durée d'un an en application des dispositions de l'article 6.7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, renouvelée en dernier lieu du 22 décembre 2020 au 21 décembre 2021. Elle a sollicité le 31 décembre 2021, le renouvellement de son titre de séjour. Par l'arrêté litigieux du 19 octobre 2022, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi.

2. En premier lieu, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

3. Il ressort des pièces du dossier, que l'arrêté contesté, qui n'avait pas à reprendre tous les éléments de la situation personnelle de la requérante, énonce qu'il existe un traitement approprié dans son pays d'origine, que l'intéressée ne peut davantage bénéficier des stipulations de l'article 6.5 de l'accord franco-algérien, à savoir les motifs tirés de la vie privée et familiale, ni des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ressort également des pièces du dossier, que la requérante n'a pas sollicité son admission au séjour à titre exceptionnel en vertu du pouvoir discrétionnaire du préfet, qui n'a pas examiné sa situation à ce titre, et n'a donc pas à motiver sur ce point. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6.7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. ".

5. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d' origine.

6. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi ; que la conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

7. D'une part, s'il appartient au préfet, lorsqu'il statue sur la demande de délivrance d'un titre de séjour d'un étranger en raison de son état de santé, de s'assurer que l'avis a été rendu par le collège de médecins conformément aux règles procédurales fixées par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et par l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé, il ne saurait en revanche porter d'appréciation sur le respect, par le collège de médecins, des orientations générales définies par l'arrêté du 5 janvier 2017, en raison du respect du secret médical qui interdit aux médecins de donner à l'administration, de manière directe ou indirecte, toute information sur la nature des pathologies dont souffre l'étranger.

8. La requérante allègue que le collège de médecins de l'OFII ne fait pas état des pièces médicales sur lesquelles il s'est fondé, ce qui n'a pas permis d'éclairer le préfet quant à la décision qu'il devait prendre. En tout état de cause, le collège de médecins de l'OFII ne pouvait donner directement des informations sur la nature de la pathologie du requérant à destination du préfet. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet n'était pas éclairé eu égard à la pathologie de la requérante, pour prendre la décision attaquée, doit être écarté.

9. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la décision attaquée, qui mentionne que " les pièces versées au dossier ne permettent pas de remettre en cause l'avis médical précité ", que le préfet ne s'est pas placé en situation de compétence liée vis-à-vis de l'avis du collège de médecins de l'OFII. Le moyen doit être écarté.

10. Par ailleurs, en l'espèce, le préfet pour prendre l'arrêté attaqué a estimé, au vu de l'avis du 21 juillet 2022 du collège de médecins de l'OFII, dont il s'est approprié la teneur, que l'état de santé de Mme A nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, mais qu'il existe un traitement approprié dans son pays d'origine dont elle peut effectivement bénéficier et qu'elle peut voyager sans risque pour sa santé. Il ressort des pièces du dossier et particulièrement du certificat médical du 21 juin 2023 du docteur B, médecin généraliste, que la requérante souffre d'une insuffisance thyréotrope et corticotrope post-opératoire, d'un ostéo-méningiome sphénorobitaire droit avec envahissement du sinus caverneux, sinus sphénoidal, d'une selle turcique suivie d'une protonthérapie de 54 EBR en 2017, d'un ostéome sphéno-orbitaire avec extension vers la selle turcique traité en 2016 par chirurgie puis par protonthérapie, avec une cécité droite et d'une atteinte hypophysaire et qu'elle a subi en 2018 une lobectomie intérieure gauche par thoracoscopie pour un adénocarcinome. Il ressort de ce même document que l'intéressée est suivie dans un centre de protonthérapie, en neurochirurgie et ophtalmologie, ainsi que pour une lésion pulmonaire. Ce certificat précise en outre que la prise en charge multidisciplinaire ne peut se faire dans son pays d'origine compte tenu de la complexité de sa polypathologie et de l'inexistence de ce traitement spécifique. La requérante produit également un extrait d'un rapport médical signé du docteur C, du service médical de l'OFII, non daté, qui indique notamment les traitements en cours ou prévisibles, à savoir particulièrement du SOLUPRED, LEVOTHYROX, TARDYFERON. Toutefois, ces seuls documents ne permettent pas de remettre en cause les mentions de l'avis du collège de médecins de l'OFII du 21 juillet 2022 précité aux termes duquel il existe un traitement approprié dans son pays d'origine dont elle peut effectivement bénéficier. Par ailleurs, figure sur la liste des médicaments disponibles en Algérie, produite par le préfet, les traitements médicamenteux précités. En outre, le préfet établit que la requérante pourra bénéficier d'une prise en charge financière par le système algérien, dans le cadre de l'instruction n°DSS/DACI/2019/224 du 17 octobre 2019, et cite, sans être contredit, un exemple de structure hospitalière en Algérie, l'hôpital Chahid Mahmoudi, situé sur la wilaya de Tizi-Ouzou dont est originaire la requérante, dont il n'est pas contesté qu'il est équipé pour le diagnostic et le traitement des pathologies cancéreuses. Dès lors, en estimant que Mme A ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, le préfet du Val-d'Oise n'a pas méconnu les stipulations de l'article 6.7 de l'accord franco-algérien précité.

11. Enfin, compte tenu de ce qui a été dit précédemment et nonobstant la circonstance que l'intéressée s'est vu reconnaître un taux d'incapacité supérieur ou égal à 50 % et inférieur ou égal à 80 %, par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées par décision du 27 janvier 2021, le préfet en prenant l'arrêté attaqué n'a pas fait une appréciation manifestement erronée des conséquences de l'arrêté attaqué sur sa situation personnelle.

12. En troisième lieu, aux termes de l'article 6.5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. Il ressort des pièces du dossier, que le conjoint de la requérante vit en Algérie, ainsi que sept frères et sœurs, et deux de ses trois enfants. La seule présence de son fils en France n'est pas suffisante pour attester d'une vie privée et familiale installée sur le territoire. Ainsi, la requérante n'est pas dépourvue d'attaches dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision attaquée, porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, au regard des buts en vue desquelles elle a été prise, en méconnaissance de l'article 6.5 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

14. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " () Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

15. D'une part, le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues pour l'obtention d'un titre de séjour en application des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auxquels il envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 que Mme. A n'étant pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application des stipulations précitées du 5° et 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, le préfet du Val-d'Oise n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour à ce titre. D'autre part, la requérante étant entrée en France le 13 juin 2016, ne justifie donc pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué dès lors le préfet n'avait pas davantage à saisir la commission au titre des dispositions précitées de l'article L. 435-1. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

16. Enfin, aux termes de l'article 13 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques : " un étranger qui se trouve légalement sur le territoire d'un Etat partie au présent Pacte ne peut en être expulsé qu'en exécution d'une décision prise conformément à la loi et, à moins que des raisons impérieuses de sécurité nationale ne s'y opposent, il doit avoir la possibilité de faire valoir les raisons qui militent contre son expulsion et de faire examiner son cas par l'autorité compétente, ou par une ou plusieurs personnes spécialement désignées par ladite autorité, en se faisant représenter à cette fin. "

17. En l'espèce, Mme A ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées, dès lors que, contrairement à ce qu'elle soutient, elle ne peut être regardée comme résidant " régulièrement " en France au sens et pour l'application desdites stipulations et ce alors même qu'une autorisation de séjour provisoire lui avait été délivrée pour la durée de l'instruction de sa demande. Au demeurant, Mme A ayant été à l'occasion de sa demande de titre de séjour, en mesure de présenter toutes observations utiles dans la perspective d'une éventuelle obligation de quitter le territoire français susceptible d'être prise dans le même arrêté que le refus de titre de séjour, ne peut soutenir qu'elle n'a pas été mise à même d'exposer ses observations.

18. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner la mesure d'instruction demandée par la défense, que les conclusions à fin d'annulation de la requête sont rejetées, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte, et celles présentées en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : le présent jugement sera notifié à Mme D A et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 23 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Griel, présidente ;

M. Jacquelin, premier conseiller ;

Mme Debourg, conseillère ;

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.

Le rapporteur,

signé

G. Jacquelin

La présidente,

signé

H. Le GrielLa greffière,

signé

E. Pradel

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

N°230852