lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2308877 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | BROCHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 juin 2023 et 30 avril 2024, Mme A C née B, représentée par Me Brochard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'État à lui payer la somme de 72 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de son absence de relogement, assortie des intérêts au taux légal ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité pour faute de l'État est engagée dès lors qu'elle n'a reçu aucune proposition de logement, alors qu'elle a été reconnue prioritaire par la commission de médiation du droit au logement opposable le 7 octobre 2020 et que l'ordonnance du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 2 juin 2021 enjoignant à son relogement n'a pas été exécutée ;
- elle subit en conséquence des troubles de toutes natures dans ses conditions d'existence dès lors que l'attente d'un logement social la maintient dans un logement inadapté à sa situation familiale, en l'espèce un appartement de deux-pièces de 26 m² où elle réside avec son fils, né en 1997, et son mari et que ce logement est insalubre et dangereux, en infraction sur plusieurs points avec le règlement sanitaire départemental ;
- le préfet ne saurait être regardé comme délié de son obligation de la reloger au motif qu'elle n'aurait pas présenté un dossier complet devant la commission d'attribution du bailleur social lui ayant fait une proposition en juin 2022, alors qu'elle n'a pas été informée par écrit qu'elle risquait de perdre sa reconnaissance DALO et que le préfet n'établit aucunement qu'elle a été mise à même de compléter le dossier qui a été présenté au bailleur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requérante a fait obstacle à son relogement en ne répondant pas aux demandes de pièces du bailleur le 15 juin 2022, empêchant une proposition de relogement d'aboutir.
Vu :
- l'ordonnance n° 2105008 du 2 juin 2021 par laquelle le tribunal administratif de Cergy - Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de reloger Mme B sous astreinte de 150 euros par mois de retard ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La commission de médiation des Hauts-de-Seine a, par une décision du 7 octobre 2020, désigné Mme B comme prioritaire et devant être logée en urgence. Par une ordonnance du 2 juin 2021, le tribunal, saisi par l'intéressée sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d'assurer son relogement sous astreinte de 150 euros par mois de retard. N'ayant pas reçu de proposition de logement, Mme B a saisi le préfet d'une demande indemnitaire préalable par un courrier du 28 mars 2023 Cette demande a été implicitement rejetée. Mme B demande au tribunal de condamner l'État à lui verser la somme de 72 000 euros en réparation des préjudices subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'État à toute personne qui () n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".
3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour provoquer une offre de logement. Dans le cas où le demandeur a été reconnu prioritaire au seul motif que sa demande de logement social n'a pas reçu de réponse dans le délai réglementaire, son maintien dans le logement où il réside ne peut être regardé comme entraînant des troubles dans ses conditions d'existence lui ouvrant droit à réparation que si ce logement est inadapté au regard, notamment, de ses capacités financières et de ses besoins.
En ce qui concerne la responsabilité :
4. D'une part, la commission de médiation a reconnu, le 7 octobre 2020, le caractère urgent et prioritaire de la demande de Mme B au motif qu'elle n'avait pas reçu de proposition de logement dans le délai fixé en application des dispositions de l'article L. 441-1-4 du code de la construction et de l'habitation. Toutefois, le préfet n'a fait aucune offre de logement à Mme B dans le délai de six mois qui a suivi cette décision, soit avant le 7 avril 2021. D'autre part, l'ordonnance n° 2105008 du 2 juin 2021 par laquelle le tribunal administratif de Cergy - Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d'assurer le logement de Mme B avant le 1er août 2021 sous astreinte de 150 euros par mois n'a reçu aucune exécution.
5. Toutefois le préfet fait valoir que la commission d'attribution du bailleur Hauts-de-Seine Habitat a dû décider d'une non-attribution de logement au détriment de Mme B le 22 juin 2022, en raison du caractère incomplet du dossier de demande de logement social de cette dernière. Si Mme B soutient qu'elle n'a pas reçu de relance lui demandant de compléter son dossier, la préfecture produit des pièces établissant que Mme B et son mari ont été informés par courriel et par SMS de la nécessité de compléter leurs dossiers. En outre, la circonstance que le courrier du bailleur lui faisant part de la proposition ne précisait pas qu'elle s'exposait au risque de perdre le bénéfice de sa reconnaissance de priorité est sans incidence, dès lors que la présente décision n'a pas pour objet de délier l'État de son obligation de relogement, mais seulement d'apprécier les conditions dans lesquelles la carence de l'État à reloger la requérante ouvre droit à réparation pour l'intéressée. Dès lors et dans les circonstances de l'espèce, la négligence de Mme B doit être regardée comme un comportement ayant fait obstacle à l'exécution de la décision de la commission de médiation. Par suite, le préfet est fondé à soutenir qu'il est exonéré de toute responsabilité dans la faute mentionnée au point 4 à compter du 22 juin 2022.
6. Il résulte de ce qui précède que la requérante est seulement fondée à solliciter l'engagement de la responsabilité de l'État en raison des carences fautives dont il a fait preuve dans la mise en œuvre de son obligation de relogement entre le 7 avril 2021 et le 22 juin 2022.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
7. Pour établir l'existence de préjudices ayant résulté des carences fautives de l'État, alors que la commission de médiation a reconnu le caractère urgent et prioritaire de la demande de Mme B au seul motif qu'elle n'avait pas reçu de proposition de logement dans le délai fixé en application des dispositions de l'article L. 441-1-4 du code de la construction et de l'habitation. Mme B soutient d'une part que cette attente l'a contrainte à vivre dans un logement inadapté à sa composition familiale, soit un appartement de deux-pièces d'une surface totale de 26 m² pour trois adultes, en l'espèce son mari, son fils, né en 1997, et elle-même. Toutefois, aucun de ces occupants du foyer n'est mineur, ni n'allègue un handicap justifiant qu'il soit tenu compte du critère de suroccupation. En tout état de cause, une telle surface pour trois personnes ne caractérise pas une sur-occupation au sens de l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation.
8. D'autre part, si Mme B soutient que son logement doit être regardé comme insalubre, dangereux et indécent au regard des nombreuses infractions constatées par le service communal d'hygiène dans son rapport du 26 octobre 2018, ce rapport, au regard de son ancienneté et de son antériorité à la décision de la commission de médiation, qui au demeurant n'avait retenu ni l'insalubrité, ni l'indécence, ni la dangerosité du logement de la requérante, ne permet pas d'établir ces allégations.
9. Il résulte de ce qui précède que le maintien de Mme B dans le logement où elle réside, qui était adapté à ses besoins et à ses capacités, ne peut être regardée comme ayant entraîné pour elle des troubles dans ses conditions d'existence lui ouvrant droit à réparation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Dès lors que l'État n'est pas la partie perdante dans la présente instance, il y a lieu de rejeter la demande de Mme B présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C née B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. MonteagleLa greffière,
Signé
C. Mas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026