vendredi 30 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2309386 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 juillet 2023 et 31 mai 2024, sous le n° 2309386, Mme D B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis par la paierie départementale des Hauts-de-Seine le 25 mai 2023 en vue du recouvrement de la somme de 14 415,87 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active (RSA) ;
3°) de la décharger du paiement de cette somme ;
4°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise gracieuse de sa dette ;
5°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
s'agissant du titre exécutoire :
- le titre exécutoire méconnaît les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'il n'est pas justifié de la signature du bordereau de recettes ;
- la créance n'est pas fondée, puisqu'elle n'a perçu aucune somme indue, ni n'a été destinataire d'aucune explication pour justifier cet indu, alors que la seule circonstance qu'elle ait résidé à l'étranger plus de trois mois ne suffit pas à la faire regarder comme ayant perdu sa résidence en France et que la caisse d'allocations familiales (CAF) a manqué à son devoir d'information ;
s'agissant de la remise de dette :
- elle est de bonne foi et se trouve dans une situation précaire, justifiant une remise de dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2024, ainsi que des pièces, enregistrées le 17 mai 2024, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation dès lors que le titre exécutoire du 25 mai 2023 a été abrogé et qu'un nouveau titre a été émis en cours d'instance le 18 avril 2024 ;
- la requête est tardive, dès lors que la requérante n'a contesté le rejet implicite de son recours préalable obligatoire, acquis le 20 février 2023, que par une requête introduite le 4 juillet 2023.
La CAF des Hauts-de-Seine, à qui la requête a été communiquée en qualité d'observateur, n'a pas produit de mémoire en défense.
Par un courrier du 20 mars 2024, Mme B a été invitée à régulariser sa requête en produisant la preuve du dépôt d'une demande de remise de dette et, le cas échéant, d'une décision statuant sur cette demande, à peine d'irrecevabilité de ses conclusions à fin de remise de dette.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 février 2024 et 31 mai 2024, sous le n° 2402278, Mme B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire formé le 20 décembre 2022, mettre à sa charge un indu de 14 415,87 euros de RSA ;
2°) de la décharger du paiement de cette somme ;
3°) d'enjoindre au département des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) à titre subsidiaire de lui accorder une remise de sa dette ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
s'agissant de l'indu :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de compétence, faute d'établir la délégation de signature dont disposait l'auteur de la décision ;
- la décision de notification de l'indu méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration puisqu'elle ne comporte pas la signature de son auteur ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale dès lors qu'il n'est pas rapporté la preuve de l'assermentation de l'agent de contrôle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale faute pour les défendeurs d'établir qu'elle a eu droit à l'information prévue par ces dispositions ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que la commission de recours amiable de la CAF des Hauts-de-Seine n'a pas été saisie préalablement à son édiction ;
- elle méconnaît les droits de la défense, en violation de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle n'a pas reçu communication des pièces qui fonde la décision, notamment le rapport d'enquête, et qu'il n'y a pas eu de procédure contradictoire préalable ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'elle a toujours résidé de manière effective et permanente en France ;
s'agissant de la remise de dette :
- elle est de bonne foi et se trouve dans une situation précaire, justifiant une remise de dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2024, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive, dès lors que le rejet implicite du recours préalable obligatoire est acquis depuis le 20 février 2023 et que la juridiction n'a été saisie que le 13 février 2024 ;
- en tout état de cause, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La CAF des Hauts-de-Seine, à qui la requête a été communiquée en qualité d'observateur, n'a pas produit de mémoire.
Par un courrier du 20 mars 2024, Mme B a été invitée à régulariser sa requête en produisant la preuve du dépôt d'une remise de dette et, le cas échéant, d'une décision statuant sur cette demande, à peine d'irrecevabilité de ses conclusions à fin de remise de dette.
III. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 février 2024 et 31 mai 2024, sous le n° 2402279, Mme B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 novembre 2022 par laquelle la CAF des Hauts-de-Seine lui réclame le remboursement d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de 2021 pour la somme de 152,45 euros ;
2°) de la décharger du paiement de cette somme ;
3°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise gracieuse de sa dette ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
s'agissant de l'indu :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale dès lors qu'il n'est pas rapporté la preuve de l'assermentation de l'agent de contrôle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale faute pour les défendeurs d'établir qu'elle a eu droit à l'information prévue par ces dispositions ;
- elle est entachée d'un vice de forme faute pour la décision de la commission de recours amiable (CRA) d'être revêtue de la signature de son auteur ou, en tout état de cause, d'un vice de compétence, dès lors qu'il n'est pas justifié de l'autorité de la personne ayant signé le courrier de notification de la décision de la CRA ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la CAF ne pouvait procéder au recouvrement de la créance par compensation sur les autres prestations dont elle bénéficie ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire préalable ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'elle a toujours résidé de manière effective et permanente en France ;
s'agissant de la remise de dette :
- elle est de bonne foi et se trouve dans une situation précaire, justifiant une remise de dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2024, la CAF des Hauts-de-Seine, représentée par Me Charluet-Marais conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par un courrier du 20 mars 2024, Mme B a été invitée à régulariser sa requête en produisant la preuve du dépôt d'une remise de dette et, le cas échéant, d'une décision statuant sur cette demande, à peine d'irrecevabilité de ses conclusions à fin de remise de dette.
IV. Par une requête, enregistrée le 31 mai 2024 sous le n° 2407939, et des pièces, enregistrées le 7 juin 2024, Mme B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'avis des sommes à payer émis par la paierie départementale des Hauts-de-Seine le 18 avril 2024 en vue du recouvrement de la somme de 14 415,87 euros correspondant à un indu de RSA;
3°) de la décharger du paiement de cette somme ;
4°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire méconnaît les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que ce titre a été émis en méconnaissance du caractère suspensif des recours contentieux engagés contre l'indu de RSA, qu'elle a contesté par sa requête n° 2402278 introduite dès le 13 février 2024 ;
- le titre exécutoire méconnaît les dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales dès lors qu'il n'est pas justifié de la signature du bordereau de recettes ;
- la créance n'est pas fondée, puisqu'elle n'a perçu aucune somme indue, alors que la seule circonstance qu'elle ait résidé à l'étranger plus de trois mois ne suffit pas à la faire regarder comme ayant perdu sa résidence effective en France et que la CAF a manqué à son devoir d'information.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2024, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu :
- les décisions du 2 octobre 2023 par lesquelles le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme B à l'aide juridictionnelle totale dans les instances n° 2402278 et 2402279 ;
- la décisions du 16 octobre 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme B à l'aide juridictionnelle totale dans l'instances n° 2309386 ;
- la demande d'aide juridictionnelle n° 2024/002084 déposée par Mme B le 20 juin 2024 au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise pour la requête n° 2407939 ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le rapporteur public a été, sur sa proposition, dispensé de prononcer ses conclusions à l'audience ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;
- l'arrêté du 27 juin 2007 portant application de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales relatif à la dématérialisation des opérations en comptabilité publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 novembre 2022, la CAF des Hauts-de-Seine a notifié à Mme B un indu de RSA pour la somme 14 415,87 euros, versé à tort entre le 1er février 2020 et le 31 août 2022. Le 20 décembre 2022, Mme B a formé devant le département des Hauts-de-Seine un recours préalable contre cet indu qui a été implicitement rejeté. Mme B demande l'annulation de cette dernière décision dans l'instance n° 2402278 ainsi que la remise de sa dette à titre subsidiaire.
2. De plus, après que la CAF des Hauts-de-Seine a transféré cette créance au département des Hauts-de-Seine, Mme B s'est vue réclamer cette somme par le département par un avis de somme à payer daté du 25 mai 2023. Par la requête n° 2309386, Mme B demande l'annulation de ce titre exécutoire ainsi que la décharge des sommes en cause. Le département des Hauts-de-Seine ayant retiré cet avis de sommes à payer pour en émettre un nouveau le 18 avril 2024 portant sur la même somme, Mme B a formé la requête n° 2407939 pour demander l'annulation de ce nouveau titre.
3. Enfin, par une décision du 13 novembre 2022, la CAF des Hauts-de-Seine a informé Mme B qu'elle était redevable d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2021 pour la somme de 152,45 euros. La requérante demande l'annulation de cette décision dans sa requête n° 2402279.
4. Les requêtes nos 2309386, 2402278, 2402279 et 2407939 ont été introduites par la même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
En ce qui concerne l'instance n° 2309386 :
5. Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision définitive du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise du 16 octobre 2023. Dès lors, ses conclusions, présentées dans l'instance n° 2309386 tendant à ce qu'elle soit admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne l'instance n° 2407939 :
6. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Et aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau () ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué "
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 20 juin 2024 auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Pontoise sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans l'instance n° 2407939.
Sur les conclusions à fin d'annulation des indus :
8. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active et de primes exceptionnelles de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu qu'il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne les conclusions d'annulation de la requête n° 2402278 relatives à l'indu de RSA :
9. En premier lieu, la décision attaquée par laquelle a été rejeté le recours préalable obligatoire de Mme B étant une décision implicite de rejet, elle a nécessairement été prise par l'autorité compétente. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Enfin, l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours préalable est seule susceptible d'être déférée au juge administratif en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.
11. Mme B fait valoir que la décision du 3 novembre 2022 lui ayant notifié un indu ne comporte pas de signature manuscrite. Toutefois, cette décision a été implicitement mais nécessairement abrogée par la décision attaquée par laquelle a été rejeté le recours préalable de Mme B contre cette décision d'indu. Dès lors, le moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté.
12. En troisième lieu, selon le premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les directeurs des organismes de sécurité sociale confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire ". Les conditions d'agrément des agents des caisses d'allocations familiales exerçant une mission de contrôle sont définies par un arrêté du ministre de la santé et de la protection sociale et du ministre de la famille et de l'enfance du 30 juillet 2004, qui renvoie aux dispositions de l'article L. 243-9 du code de la sécurité sociale en ce qui concerne les conditions d'assermentation.
13. Il ressort de l'ensemble de ces dispositions que tant l'absence d'agrément que l'absence d'assermentation des agents de droit privé désignés par les caisses d'allocations familiales pour conduire des contrôles sur les déclarations des bénéficiaires du revenu de solidarité active sont de nature à affecter la validité des constatations des procès-verbaux qu'ils établissent à l'issue de ces contrôles et à faire ainsi obstacle à ce qu'elles constituent le fondement d'une décision déterminant pour l'avenir les droits de la personne contrôlée ou remettant en cause des paiements déjà effectués à son profit en ordonnant la récupération d'un indu. En outre, la valeur probante attachée par les dispositions précitées de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale aux procès-verbaux dressés par ces agents ne saurait s'étendre aux mentions qu'ils comportent quant à l'agrément et à l'assermentation de leur auteur.
14. Il résulte de l'instruction que M. A F, agent de la CAF ayant procédé au contrôle de situation de la requérante et dont les nom et prénom sont apposés en fin du rapport d'enquête, a prêté serment le 6 avril 2021 et a été agréé le 18 janvier 2021. Dès lors, cet agent était habilité à effectuer un contrôle de la situation de Mme B. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité du contrôle résultant du défaut d'assermentation et d'agrément de l'agent de la CAF doit être écarté.
15. En quatrième lieu, l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale prévoit que le droit de communication permet à certains agents des organismes de sécurité sociale d'obtenir, auprès de personnes publiques et privées que l'article L. 114-20 du même code désigne par renvoi au livre des procédures fiscales, sans que le secret professionnel ne s'y oppose, les documents et informations nécessaires à l'exercice des missions de contrôle ou de recouvrement de prestations indûment versées qu'il définit. L'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale dispose que l'organisme ayant usé de ce droit est tenu d'informer la personne à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement " de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision " et qu'il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie de ces documents à la personne qui en fait la demande.
16. Il résulte de ces dispositions que les caisses d'allocations familiales, chargées du service du revenu de solidarité active, réalisent les contrôles relatifs à cette prestation d'aide sociale selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale, au nombre desquels figurent le droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale au bénéfice des organismes de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations qu'ils servent, ainsi que les garanties procédurales s'attachant, en vertu de l'article L. 114-21 du même code, à l'exercice de ce droit par un organisme de sécurité sociale. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu de revenu de solidarité active, tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.
17. Mme B soutient qu'elle n'aurait pas été informée de la mise en œuvre par la CAF des Hauts-de-Seine du droit de communication prévu par les dispositions précitées. Il résulte toutefois de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête établi le 25 octobre 2022 par l'agent assermenté de la CAF et dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que la requérante a été informée par oral, lors de son entretien avec l'agent de contrôle, de la mise en œuvre du droit de communication dévolu à la caisse. En outre, ce rapport mentionne que Mme B a été informée de la teneur des renseignements obtenus par la caisse via l'exercice de son droit de communication, en l'espèce des informations relatives aux mouvements sur ses comptes bancaires français, et qu'elle a été mise à même d'apporter des observations sur ce point. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de la décision en litige faute d'information sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté.
18. En cinquième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil général. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 242-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 262-89 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. / Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée ".
19. Dans ce cadre, il appartient au tribunal administratif, saisi d'un moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable de l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, de s'assurer du caractère obligatoire de cette consultation dans l'hypothèse en litige, en vertu des clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et l'organisme. En revanche, la circonstance que le législateur ait entendu permettre à chaque département, agissant par voie de convention avec cet organisme, de déterminer les hypothèses dans lesquelles les réclamations dirigées contre des décisions relatives au revenu de solidarité active sont soumises pour avis à sa commission de recours amiable n'a pas pour effet de retirer à la consultation de cette commission, eu égard à sa nature et à sa composition, le caractère d'une garantie apportée, lorsqu'elle est prévue, au bénéficiaire du revenu de solidarité active.
20. La convention de gestion du revenu de solidarité active conclue entre le conseil départemental des Hauts-de-Seine et la caisse d'allocations familiales de ce département le 11 décembre 2020 exclut en son article 15 de recueillir l'avis de la commission de recours amiable pour les recours administratifs dirigés contre les décisions relatives au revenu de solidarité active. Par suite, le moyen tiré de la violation des articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles du fait de l'absence de saisine de cette commission doit être écarté.
21. En sixième lieu, la requérante invoque une violation du principe du contradictoire et des droits de la défense dès lors qu'elle n'aurait pas eu accès au rapport d'enquête qui fonde la décision. Toutefois, Mme B, qui a exercé un recours administratif préalable, a pu faire valoir ses observations à l'occasion de l'exercice de ce recours de même qu'elle avait pu le faire au cours de l'enquête de situation conduite par la CAF. En outre, elle n'établit, ni n'allègue avoir jamais sollicité communication des pièces de son dossier, notamment du rapport d'enquête qu'il n'appartient pas à la CAF de communiquer spontanément. Par suite, Mme B, qui ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 6-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre d'une décision qui n'émane pas d'un tribunal au sens de ces stipulations, n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige méconnaît les droits de la défense et le respect de la procédure contradictoire. Dès lors, le moyen doit être écarté.
22. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
23. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. Par ailleurs, la personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
24. L'indu de RSA a été mis à la charge de Mme B au motif qu'elle n'a pas disposé d'une résidence stable et effective en France entre le 1er février 2020 et le 31 août 2022. Il résulte de l'instruction, et plus particulièrement du rapport d'enquête de la CAF du 25 octobre 2022, que l'intéressée a résidé 243 jours hors de France en 2020, 298 jours en 2021 et 191 jours en 2022. Mme B, dont l'adresse postale en France correspond à un hébergement par sa fille, reconnaît avoir dû se déplacer fréquemment à l'étranger, pour mener à bien une procédure de divorce, indiquant qu'elle " conteste uniquement les périodes passées hors de France ", sans apporter aucune précision, ni aucune pièce sur la durée de ses séjours à l'étranger ou la réalité de sa présence en France entre 2020 et 2022 permettant d'aller à l'encontre des constatations du rapport d'enquête. Elle ne justifie en outre d'aucune circonstance particulière permettant d'établir qu'en dépit de ses absences prolongées, elle ait conservé sur le territoire français une résidence effective et permanente. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'indu ne serait pas fondé doit être écarté.
25. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine a rejeté le recours préalable formé par Mme B contre la décision du 3 novembre 2022 mettant à sa charge un indu de RSA, présentées dans l'instance n° 2402278, doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions d'annulation de la requête n° 2402279 relative à l'indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2021 :
26. En premier lieu, pour les motifs déjà énoncés au point 14, le moyen tiré du défaut d'assermentation de l'agent de contrôle doit être écarté.
27. En deuxième lieu, pour les motifs déjà énoncés au point 17, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté.
28. En troisième lieu, si Mme B soutient que la décision a été prise par la commission de recours amiable (CRA) et qu'elle est entachée d'un vice de forme faute pour elle d'être signée par les membres de cette commission ou, à défaut, par le président de cette instance, la décision attaquée du 13 novembre 2022 a été prise par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, M. E C. En outre, l'indu en litige n'a pas été soumis à l'avis de la CRA. Le moyen tiré du vice de forme, inopérant, ne pourra donc qu'être écarté.
29. En quatrième lieu et d'une part, la décision en litige, prise par le directeur de la CAF des Hauts-de-Seine, qui est un organisme de sécurité sociale, n'est pas une décision de retrait d'une décision créatrice de droit au sens des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, contrairement à ce que soutient la requérante. D'autre part et de manière générale, il résulte des dispositions du chapitre II du titre VI du livre II du code de l'action sociale et des familles, et en particulier des articles L. 262-46 et suivants, que le législateur a entendu, par ces dispositions, déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions relatives au revenu de solidarité active. Dès lors, les dispositions du code des relations entre le public et l'administration qui fixe des règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées, ne saurait utilement être invoqué à l'encontre d'une décision de répétition d'indu d'allocation de RSA. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 et 122-1 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant et ne peut qu'être écarté.
30. En cinquième lieu, Mme B soutient que la CAF des Hauts-de-Seine aurait illégalement procédé à des retenues sur d'autres prestations à échoir en vue d'assurer le remboursement de cette dette, cette circonstance, qui est relative aux conditions d'exécution de la décision attaquée, est sans incidence sur la légalité de cette dernière. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, inopérant, ne peut qu'être écarté.
31. En dernier lieu, en application de l'article 3 du décret du 15 décembre 2021 visé ci-dessus, la prime exceptionnelle de fin d'année pour 2021 est versée aux bénéficiaires du RSA qui perçoivent cette allocation pendant les mois de novembre ou décembre 2021. Aux termes de l'articles 6 de ce décret: " Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'État par l'organisme chargé du service de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active () ".
32. En l'espèce, les droits de Mme B à la prime exceptionnelle de fin d'année pour 2021 ont été ouverts du fait de ses droits au RSA pour l'année 2021. Toutefois, et comme il a déjà été dit précédemment au point 24, Mme B, qui ne disposait pas d'une résidence stable et effective en France entre le 1er février 2020 et le 31 août 2022, n'avait aucun droit au RSA sur les derniers mois de l'année 2021. Elle n'avait dès lors aucun droit à la prime exceptionnelle en litige. Par suite, la CAF est fondée à lui en réclamer le remboursement, sans que la requérante ne puisse utilement soutenir que cet organisme ne l'aurait pas informée correctement sur ses obligations déclaratives en tant qu'allocataire.
33. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées dans la requête n° 2402279 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation des avis de sommes à payer:
Sur le non-lieu à statuer opposé en défense dans la requête n° 2309386 :
34. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque que le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet.
35. Le département des Hauts-de-Seine fait valoir que l'avis de sommes à payer du 25 mai 2023 a été retiré en cours d'instance et qu'un nouveau titre a été émis le 18 avril 2024 portant sur la même créance. Dès lors et en application du principe énoncé au point précédent, le département des Hauts-de-Seine est fondé à conclure qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation de Mme B contre le titre du 25 mai 2023.
En ce qui concerne les conclusions d'annulation de la requête n° 2407939 relative à l'avis de sommes à payer émis le 18 avril 2024 :
36. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif (). ".
37. Mme B a formé le 13 février 2024 la requête n° 2402278 à l'encontre de la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine avait rejeté le recours préalable obligatoire qu'elle avait présenté contre la mise à sa charge d'un indu de RSA pour la somme de 14 415, 87 euros et sur lequel le présent jugement au demeurant statue. Dès lors, le département ne pouvait pas émettre un avis de sommes à payer le 18 avril 2024 en vue de lui réclamer paiement de cette somme alors que le recours contentieux qu'avait introduit Mme B suspendait tout recouvrement de cette dette.
38. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête n° 2407939, que l'avis de sommes à payer, émis le 18 avril 2024 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin de décharge :
39. Lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un indu d'une allocation, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé de la sanction qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle de la décision, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler la sanction, statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
40. D'une part, le présent jugement annule seulement l'avis de sommes à payer émis le 18 avril 2024 attaqué dans l'instance n° 2407939. Il y a donc lieu de rejeter par voie de conséquence les conclusions à fin de décharge présentées dans les instances n° 2309386, 2402278 et 2402279.
41. D'autre part, au regard du motif d'annulation retenu par le présent jugement pour faire droit aux conclusions d'annulation de la requête n° 2407939, il n'y a pas lieu de décharger Mme B du paiement de la somme que la décision contestée met à sa charge. Ses conclusions à fin de décharge présentées dans l'instance n° 2407939 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin de remise de dette :
42. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Sauf en matière de travaux publics, la juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ". Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative: " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () ".
43. Dans les instances n° 2309386, 2402278 et 2402279, Mme B demande, à titre subsidiaire, que lui soit accordée une remise totale de chacune de ses dettes. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait formé auprès de la CAF des Hauts-de-Seine une demande de remise de dette qui aurait été implicitement ou explicitement rejetée, avant de saisir le tribunal, y compris après avoir été mise à même de régulariser sa requête par le tribunal sur ce point. Il ne ressort pas davantage des décisions produites par la requérante que cet organisme ait statué d'office sur une telle demande. Par suite, toutes les conclusions de Mme B à fin de remise de dette sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
44. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par Mme B dans les quatre instances sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Les conclusions à fin d'admission à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, présentées dans l'instance n° 2309386, sont rejetées.
Article 2 : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans l'instance n° 2407939.
Article 3 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation de l'avis de sommes à payer du 25 mai 2023 présentées dans l'instance n° 2309386.
Article 4 : L'avis de sommes à payer émis le 18 avril 2024 en vue du recouvrement de la somme de 14 415,87 euros est annulé.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes nos 2309386 et 2407939 ainsi que les requêtes nos 2402278 et 2402279 de Mme B sont rejetés.
Article 6: Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à Me Desfarges, au département des Hauts-de-Seine et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 août 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. MonteagleLa greffière,
Signé
C. Mas
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition
La greffière
Nos 2309386, 2402278, 2402279 et 2407939
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026