Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2309789

jeudi 1 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2309789
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 et le 24 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Samson, demande au tribunal d'annuler la décision " 48 SI " du 15 mai 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que les décisions portant retrait de points auxquelles elle se réfère, à la suite des infractions commises les 18 août 2019 à 7h27 (1 point), 18 août 2019 à 8h07 (1 point), 2 septembre 2019 (1 point), 25 juillet 2020 (1 point), 6 août 2020 (1 point), 11 août 2020 (1 point), 15 décembre 2020 (1 point), 24 janvier 2021 (1 point), 11 mars 2021 (1 point), 10 avril 2021 (2 points), 6 mai 2021 (1 point), 4 août 2021 (1 point), 12 août 2021 (1 point), 15 janvier 2022 (1 point), 6 juillet 2022 (1 point), 17 juillet 2022 (1 point), 19 août 2022 (1 point), 30 septembre 2022 (1 point), 5 octobre 2022 (1 point) et 16 octobre 2022 (1 point).

Il soutient qu'il n'a pas reçu les informations prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, que la réalité de l'infraction du 30 mars 2022 n'est pas établie et que certains points retirés ne lui ont pas été restitués en application de l'article L. 223-6 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut à l'irrecevabilité et au non-lieu partiel et au rejet du surplus de la requête.

Par des mémoires du 12 octobre 2023, M. A informe le tribunal qu'il se désiste de ses conclusions dirigées contre les retraits de points consécutifs aux infractions commises les 18 août 2019, 2 septembre 2019, 11 août 2020, 24 janvier 2021, 10 avril 2021, 6 mai 2021, 12 août 2021, 15 janvier 2022 et contre la décision 48 SI du 15 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par décision " 48 SI " du 15 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer, prenant acte des retraits de points opérés sur le permis de conduire de M. A, a prononcé l'invalidation de ce permis pour solde de points nul. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation des différents retraits de points opérés sur son permis de conduire et de la décision " 48 SI " dont il a subséquemment fait l'objet.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements ; / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables () ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ".

Sur le désistement partiel :

3. Par deux mémoires, enregistrés le 12 octobre 2023, M. A informe le tribunal qu'il se désiste de ses conclusions dirigées contre les retraits de points consécutifs aux infractions commises les 18 août 2019, 2 septembre 2019, 11 août 2020, 24 janvier 2021, 10 avril 2021, 6 mai 2021, 12 août 2021, 15 janvier 2022 et contre la décision 48 SI du 15 mai 2023. Ce désistement étant pur et simple, il convient donc d'en donner acte.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :

4. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et, éventuellement, d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

5. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral daté du 6 octobre 2023 produit par le ministre que les infractions restant en litige ont été constatées par radar et ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires de l'amende forfaitaire majorée, dont il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé les aurait réglées après avoir reçu les informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, il résulte du relevé d'information intégral en cause et des pièces du dossier, au nombre desquelles figurent des attestations de paiement transmises par la trésorerie du contrôle automatisé et des avis de contravention complets fournis par le requérant à l'appui de ses réclamations, que M. A a bénéficié, à l'occasion de précédentes infractions commises les 2 septembre 2019, 24 janvier 2021, 10 avril 2021 et 6 mai 2021, de l'ensemble des informations légalement exigées. Dès lors, à supposer même qu'il n'ait pas reçu les informations lors de la constatation des infractions des 25 juillet 2020, 6 août 2020, 15 décembre 2020, 11 mars 2021, 4 août 2021, 6 juillet 2022, 17 juillet 2022, 19 août 2022, 30 septembre 2022, 5 octobre 2022 et 16 octobre 2022, M. A n'a pas été privé d'une garantie. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que les décisions de retrait d'un point de son permis de conduire à la suite des infractions en cause sont intervenues à la suite d'une procédure irrégulière. Le moyen tiré d'un défaut d'information doit donc être écarté comme étant manifestement infondé.

En ce qui concerne la réalité de l'infraction :

6. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive (). Le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. ".

7. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral versé au dossier que les infractions restant en litige ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires de l'amende forfaitaire majorée, devenus définitifs. En l'absence de tout élément avancé par M. A de nature à mettre en doute l'exactitude de ces mentions, la réalité de ces infractions est, dès lors, établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de cet article ne peut qu'être écarté comme manifestement infondé.

8. La requête de M. A ne comporte que des moyens manifestement infondés. Dès lors, à défaut de moyen utile soulevé dans le délai de recours contentieux, il y a lieu de rejeter le surplus des conclusions de sa requête, sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. A de ses conclusions dirigées contre les retraits de points consécutifs aux infractions commises les 18 août 2019, 2 septembre 2019, 11 août 2020, 24 janvier 2021, 10 avril 2021, 6 mai 2021, 12 août 2021, 15 janvier 2022 et contre la décision 48 SI du 15 mai 2023.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. A sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Cergy, le 1er février 2024.

La présidente de la 4ème chambre,

signé

C. Bories

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision