lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2309843 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | BOURDON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2023, Mme C B A née A, représentée par Me Bourdon, demande au tribunal de condamner l'État à lui payer la somme de 30 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de son absence de relogement.
Elle soutient que :
- la responsabilité pour faute de l'État est engagée dès lors qu'elle n'a reçu aucune proposition de logement, alors qu'elle a été reconnue prioritaire par la commission de médiation du droit au logement opposable le 21 mai 2014 ;
- elle subit en conséquence des troubles de toutes natures dans ses conditions d'existence et un préjudice moral dès lorsqu'elle réside toujours dans un logement suroccupé indécent et insalubre, avec des enfants mineurs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut à ce que le tribunal tienne compte des circonstances qu'il fait valoir pour apprécier l'indemnisation due au requérant.
Il indique au tribunal que la requérante a été relogé le 31 juillet 2023.
Vu :
- la décision du 9 janvier 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à Mme B A l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La commission de médiation des Hauts-de-Seine a, par une décision du 21 mai 2014, désigné Mme B A comme prioritaire et devant être logée en urgence. N'ayant pas reçu de proposition de logement, Mme B A a saisi le préfet d'une demande indemnitaire préalable par un courrier du 5 août 2021, reçue le 25 août 2021. Cette demande a été implicitement rejetée. Mme B A demande au tribunal de condamner l'État à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation des préjudices subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'État à toute personne qui () n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".
3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour provoquer une offre de logement.
En ce qui concerne la faute :
4. D'une part, la commission de médiation a reconnu, le 21 mai 2014, le caractère urgent et prioritaire de la demande de Mme B A aux motifs qu'elle un logement non-décent et suroccupé avec un enfant mineur à charge et qu'elle était logée dans des locaux présentant un caractère insalubre ou dangereux. Toutefois, le préfet n'a fait aucune offre de logement à Mme B A dans le délai de six mois qui a suivi cette décision, soit avant le 21 novembre 2014. Dès lors les carences fautives dont l'État a fait preuve dans la mise en œuvre de son obligation de relogement à l'égard de Mme B A sont établies.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
5. Il résulte de l'instruction qu'entre le 1er août 2003 et le 31 juillet 2023, date de son relogement, Mme B A a été propriétaire occupant avec ses quatre enfants nés en 1997, 2004, 2006 et 2008 d'un logement de deux-pièces d'une superficie de 23 mètres carrés, qui était donc en état de suroccupation manifeste et où la présence de plomb était avérée. La requérante est, dès lors fondée à soutenir que la carence de l'État à assurer son relogement, fautive à compter du 21 novembre 2014, a entraîné des troubles dans ses conditions d'existence devant être réparés.
6. Cependant doivent être considérées comme personnes vivant au foyer le ou les titulaires du bail, ainsi que leur concubin notoire ou leur partenaire d'un PACS, mais aussi les personnes figurant sur les avis d'imposition de ces titulaires et les personnes réputées à charge au sens du code général des impôts. A cet égard, sont réputées à charge au sens des articles 194, 196, 196 A bis et 196 B du code général des impôts, les enfants majeurs de moins de 21 ans s'ils sont rattachés au foyer fiscal, les enfants de moins de 25 ans s'ils sont rattachés au foyer fiscal et justifient du statut d'étudiant et, enfin, les enfants de tout âge s'ils sont atteints d'une infirmité. En l'espèce, la fille ainée de la requérante, étudiante ayant atteint l'âge de 25 ans le 16 avril 2022, ne peut être regardée après cette date comme étant à la charge de la requérante au sens du code général des impôts.
7. Il résulte de ce qui précède que, compte tenu des conditions de logement particulièrement précaires de Mme B A qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée très longue de cette carence, qui a perduré pendant neuf années, et de la composition de son foyer, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en évaluant l'indemnisation due à la somme totale de 14 000 euros.
8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'État à verser à Mme B A la somme de 14 000 euros,
Par ces motifs, le tribunal décide:
Article 1er : L'État est condamné à verser à Mme B A la somme de 14 000 euros.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B A née A, à Me Bourdon et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
La magistrate désignée,
M. MonteagleLa greffière,
C. Mas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
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01/06/2026