Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2309901
mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2309901 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 10ème Chambre |
| Avocat requérant | KEUFAK TAMEZE |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 21 juillet 2023 et le 29 août 2023, M. C, représenté par Me Tameze, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 3 juillet 2023, par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", dans le délai d'un mois courant à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sous la même astreinte dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de condamner l'Etat au paiement d'une somme de 1 500 euros en réparation des préjudices subis ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de la renonciation de ce dernier à percevoir la part de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
M. C soutient que :
S'agissant de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet s'est estimé lié par l'avis défavorable rendu par le service interrégional de la main d'œuvre étrangère pour lui refuser le titre de séjour sollicité alors que son expérience professionnelle est établie ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2023, le préfet du Val-d'Oise confirme la décision et communique les pièces constitutives du dossier.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, par lettre du 25 mars 2023, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'indemnisation des préjudices subis par le requérant, faute de production d'une décision liant le contentieux faisant suite à une réclamation préalable adressée à l'administration, et d'identification et d'individualisation des préjudices subis et du montant des dommages et intérêts demandés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 2 octobre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Pontoise.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-sénégalais signé à Dakar le 1er août 1995 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Charlery, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant sénégalais né le 15 octobre 1980, déclare être entré en France le 9 novembre 2016 démuni de tout visa. Le 28 septembre 2021, il a sollicité un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par arrêté du 3 juillet 2023, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d'éloignement. M. C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 2 octobre 2023, intervenue postérieurement à l'introduction de la présente requête, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à ce qu'il soit admis à titre provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
3. En premier lieu, la décision contestée a été signée par Mme D E, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration à la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait d'une délégation du préfet de ce département à l'effet de signer tout arrêté de refus de délivrance de titre de séjour, en cas d'empêchement du directeur des migrations et de l'intégration, consentie par l'arrêté n°23-014 du 22 février 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'État dans le département. Il n'est pas établi que le directeur des migrations et de l'intégration n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit ainsi être écarté.
4. En deuxième lieu, l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Et l'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
5. En l'espèce, la décision en litige vise les textes dont elle fait application, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, la convention relative à la circulation et au séjour des personnes signées à Dakar le 1er août 1995, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celui des relations entre le public et l'administration. Le préfet du Val-d'Oise souligne que M. C a sollicité un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement de l'article 4 § 42 de l'Accord franco-sénégalais, dont il ne remplit pas les conditions, dès lors que le métier de plongeur en restauration qu'il exerce ne figure pas dans la liste annexée audit Accord. La décision relève également que si M. C déclare travailler en France depuis décembre 2017, il ne peut justifier une expérience professionnelle sur la période courant d'octobre 2018 à décembre 2022, faute de réponse de son employeur aux demandes de pièces complémentaires formulées par la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère, par mèls des 24 février et 6 mars 2023, ce qui a justifié un avis défavorable à la demande émise par ce service. La décision précise, enfin, que M. C est célibataire, sans charge de famille et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents, sa fratrie et où il a vécu jusqu'à l'âge de 36 ans, circonstances dont il découle que la décision ne porte pas atteinte à son droit de mener une vie familiale normale conformément à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, la décision litigieuse comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de la décision attaquée, en particulier des éléments de motivation rappelés au point précédent, que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé, avant son édiction, à l'examen particulier de la situation personnelle de M. C. La circonstance que le préfet n'aurait pas pris en compte la durée de son séjour, qu'il aurait méconnu les articles L. 423-1 à L. 423-23 et R. 431-1 à R. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'aurait pas tenu compte de ses efforts d'intégration, qui met en cause le bien-fondé et la régularité de l'appréciation portée par le préfet du Val-d'Oise, est sans incidence sur la complétude de l'examen auquel le préfet a procédé.
7. En quatrième lieu, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise se soit estimé lié par l'avis du service interrégional de la main d'œuvre étrangère, dès lors qu'il l'a pris en compte, avec d'autres éléments, dans le cadre général de l'examen de la demande au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a considéré à ce titre que la seule durée du séjour de l'intéressé, depuis 2016, ne peut être regardée comme suffisante pour justifier la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " salarié " et que les documents produits ne sont pas de nature à justifier de manière probante une expérience professionnelle en France pour la période d'octobre 2018 à décembre 2022. Ce n'est qu'en complément que le préfet s'est référé aux demandes du service de la main d'œuvre étrangère à l'employeur de M. C, en date des 24 février et 3 mars 2023, restées sans réponse, sollicitant la communication du dernier bordereau de versement des cotisations et contributions sociales adressées à l'URSSAF, du formulaire CERFA 15186*03, du contrat de travail tamponné et signé, de la fiche de paie du mois de janvier 2023, du récépissé de demande de titre de séjour et du passeport en cours de validité.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
9. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée.
10. Le préfet du Val-d'Oise, qui a examiné d'office la demande de titre de séjour de M. C au regard de ces dispositions, a considéré que le requérant ne justifie d'aucune considération humanitaire ni d'aucun motif exceptionnel de nature à permettre sa régularisation, au regard de l'absence de justification d'une expérience professionnelle entre 2018 et 2022 et faute de démonstration de la réalité et de la pérennité de l'emploi, en l'absence de réponse de l'employeur aux demandes de pièces complémentaires du service interrégionale de la main d'œuvre étrangère. Pour contester cette appréciation, M. C produit, notamment, une attestation de concordance établie par la société Elior, dont il ressort que le requérant a travaillé, du 8 octobre 2018 au 20 mars 2021, sous l'identité de M. B C en qualité de plongeur en restauration collective, des bulletins de salaire couvrant les mois de février et septembre 2020, trois demandes d'autorisation de travail, la 1ère émanant de la société Ansamble, datée du 13 février 2023, les deux autres émanant de la société Elior, datée du 1er mars 2021 et non datée, un contrat à durée indéterminée à temps partiel de reprise du personnel de la société Elior par la société Ansamble, fixant une embauche à compter du 1er avril 2021, lequel a été suspendu par lettre du 1er octobre 2021 faute de régularisation par M. C de sa situation administrative et des attestations de fourniture des déclarations sociales et de paiement des cotisations et contributions sociales des SAS Elior et Ansamble respectivement datées du 5 janvier 2021 et du 8 septembre 2021 pour la 1ère société et du 2 février 2023 pour la 2nde. Cependant, de tels éléments ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le préfet du Val-d'Oise, dès lors qu'ils révèlent une durée d'emploi d'octobre 2018 à octobre 2021 et les derniers mois réalisés pour le compte de la SAS Ansamble, d'avril à octobre 2021, seulement à temps partiel, pour l'exercice de l'emploi de plongeur en restauration collective, lequel n'exige aucune qualification particulière, M. C n'étant lui-même titulaire d'aucun diplôme. Par ailleurs, sur le plan personnel, le requérant ne conteste pas les mentions de la décision en litige selon lesquelles il est célibataire et sans charge de famille et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et sa fratrie et où il a vécu jusqu'à l'âge de 36 ans. Dans ces conditions, et alors même que la durée du séjour de l'intéressé n'est pas contestée, il ne ressort de sa situation aucune considération humanitaire ni aucun motif exceptionnel de nature à permettre sa régularisation à titre exceptionnel sur le fondement des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En sixième lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Et aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
12. M. C, qui est célibataire et sans charge de famille et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et sa fratrie et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de 36 ans, ne peut valablement soutenir qu'en prenant la décision en litige, le préfet du Val-d'Oise aurait porté au droit dont il dispose à mener une vie privée et familiale normale, une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise, et ainsi, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle contreviendrait aux dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'est pas davantage fondé, pour les mêmes motifs, à faire valoir qu'elle procèderait d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ou de ses conséquences sur sa situation.
En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, la décision contestée a été signé par Mme D E, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration à la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de ce département à l'effet de signer toute obligation de quitter le territoire français en cas d'empêchement du directeur des migrations et de l'intégration, consentie par l'arrêté n°23-014 du 22 février 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'État dans le département. Il n'est pas établi que le directeur des migrations et de l'intégration n'aurait pas été absent ou empêché à la date de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte manque en fait et doit ainsi être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. C, n'implique aucune mesure particulière d'exécution.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
16. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
17. En l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, en réponse à une réclamation préalable, des conclusions tendant au versement d'une somme d'argent sont irrecevables.
18. En l'espèce, le requérant ne produit aucune décision expresse ou implicite de l'administration refusant de lui verser les dommages et intérêts qu'il demande, en réparation de préjudices qui ne sont pas individualisés, comme l'intéressé en a été informé. Dès lors, le contentieux n'est pas lié relativement à ces demandes. Les conclusions tendant au versement de ces sommes sont donc irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, combinées à celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, font obstacle à ce que la somme dont M. C demande le versement à son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Tameze et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 3 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ouillon, président,
Mme Charlery, première conseillère,
M. Prost, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2024.
La rapporteure,
signé
C. Charlery
Le président,
signé
S. OuillonLa greffière,
signé
M-J. Ambroise
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2309901
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