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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2309924

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2309924

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2309924
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSOULIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête et deux mémoires enregistrés, sous le n° 2309923, le 11 juillet 2023, le 13 mars 2024 et le 27 mai 2024, non communiqué, M. B, représenté par Me Soulier, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 622 016,09 euros visée par la saisie administrative à tiers détenteur émise le 3 mars 2023 décernée à M. C, en vue de recouvrement des cotisations supplémentaires d'impôts sur les revenus et des contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 et 2013 ;

2°) d'ordonner la restitution des sommes indûment perçues par l'administration ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la procédure est irrégulière dès lors qu'aucune mise en demeure de payer ne lui a été notifiée ;

- le plan de règlement dont il bénéficiait faisait obstacle à l'édiction de la mesure de poursuite contestée.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 9 novembre 2023 et le 24 avril 2024, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative en ce qu'elle porte sur la régularité de la saisie administrative ;

-la requête est irrecevable en ce que l'acte de poursuite ne lui fait pas grief dès lors que la saisie administrative s'est révélée inopérante et qu'aucun fonds n'a été versé au pôle de recouvrement spécialisé du Val d'Oise ;

- les moyens ne sont pas fondés.

II- Par une requête et deux mémoire enregistrés, sous le n° 2309924, le 11 juillet 2023, le 13 mars 2024 et le 27 mai 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. B, représenté par Me Soulier, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 622 166,09 euros visée par la saisie administrative à tiers détenteur émise le 1er mars 2023, décernée au Crédit industriel et commercial AG centre d'Argenteuil, en vue de recouvrement des cotisations supplémentaires d'impôts sur les revenus et des contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 et 2013 ;

2°) d'ordonner la restitution des sommes indûment perçues par l'administration ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la procédure est irrégulière dès lors qu'aucune mise en demeure de payer ne lui a été notifiée ;

- les sommes figurant sur le compte bancaire, objet de l'avis de saisie administrative, étaient insaisissables ;

- le plan de règlement dont il bénéficiait faisait obstacle à la mise en recouvrement de ses créances fiscales.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 9 novembre 2023 et le 24 avril 2024, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative en ce qu'elle porte sur la régularité de la saisie administrative ;

- les moyens ne sont pas fondés.

III- Par une requête et deux mémoires enregistrés, sous le n° 2313861, le 10 octobre 2023, le 13 mars 2024 et le 27 mai 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. B, représenté par Me Soulier, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 985 233 euros visée par la saisie administrative à tiers détenteur émise le 15 juin 2023, décernée au Crédit industriel et commercial AG centre d'Argenteuil, en vue de recouvrement des cotisations supplémentaires d'impôts sur les revenus et des contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2010, 2011, 2012 et 2013 ;

3°) d'ordonner la restitution des sommes indûment perçues par l'administration ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la procédure est irrégulière dès lors qu'aucune mise en demeure de payer ne lui a été notifiée ;

- le plan de règlement dont il bénéficiait faisait obstacle à la mise en recouvrement de ses créances fiscales.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 20 février 2024 et le 24 avril 2024, le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative en ce qu'elle porte sur la régularité de la saisie administrative ;

- les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées n° 2309923, 2309924 et 2313861, présentées par M. B, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule ordonnance.

Sur les conclusions à fin de décharge :

3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 () ".

4. En premier lieu, M. B soutient que le service ne pouvait procéder à l'émission des saisies administratives à tiers détenteur en litige pour l'apurement de sa dette fiscale, dès lors qu'il s'acquitte cette dette suivant un échéancier convenu avec l'administration fiscale. Toutefois, au regard des dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, une telle contestation se rattache à l'exécution des poursuites et non, contrairement à ce que soutient le requérant, à l'existence ou à l'exigibilité de l'obligation fiscale. Par suite, ce moyen est présenté devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

5. En second lieu, il n'appartient pas davantage à la juridiction administrative, en vertu des dispositions précitées de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, de se prononcer sur les moyen tirés, d'une part, de l'absence de dénonciation préalable du plan et d'envoi d'une relance, d'une lettre de rappel ou d'une mise en demeure et, d'autre part, qui, portant sur la régularité en la forme des actes de poursuite, ressortissent de la compétence du juge de l'exécution.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des requêtes tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme procédant des saisies administratives à tiers détenteur litigieuses doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaitre.

Sur les frais du litige :

7. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que demande M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

8. D'autre part, en l'absence d'un état décrivant précisément les frais que l'administration fiscale aurait exposés pour défendre à l'instance, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B au profit de l'Etat la somme demandée par le service au titre des mêmes dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Les conclusions présentées par le directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 25 octobre 2024.

Le président de la 2e chambre,

signé

C. Huon

La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2309923, 2309924 et 2313861

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