lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2309952 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | ESSONO NGUEMA |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 juillet 2023 et 13 mai 2024 sous le n° 2309952, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées le 26 juillet 2023, M. D B, représenté par Me Essono Nguema, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocation familiales (CAF) des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire formé le 30 mars 2023, qu'il était redevable d'un indu de 7 318,32 euros de prime d'activité pour la période allant du 1er avril 2020 au 30 décembre 2022 ;
2°) de le décharger du paiement de cette somme ;
3°) d'enjoindre à la CAF des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine au bénéfice de son conseil la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est entachée d'un vice de forme, à défaut de comporter une signature et les mentions requises par l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration sur l'identité du signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation, en raison de son caractère implicite ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale faute pour la CAF d'établir que l'agent chargé du contrôle était bien assermenté et agréé ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 262-47 et R.262-90 du code de l'action sociale et des familles, dès lors qu'il n'est pas établi que la commission de recours amiable de la CAF ait été saisie pour avis ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il n'a dissimulé aucun revenu et n'a commis qu'une simple erreur en déclarant la date de son mariage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2024, la CAF des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la CRA a statué explicitement sur le recours préalable obligatoire de M. B relatif à l'indu de prime d'activité, qu'elle a rejeté le 5 octobre 2023, décision notifiée par un courrier du 21 novembre 2023 ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 juillet 2023 et 9 avril 2024 sous le n° 2309954, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées le 26 juillet 2023, M. D B, représenté par Me Essono Nguema, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la CAF des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire formé le 30 mars 2023, qu'il était redevable d'un indu d'aide personnalisée au logement (APL) de 4 600 euros pour la période allant de janvier 2022 à janvier 2023 ;
2°) de le décharger du paiement de cette somme ;
3°) d'enjoindre à la CAF des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du département des Hauts-de-Seine au bénéfice de son conseil la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un vice de compétence ;
- elle est entachée d'un vice de forme, à défaut de comporter une signature et les mentions requises par l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration sur l'identité du signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation en raison de son caractère implicite ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale faute pour la CAF d'établir que l'agent chargé du contrôle était bien assermenté et agréé ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles, dès lors qu'il n'est pas établi que la commission de recours amiable de la CAF ait été saisie pour avis ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il n'a dissimulé aucun revenu à la CAF et n'a commis qu'une simple erreur en déclarant la date de son mariage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2024, la CAF des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la CAF a statué explicitement, après avis de la commission des recours amiable (CRA), sur le recours préalable obligatoire de M. B relatif à l'indu d'APL, qu'elle a rejeté le 21 novembre 2023 ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- les décisions du 11 septembre 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans les deux instances ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la rapporteure publique a été, sur sa proposition, dispensée de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée,
- les observations de Me Essono, représentant M. B, présent.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 2 février 2023, le directeur de la CAF des Hauts-de-Seine a notifié à M. B, allocataire du RSA, un indu total de 19 301,37 euros, dont 7 318,32 euros au titre d'un indu de prime d'activité, versée entre le 1er avril 2020 et le 30 décembre 2022 et 4 600 euros au titre d'un indu d'APL versée entre janvier 2022 et janvier 2023. Par un courrier daté du 30 mars 2023, reçu le 4 avril 2024, M. B a formé un recours préalable pour contester cette décision en tant qu'elle concernait un indu d'APL et un indu de prime d'activité. Son recours doit être regardé comme ayant été implicitement rejeté par la CAF des Hauts-de-Seine. Par les présentes requêtes, le requérant demande l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours en tant qu'elle confirme que sont mis à sa charge un indu d'APL et un indu de prime d'activité.
2. Les requêtes nos 2309952 et 2309954 ont été introduites par le même requérant et présentent à juger des questions communes. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un même jugement.
Sur l'objet du litige :
3. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque que le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
4. Au cas particulier, la CAF des Hauts-de-Seine fait valoir qu'il a été statué explicitement sur le recours préalable de M. B par deux décisions des 5 octobre 2023 et 21 novembre 2023 intervenues en cours d'instance. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation des décisions implicites de rejet du recours préalable de M. B du 30 mars 2023. Il y a lieu en revanche de rediriger les moyens présentés par M. B dans les deux instances contre les deux nouvelles décisions.
Sur les conclusions d'annulation :
5. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'introduction d'un recours contentieux dirigé contre des décisions prises par un organisme payeur en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable prévue à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale constituée auprès du conseil d'administration de l'organisme auteur de la décision contestée ". Aux termes de l'article R. 825-2 du même code : " Le directeur de l'organisme payeur statue sur les recours administratifs mentionnés à l'article R. 825-1, après l'avis de la commission de recours amiable ". En l'espèce, la décision du 21 novembre 2023 rejetant le recours préalable de M. B contre l'indu d'APL est signé par le directeur de la CAF des Hauts-de-Seine, conformément aux dispositions précitées.
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 ". La décision du 5 octobre 2023 rejetant le recours préalable de M. B relatif à l'indu de prime d'activité a été pris par la commission de recours amiable de la CAF des Hauts-de-Seine conformément aux dispositions précitées.
7. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de ce que les décisions seraient entachées d'un vice de compétence ne peuvent qu'être écartés.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. / () ". D'une part, la décision du 21 novembre 2023 comporte l'indication des nom et qualité de son auteur, M. E C, directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine. D'autre part, la décision du 5 octobre 2023 est revêtue de la signature de M. Laurent Vanparys, président de la commission du recours amiable dont les nom et prénom figurent sur le courrier de notification de la décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
9. En troisième lieu, les décisions des 5 octobre 2023 et 21 novembre 2023 précisent les motifs de fait et de droit pour lesquels la CAF et la CRA estiment, respectivement, que les indus d'APL et de prime d'activité sont fondés. Les moyens tirés du défaut de motivation ne peuvent qu'être écartés.
10. En quatrième lieu, selon le premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les directeurs des organismes de sécurité sociale confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. () Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire ". Les conditions d'agrément des agents des caisses d'allocations familiales exerçant une mission de contrôle sont définies par un arrêté du ministre de la santé et de la protection sociale et du ministre de la famille et de l'enfance du 30 juillet 2004, qui renvoie aux dispositions de l'article L. 243-9 du code de la sécurité sociale en ce qui concerne les conditions d'assermentation.
11. Il ressort de l'ensemble de ces dispositions que tant l'absence d'agrément que l'absence d'assermentation des agents de droit privé désignés par les caisses d'allocations familiales pour conduire des contrôles sur les déclarations des bénéficiaires du revenu de solidarité active sont de nature à affecter la validité des constatations des procès-verbaux qu'ils établissent à l'issue de ces contrôles et à faire ainsi obstacle à ce qu'elles constituent le fondement d'une décision déterminant pour l'avenir les droits de la personne contrôlée ou remettant en cause des paiements déjà effectués à son profit en ordonnant la récupération d'un indu. En outre, la valeur probante attachée par les dispositions précitées de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale aux procès-verbaux dressés par ces agents ne saurait s'étendre aux mentions qu'ils comportent quant à l'agrément et à l'assermentation de leur auteur.
12. Il résulte de l'instruction que Mme A F, agent de la caisse d'allocations familiales ayant procédé au contrôle de situation de M. B et dont les nom et prénom sont apposés en fin du rapport d'enquête du 25 janvier 2023, a prêté serment le 5 avril 2011 et a été agréée le 7 février 2012. Par suite, cet agent était habilité pour effectuer un contrôle de la situation du requérant. Les moyens tirés de l'irrégularité du contrôle résultant du défaut d'assermentation et d'agrément de l'agent de la CAF doivent être écartés.
13. En cinquième lieu et d'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que la CRA de la CAF des Hauts-de-Seine a en tout état de cause examiné et a statué sur le recours préalable de M. B s'agissant de l'indu de prime d'activité lors de sa séance du 5 octobre 2023. D'autre part, et conformément aux dispositions de l'article R. 825-2 du code de la construction et de l'habitation citées au point 5, la CRA de la CAF des Hauts-de-Seine a également été consulté le 5 octobre 2023 avant que le directeur de la CAF ne statue sur la réclamation de M. B portant sur l'indu d'APL. Le moyen tiré du défaut de consultation de la CRA doit donc être écarté.
14. En dernier lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 841-1 du code de sécurité sociale, " La prime d'activité a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat. " Aux termes de l'article L. 842-3 de ce code : " La prime d'activité est égale à la différence entre :1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ".
15. D'autre part, aux termes de l'article L. 351-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Une aide personnalisée au logement est instituée. ". Aux termes de l'article L. 821-1 de ce même code : " Les aides personnelles au logement comprennent :
1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 351-3 de ce code : " Le montant de l'aide personnalisée au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. Ce barème est établi en prenant en considération : 1. La situation de famille du demandeur de l'aide occupant le logement et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer / 2. Les ressources du demandeur et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer () ". Aux termes de l'article R. 351-5 du même code : " Les ressources prises en considération pour le calcul de l'aide personnalisée sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer ".
16. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les indus d'APL et de prime d'activité en litige ont été mis à la charge de M. B au motif qu'il n'avait pas déclaré les revenus issus de son activité de véhicule de transport avec chauffeur (VTC) auprès de différentes plateformes, pour laquelle il a été immatriculé au répertoire SIREN entre le 29 décembre 2019 et le 15 juillet 2022. Pour contester avoir perçu ces sommes, M. B se prévaut de la situation déficitaire de sa société de VTC qu'il soutient avoir régulièrement déclarée au titre de l'impôt des sociétés sur la période litigieuse, estimant qu'il n'était en conséquence pas nécessaire qu'il déclarât à la CAF des bénéfices nets négatifs qui étaient sans incidence sur ses droits aux différentes prestations. Toutefois, M. B ne conteste aucunement avoir perçu sur ses comptes bancaires les ressources identifiées par le contrôleur de la CAF sur ses relevés. En outre, pour établir le caractère déficitaire de son activité, M. B se borne à produire des formulaires remplis par ses soins et des pièces comptables éparses qu'il a établies lui-même, aucune de ces pièces n'émanant de l'administration fiscale contrairement à ses allégations, ni n'ayant été authentifiées par un comptable ou un expert-comptable et n'étant adossées à des pièces justificatives, ni d'ailleurs à aucune explication quant à la réalité des charges à l'origine des déficits allégués. De même, la circonstance que M. B établisse avoir déclaré auprès de l'URSSAF un revenu nul pour sa société " Transarah " pour les années 2019 à 2022 ne permet pas davantage d'établir qu'il n'a eu aucun revenu sur la période en litige, alors que le contrôleur de la CAF a relevé que les ressources tirées de son activité professionnelle n'avaient justement pas été déclarées à cet organisme.
17. D'autre part, si M. B soutient, sans l'établir, que l'interface de la CAF ne permettait pas de déclarer les résultats d'une société ayant la forme d'une entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL) et qu'il était difficile de déclarer des résultats intermédiaires chaque trimestre compte tenu du caractère annuel de sa comptabilité, ces circonstances sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu, c'est-à-dire sur la circonstance qu'il a perçu des sommes auxquelles il n'avait pas droit.
18. Par ailleurs, le contrôleur a également relevé que M. B n'avait pas déclaré le produit de la vente de deux véhicules en 2020 pour les sommes respectives de 7 451 euros et de 3 384 euros. Si M. B soutient à l'audience que le produit de cette vente est intégré dans le compte annuel de sa société qui aurait été, selon lui, déficitaire sur la période litigieuse, il indique cependant dans sa requête introductive d'instance qu'il s'agissait au contraire d'une vente à titre privée, sans lien avec ses revenus professionnels. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que l'acheteur identifié sur l'acte de vente n'est pas une société, mais bien M. B lui-même. Il n'est en outre pas contesté qu'il n'a pas déclaré les ressources qu'il a tirées de cette vente.
19. Enfin, si M. B conteste que la CAF lui reproche une déclaration erronée de sa date de mariage et soutient que l'agent de contrôle a qualifié à tort son activité d' " artisan taxi " au lieu de " chauffeur VTC ", la CAF n'a nullement tenu compte de ces circonstances pour calculer l'indu dont il était redevable. Par conséquent, ces erreurs, à les supposer établis, sont sans incidence sur le bien-fondé des indus.
20. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de ce que les indus d'APL et de prime d'activité ne seraient pas fondés doivent être écartés.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation de M. B relative à un indu de prime d'activité et à un indu d'APL doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions à fin de décharge, des conclusions à fin d'injonction et des conclusions relatives aux frais liés au litige présentées dans les instances n° 2309952 et 2309954.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Les requêtes nos 2309952 et 2309954 de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Essono Nguema et à la ministre du travail et de l'emploi.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. MonteagleLa greffière,
Signé
C. Mas
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2309952 et 2309954
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026