lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2309956 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | ESSONO NGUEMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 juillet 2023, 7 avril 2024 et 29 mai 2024, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées les 26 juillet 2023 et 6 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Essono Nguema, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire formé le 30 mars 2023, qu'il était redevable d'un indu de 8 216,76 euros de revenu de solidarité active (RSA) pour la période allant du 1er avril 2020 au 30 janvier 2022 ;
2°) de le décharger du paiement de cette somme ;
3°) d'annuler la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine a confirmé, sur recours préalable obligatoire formé le 30 mars 2023, qu'il était mis fin à ses droits au revenu de solidarité active (RSA) à compter du 2 février 2023 ;
4°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine le rétablir dans ses droits au RSA depuis le 2 février 2023 ;
5°) de mettre à la charge de la CAF des Hauts-de-Seine la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
s'agissant de la décision d'indu :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation en raison de son caractère implicite ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'aucune procédure contradictoire n'a précédé l'édiction de cette décision en l'absence de motivation connue ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale faute pour les défendeurs d'établir qu'il a eu droit à l'information prévue par ces dispositions ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine n'a pas été saisie préalablement à son édiction, en méconnaissance des articles L. 262-47 et R.262-90 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen, dès lors que le rapport de l'agent de contrôle inclut de nombreuses erreurs, mentionnant à tort que sa situation maritale n'est pas conforme alors qu'il y a eu une simple erreur d'une journée sur la date du mariage communiquée à la CAF, qu'il est artisan taxi alors qu'il est chauffeur VTC, qu'il a dissimulé des ressources salariées perçues en juillet 2021 alors qu'il s'agissait d'une indemnité de licenciement et qu'il aurait dissimulé ses ressources aux services fiscaux alors qu'il a bien déclaré les revenus de son activité de chauffeur VTC à l'administration fiscale et qu'il n'a pas fait valoir d'observations lors de la procédure contradictoire alors qu'il a envoyé des observations le 20 janvier 2023 ;
- elle procède à une inexacte application des dispositions de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que, d'une part, son activité de taxi a généré un déficit en 2021 et 2022 dont on ne peut en conséquence lui reprocher l'absence de déclaration auprès de la CAF, que ce déficit a bien été déclaré aux impôts, que l'interface de connexion de la CAF n'est pas conçue pour déclarer des revenus de ce type et que, d'autre part, il n'a commis qu'une simple erreur en déclarant la date de son mariage, la CAF disposant d'une copie de son livret de famille ;
s'agissant de la décision de fin de droit au RSA :
- cette décision doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'indu.
M. A a produit directement un mémoire, enregistré le 30 mai 2024, alors qu'il est représenté, qui n'a donc pas été communiqué.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2024, le département des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision du 11 septembre 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la rapporteure publique a été, sur sa proposition, dispensée de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monteagle, magistrate désignée,
- les observations de Me Essono, représentant M. A, présent.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 2 février 2023, le directeur de la CAF des Hauts-de-Seine a notifié à M. A, allocataire du RSA, un indu total de 19 301,37 euros, dont 8 216,76 euros au titre d'un indu de RSA. Par une décision du même jour, la CAF l'a informé qu'il était mis fin au versement à son bénéfice du RSA dès lors que ses ressources excédaient le plafond depuis plus de quatre mois. Par un courrier du 31 mars 2023, reçu le 4 avril 2024, M. A a formé le recours préalable obligatoire prévu pour contester ces deux décisions. Son recours doit être regardé comme ayant été implicitement rejeté par le département des Hauts-de-Seine. Par la présente requête, le requérant demande l'annulation de ces deux décisions implicites de rejet.
2. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". Aux termes de l'article R. 262-88 de ce code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. Il motive sa réclamation. () ". Aux termes de l'article L. 412-7 du code de relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués. ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'une décision implicite intervenue dans les cas où la décision expresse aurait dû être motivée n'est pas entachée d'illégalité du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Une telle décision ne peut être regardée comme illégale qu'en l'absence de communication de ses motifs dans le délai d'un mois par l'autorité saisie. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que M. A ait sollicité la communication des motifs de la décision par laquelle le département des Hauts-de-Seine a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre l'indu de RSA. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation, inopérant, ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, il résulte des dispositions du code de l'action sociale et des familles, notamment des articles L. 262-46 et suivants, que le législateur a entendu, par ces dispositions, déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions relatives au revenu de solidarité active et que l'allocataire peut faire valoir ses observations en exerçant devant le président du conseil départemental le recours administratif préalable obligatoire, mentionné à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires du même code.
6. Le requérant invoque une violation du principe du contradictoire et des droits de la défense au motif qu'en l'absence de toute motivation de la décision attaquée, il ne peut utilement la contester devant la présente juridiction. Toutefois, et alors que M. A avait la possibilité de demander communication des motifs de la décision qu'il attaque, il ressort des pièces du dossier qu'il a bénéficié au cours de l'enquête de la CAF d'un entretien avec le contrôleur où il a pu faire valoir ses observations orales, ainsi que de la procédure contradictoire écrite prévue par les dispositions rappelées au point 5 et qu'il a également formé un recours administratif préalable. Dès lors M. A a pu faire valoir à plusieurs reprises, tant par écrit que par oral, ses observations avant l'intervention de la décision attaquée confirmant l'indu de RSA. Par suite le moyen tiré de ce que les droits de la défense ont été méconnus ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale prévoit que le droit de communication permet à certains agents des organismes de sécurité sociale d'obtenir, auprès de personnes publiques et privées que l'article L. 114-20 du même code désigne par renvoi au livre des procédures fiscales, sans que le secret professionnel ne s'y oppose, les documents et informations nécessaires à l'exercice des missions de contrôle ou de recouvrement de prestations indûment versées qu'il définit. L'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale dispose que l'organisme ayant usé de ce droit est tenu d'informer la personne à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service d'une prestation ou de mettre des sommes en recouvrement " de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision " et qu'il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie de ces documents à la personne qui en fait la demande.
8. Il résulte de ces dispositions que les caisses d'allocations familiales, chargées du service du revenu de solidarité active, réalisent les contrôles relatifs à cette prestation d'aide sociale selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale, au nombre desquels figurent le droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale au bénéfice des organismes de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations qu'ils servent, ainsi que les garanties procédurales s'attachant, en vertu de l'article L. 114-21 du même code, à l'exercice de ce droit par un organisme de sécurité sociale. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu de revenu de solidarité active, tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.
9. D'une part, M. A soutient qu'il n'aurait pas été informé de la mise en œuvre par la CAF des Hauts-de-Seine du droit de communication prévu par les dispositions précitées. Il résulte toutefois de l'instruction, en particulier du rapport d'enquête établi le 25 janvier 2023 par un agent assermenté de la CAF, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que le requérant a été informé lors de l'entretien avec l'agent de contrôle par oral de la mise en œuvre du droit de communication dévolu à la caisse. En outre, le rapport mentionne les démarches réalisées par l'agent en charge du contrôle, notamment les organismes contactés et les comptes bancaires consultés. S'il n'est pas établi que M. A aurait été informé de l'origine des renseignements obtenus par la caisse via l'exercice de son droit de communication, eu égard à la teneur des renseignements, nécessairement connus de l'intéressé, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, qu'il a eu, par ailleurs, la possibilité de solliciter auprès de l'agent de contrôle lors de ces échanges, de la garantie instituée par l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale.
10. D'autre part, si M. A soutient que la CAF a procédé au recouvrement de l'indu par des prélèvements mensuels sur ses allocations, alors qu'il n'a pas été informé de la teneur et de l'origine des informations ayant servi à établir cet indu, cette circonstance, qui est relative à l'exécution de la décision attaquée, est sans incidence sur sa légalité
11. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité de la décision en litige faute d'information sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté.
12. En quatrième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil général. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 242-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 262-89 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. / Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée ".
13. Dans ce cadre, il appartient au tribunal administratif, saisi d'un moyen tiré du défaut de consultation de la commission de recours amiable de l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, de s'assurer du caractère obligatoire de cette consultation dans l'hypothèse en litige, en vertu des clauses réglementaires de la convention conclue entre le département et l'organisme. En revanche, la circonstance que le législateur ait entendu permettre à chaque département, agissant par voie de convention avec cet organisme, de déterminer les hypothèses dans lesquelles les réclamations dirigées contre des décisions relatives au revenu de solidarité active sont soumises pour avis à sa commission de recours amiable n'a pas pour effet de retirer à la consultation de cette commission, eu égard à sa nature et à sa composition, le caractère d'une garantie apportée, lorsqu'elle est prévue, au bénéficiaire du revenu de solidarité active.
14. La convention de gestion du RSA conclue entre le conseil départemental des Hauts-de-Seine et la caisse d'allocations familiales de ce département le 18 janvier 2021 exclut en son article 15 de recueillir l'avis de la commission de recours amiable pour les recours administratifs dirigés contre les décisions relatives aux indus de revenu de solidarité active. Par suite, le moyen tiré de la violation des articles L. 262-47 et R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles du fait de l'absence de saisine de cette commission, inopérant, doit être écarté.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (.) ". L'article L. 262-3 du même code dispose que : " [] L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active [] ". L'article R. 262-37 du même code précise que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
16. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'indu de RSA en litige a été mis à la charge de M. A au motif qu'il n'avait pas déclaré les revenus issus de l'activité de sa société de véhicule de transport avec chauffeur (VTC) auprès des différentes plateformes, pour laquelle il a été immatriculé au répertoire SIREN entre le 29 décembre 2019 et le 15 juillet 2022. Pour contester avoir perçu ces ressources, M. A se prévaut de la situation déficitaire de sa société de VTC qu'il soutient avoir régulièrement déclarée au titre de l'impôt des sociétés sur la période litigieuse, estimant qu'il n'était en conséquence pas nécessaire qu'il déclarât à la CAF des bénéfices nets négatifs qui étaient sans incidence sur ses droits aux différentes prestations. Toutefois, M. A ne conteste aucunement avoir perçu sur ses comptes bancaires les ressources identifiées par le contrôleur de la CAF sur ses relevés. En outre, pour établir le caractère déficitaire de son activité, M. A se borne à produire des formulaires remplis par ses soins et des pièces comptables éparses qu'il a établies lui-même, aucune de ces pièces n'émanant de l'administration fiscale contrairement à ses allégations, ni n'ayant été authentifiées par un comptable ou un expert-comptable et n'étant adossées à aucune pièce justificative, ni d'ailleurs à aucune explication quant à la réalité des charges à l'origine des déficits allégués. De même, la circonstance que M. A établisse avoir déclaré auprès de l'URSSAF un revenu nul pour sa société " Transarah " pour les années 2019 à 2022 ne permet pas davantage d'établir qu'il n'a eu aucun revenu sur la période en litige, alors que le contrôleur de la CAF a relevé que les ressources tirées de son activité professionnelle n'avaient justement pas été déclarées à cet organisme.
17. D'autre part, si M. A soutient, sans l'établir, que l'interface de la CAF ne permettait pas de déclarer les résultats d'une société ayant la forme d'une entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL) et qu'il était difficile de déclarer des résultats intermédiaires chaque trimestre compte tenu du caractère annuel de sa comptabilité, ces circonstances sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu, c'est-à-dire sur la circonstance qu'il a perçu des sommes auxquelles il n'avait pas droit.
18. Par ailleurs, le contrôleur a également relevé que M. A n'avait pas déclaré le produit de la vente de deux véhicules en 2020 pour les sommes respectives de 7 451 euros et de 3 384 euros. Si M. A soutient à l'audience que le produit de cette vente est intégré dans le compte annuel de sa société qui aurait été, selon lui, déficitaire sur la période litigieuse, il indique cependant dans sa requête introductive d'instance qu'il s'agissait au contraire d'une vente à titre privée, sans lien avec ses revenus professionnels. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que l'acheteur identifié sur l'acte de vente n'est pas une société, mais bien M. A lui-même. Il n'est en outre pas contesté qu'il n'a pas déclaré les ressources qu'il a tirées de cette vente.
19. Enfin, si M. A conteste que la CAF lui reproche une déclaration erronée de sa date de mariage et soutient que l'agent de contrôle a qualifié à tort son activité d' " artisan taxi " au lieu de " chauffeur VTC ", la CAF n'a nullement tenu compte de ces circonstances pour calculer l'indu dont il était redevable. Par conséquent, ces erreurs, à les supposer établis, sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions d'annulation de la décision implicite par laquelle le département des Hauts-de-Seine a rejeté le recours préalable obligatoire formé par M. A quant à un indu de RSA doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions à fin de décharge, des conclusions d'annulation de la décision implicite ayant confirmé qu'il n'avait plus droit au RSA à compter du 2 février 2023, des conclusions à fin d'injonction et des conclusions relatives aux frais liés au litige.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Essono Nguema, au département des Hauts-de-Seine et à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. MonteagleLa greffière,
Signé
C. Mas
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026