Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2310335
jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2310335 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 11ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
I- Par une requête enregistrée le 31 juillet 2023 sous le numéro 2310335, Mme A B, représentée par Me Gacon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite portant refus de titre de séjour, née du silence gardé par le préfet des Hauts-de-Seine sur cette demande ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent à titre principal de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou, à défaut, sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, somme à acquitter dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Elle soutient que la décision portant refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnait les dispositions des articles R. 431-12 et suivants dès lors que le préfet aurait dû l'autoriser à travailler ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense en date du 13 mai 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer sur la requête de Mme B.
Il fait valoir qu'un arrêté du 19 septembre 2023 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixant le pays d'éloignement et interdiction de retour sur le territoire français a été édicté et fait l'objet d'un recours contentieux.
II- Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 2 octobre 2023
et 4 octobre 2023 sous le numéro 2312966, Mme A B, représentée par Me Gacon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, l'a contrainte de se présenter à la préfecture tous les mardis durant le délai de départ volontaire, l'a obligée à remettre son passeport, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an en l'informant de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent à titre principal de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou, à défaut, sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et de la munir, sans délai, d'une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui restituer son passeport dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, somme à acquitter dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle n'a pas sollicité son admission exceptionnelle au séjour mais un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-11 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision de se présenter devant les services de la préfecture tous les mardis à 10 heures :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elles est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est disproportionnée.
En ce qui concerne la décision portant obligation de remise de son passeport :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elles est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés et communique l'ensemble des pièces constitutives du dossier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. d'Argenson, président, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante russe née le 6 juillet 1952, est entrée en France le 30 avril 2022 sous-couvert d'un visa de court séjour valable pour la Grèce du 15 avril 2022 au 17 juillet 2022. Par une ordonnance n°2208307 du 29 juin 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de la convoquer afin de permettre à Mme B de faire enregistrer sa demande d'admission au séjour. Elle a sollicité le 4 octobre 2022 un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 435-1, L. 423-11 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision implicite née du silence gardé par l'administration au terme d'un délai de quatre mois, le préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par un arrêté du 19 septembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, l'a contrainte de se présenter à la préfecture tous les mardis durant le délai de départ volontaire, l'a obligée à remettre son passeport, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an en l'informant de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Mme B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées concernent la même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Lorsque le silence gardé par l'administration sur une demande dont elle a été saisie a fait naître une décision implicite de rejet, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Dans ce cas, des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde et que, dès lors, celle-ci ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait entaché sa décision d'un défaut de motivation en ne communiquant pas au requérant les motifs de sa décision implicite dans le délai d'un mois.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B a effectué
le 4 octobre 2022 une demande de titre sur le fondement des dispositions des
articles L. 435-1, L. 423-11 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui a été rejetée implicitement, en vertu du silence gardé par le préfet des Hauts-de-Seine pendant quatre mois, puis explicitement le 19 septembre 2023 par un arrêté dudit préfet. Il en résulte que les conclusions de la requérante dirigées contre la décision implicite doivent être regardées comme étant dirigées contre la décision explicite
du 19 septembre 2023, qui s'y est substituée. Par suite, l'exception de non-lieu opposée par le préfet des Hauts-de-Seine doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour du 19 septembre 2023:
5. La décision attaquée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
6. Mme B ne peut utilement invoquer la méconnaissance des
articles R. 431-12 et suivants au soutien des conclusions dirigées contre l'annulation de la décision explicite du 19 septembre 2023 portant refus de titre de séjour. Au demeurant, contrairement à ce que soutient la requérante, le préfet n'était pas tenu de lui délivrer un récépissé de carte de séjour l'autorisant à travailler. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
7. Si Mme B soutient que le préfet a commis une erreur de droit dès lors qu'elle n'a pas sollicité son admission exceptionnelle au séjour mais un titre de séjour au titre des dispositions des articles L. 423-11 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ressort de la fiche de renseignement complétée et signée par l'intéressée le 22 avril 2022 qu'elle a demandé un titre de séjour sur ces trois fondements. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.
8. Aux termes de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, parent à charge d'un français et de son conjoint, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans sous réserve de la production du visa de long séjour prévu au 1° de l'article L. 411-1 et de la régularité du séjour ".
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France
le 30 avril 2022 munie d'un visa de court séjour valable pour la Grèce du 15 avril
au 17 juillet 2022 et non pas sous couvert du visa de long séjour exigé par les dispositions précitées. Dès lors, le préfet des Hauts-de-Seine pouvait, pour ce seul motif, rejeter la demande de l'intéressée et donc n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir d'ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1,
L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
11. Mme B, entrée en France le 30 avril 2022, se prévaut d'une ancienneté de résidence en France de seulement une année et trois mois à la date de la décision en litige. Si elle fait valoir que sa fille aînée française, chez qui elle est hébergée, ses petits-enfants nés en France en 2013 et 2017 séjournent sur le territoire français, la requérante a vécu jusqu'à l'âge de soixante-dix ans en Russie où réside son autre fille majeure. En outre, elle ne justifie par aucun élément d'une insertion particulière dans la société française. Elle ne démontre pas davantage, nonobstant ses compétences professionnelles de haut niveau en matière de pédagogie préscolaire, que sa présence serait indispensable pour s'occuper de sa petite fille, atteinte d'un handicap, et que cette enfant ne pourrait pas bénéficier de l'assistance d'une tierce personne. Dans ces conditions, le préfet n'a pas porté à la vie privée et familiale de Mme B une atteinte disproportionnée par rapport aux buts de la décision attaquée. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision en litige du 19 septembre 2023 sur la situation personnelle de Mme B doivent être écartés.
12. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (). ".
13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, le moyen tiré de l'erreur de droit et de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. La décision attaquée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
15. La décision portant refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie de conséquence, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
16. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
17. Les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégales, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie de conséquence, à l'encontre de la décision fixant le pays d'éloignement, doit être écarté. Pour le même motif, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
18. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
19. Mme B n'établit pas, par les seuls éléments qu'elle invoque, qu'elle risquerait d'être personnellement soumise à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Russie.
En ce qui concerne l'obligation de se présenter devant les services de la préfecture tous les mardis :
20. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ".
21. La décision attaquée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
22. L'obligation prévue par les dispositions précédemment citées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a uniquement pour objet de contrôler que l'étranger prépare, dans le délai qui lui a été imparti, son départ du territoire français.
Si Mme B, se prévaut de contraintes liées à son âge, elle n'établit pas que sa fille majeure présente en France ne peut l'assister lors de sa présentation aux autorités. Cette obligation de présentation, limitée à une fois par semaine, n'excède pas la fréquence fixée par les dispositions de l'article. Par suite, l'obligation ainsi fixée n'est pas disproportionnée et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard à l'âge de Mme B. Dès lors, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de remettre son passeport :
23. Aux termes de l'article L. 721-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 ".
24. La décision attaquée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
25. En application des dispositions précitées, le préfet des Hauts-de-Seine a assorti l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de Mme B d'une obligation de remise de son passeport. Si la requérante fait valoir que cette mesure est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, elle n'assortit aucun moyen permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la mesure présenterait, quant à son principe ou à ses modalités, un caractère manifestement disproportionné par rapport à son objet. Dès lors, le moyen tiré de ce que cette décision serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne a décision portant interdiction de retour sur le territoire français:
26. La décision attaquée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.
27. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ne peuvent qu'être écartés.
28. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. d'Argenson, président,
M. Robert, premier conseiller,
Mme Bocquet, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
Le président-rapporteur,
signé
P.-H. d'ArgensonL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
D. RobertLe greffier,
signé
V. Guillaume
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2310335-2312966
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