Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2310441

jeudi 24 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2310441
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 août 2023, M. B C A, représenté par Me Guilmoto, demande au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation en le munissant, dans cette attente et sans délai, d'une autorisation provisoire de séjour.

Il soutient que la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 août 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Sitbon pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 août 2023 à 13 heures 30 :

- le rapport de M. Sitbon, magistrat désigné ;

- M. A n'était ni présent, ni représenté :

- le préfet du Val-d'Oise n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen né le 10 février 2000, est entré en France le 15 avril 2018 pour y demander l'asile. Sa première demande de réexamen a été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) le 28 décembre 2022, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 22 mars 2023. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". L'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

3. Si M. A affirme qu'il est exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine en raison de ses opinions politiques et de son militantisme pour l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), il n'apporte aucun élément et aucune pièce de nature à l'établir alors, au demeurant, qu'il a débouté de l'asile et que sa première demande de réexamen a été rejetée par l'OFPRA et la CNDA comme étant irrecevable, faute d'éléments sérieux. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnaîtrait les stipulations et dispositions précitées.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par

M. A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au préfet du

Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 août 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

J. Sitbon

La greffière,

Signé

O. El MoctarLa République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.