Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2311025
mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2311025 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 août 2023, Mme A B C, représentée par Me Suchy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'Etat aux dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance du principe du contradictoire prévu par les dispositions des article L. 120-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 décembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Richard, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, ressortissante portugaise née le 20 décembre 1979, demande l'annulation de l'arrêté du 20 juillet 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligée, sur le fondement des dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à quitter le territoire français dans un délai d'un mois et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, si la requérante soutient que le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu le principe du contradictoire préalablement à l'édiction de l'arrêté contesté, il ressort des pièces du dossier que Mme B C a été auditionnée le 20 juillet 2023 à 14h16 par les services de police, audition au cours de laquelle elle a été invitée à formuler des observations sur l'irrégularité de son séjour en France et sur la possibilité qu'une mesure d'éloignement soit prise à son encontre. Par ailleurs, son avocate a également été invitée à faire des observations ce qu'elle n'a pas souhaité faire. Le moyen sus-analysé doit, par suite, être écarté.
3. En second lieu, si Mme B C déclare résider en France depuis 2008 et être divorcée et mère de trois enfants âgés de 21 ans, 17 ans et 11 ans, elle ne produit aucune pièce au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, et en dépit du fait qu'elle justifie exercer une activité d'agent de service hôtelier par les quelques bulletins de paie produits, Mme B C n'est pas fondée à soutenir que le préfet de Hauts-de-Seine aurait entaché l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B C ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B C et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président ;
Mme Richard, première conseillère ;
Mme Froc, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
La rapporteure,
signé
A. RICHARD
Le président,
signé
C. HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2311025
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