lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2311328 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | THISSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 3 août 2023 et 15 février 2024, Mme C A née B, représentée par Me Thisse, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser la somme de 14 000 euros à parfaire, en réparation des préjudices subis du fait de son absence de relogement, assortie des intérêts au taux légal à compter du 29 mars 2023, date de sa demande indemnitaire préalable au préfet ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité pour faute de l'État est engagée dès lors qu'elle n'a reçu aucune proposition de logement, alors qu'elle a été reconnue prioritaire par la commission de médiation du droit au logement opposable le 22 novembre 2017 et que le jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 11 décembre 2018 ordonnant son relogement n'a pas été exécuté ;
- par un jugement du présent tribunal, en date du 23 mars 2021, l'État a déjà été condamné à lui verser la somme de 5 300 euros en réparation des préjudices subis du fait de son absence de relogement ;
- elle a subi en conséquence des troubles de toutes natures dans ses conditions d'existence dès lors qu'elle occupait, jusqu'à son relogement le 13 février 2024, un logement suroccupé avec son époux et leurs six enfants mineurs.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 avril 2024, le préfet des Hauts-de-Seine demande au tribunal de ramener l'indemnisation prononcée à de plus justes proportions dès lors que :
- l'intéressée a bénéficié de trois propositions de logements qui n'ont pu aboutir, la requérante n'ayant pu être jointe par les services instructeurs dans une procédure de 2020 et ayant refusé deux logements l'un en novembre 2022 et l'autre en novembre 2023 ;
- l'intéressée a été relogée le 13 février 2024.
Vu :
- le jugement n° 1806554 du 11 décembre 2018 par lequel le tribunal administratif de Cergy - Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de reloger Mme A sous astreinte de 200 euros par mois de retard ;
- le jugement n° 2003524 du 23 mars 2021 par lequel le tribunal administratif a condamné l'État à verser à Mme A une somme de 5 300 euros en réparation des préjudices résultant de la carence de l'État à assurer son relogement pour la période du 22 mai 2018 au 23 mars 2021 ;
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La commission de médiation des Hauts-de-Seine a, par une décision du 22 novembre 2017, désigné Mme A comme prioritaire et devant être logée en urgence. Par un jugement du 11 décembre 2018, le tribunal, saisi par l'intéressée sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d'assurer son relogement sous astreinte de 200 euros par mois de retard. N'ayant pas reçu de proposition de logement, Mme A a saisi le préfet d'une demande indemnitaire préalable par un courrier reçu le 3 avril 2023. Cette demande a été implicitement rejetée. Mme A demande au tribunal de condamner l'État à lui verser la somme de 14 000 euros en réparation des préjudices subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'État à toute personne qui () n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".
3. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour provoquer une offre de logement.
En ce qui concerne la responsabilité :
4. D'une part, la commission de médiation a reconnu, le 22 novembre 2017, le caractère urgent et prioritaire de la demande de Mme A aux motifs, d'une part, qu'elle était en attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral, et, d'autre part, qu'elle occupait un logement suroccupé avec une personne handicapée ou un enfant mineur à charge. Toutefois, le préfet n'a fait aucune offre de logement à Mme A avant le 22 mai 2018, date à laquelle cette absence de relogement a revêtu un caractère fautif. D'autre part, le jugement n°1806554 du 11 décembre 2018 par lequel le tribunal administratif de Cergy - Pontoise a enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de reloger Mme A avant le 1er février 2019 sous astreinte de 200 euros par mois de retard n'a reçu exécution que le 13 février 2024, date à laquelle l'intéressée a été relogée.
5. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à solliciter l'engagement de la responsabilité de l'État en raison de ces deux carences fautives dont il a fait preuve dans la mise en œuvre de son obligation de relogement.
En ce qui concerne l'évaluation du préjudice :
6. Il résulte de l'instruction que jusqu'au 13 février 2024, date à laquelle Mme A a été relogée dans un logement de type T6 situé à Villeneuve-la-Garenne dont elle ne conteste pas qu'il serait adapté à ses besoins et à ses capacités, la requérante occupait avec son époux et leurs six enfants mineurs un logement de type F3 et d'une surface habitable de 57 mètres carrés, qui par conséquent était suroccupé. La persistance de cette situation à compter du 22 mai 2018, date à laquelle la carence de l'Etat a revêtu un caractère fautif, a causé à Mme A des troubles de toutes natures dans ses conditions d'existence lui ouvrant droit à réparation. Par ailleurs et ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement, le tribunal a déjà condamné l'État à verser à la requérante la somme de 5 300 euros en réparation des préjudices nés au cours de la période du 22 mai 2018 au 23 mars 2021 par un jugement lu à cette date. La période d'indemnisation s'étend donc en l'espèce du 24 mars 2021 au 13 février 2024, date à laquelle Mme A a été relogée. Le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir, en défense, que trois propositions de logement ont été adressées à Mme A. S'il indique qu'une procédure aurait échoué en 2020, l'intéressée n'ayant pu être jointe par les services instructeurs, cette circonstance est, en tout état de cause, antérieure à la période de responsabilité de l'État dans la présente instance. S'il indique également que Mme A aurait refusé deux autres propositions de logements l'un en novembre 2022 et l'autre en novembre 2023, le document qu'il produit ne fait état que d'une seule proposition, refusée par l'intéressée, en novembre 2022. En tout état de cause, le préfet n'établit ni n'allègue que ce refus n'aurait pas été justifié par un motif légitime.
7. Dès lors, et compte tenu des conditions de logement de Mme A qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence jusqu'au relogement de la requérante et de la composition de son foyer, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en évaluant l'indemnisation due à la somme totale de 7 900 euros.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'État à verser à Mme A la somme de 7 900 (sept mille neuf cents) euros, tous intérêts confondus au jour du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'État le versement à Mme A de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à Mme A la somme de 7 900 (sept mille neuf cents) euros, tous intérêts confondus au jour du présent jugement.
Article 2 : L'État versera la somme de 1 000 euros à Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A née B, à Me Thisse et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
La magistrate désignée
signé
H. Lepetit-CollinLa greffière
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026