lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2311779 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Pole Social (JU) |
| Avocat requérant | CHARLUET-MARAIS FLORENCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 16 août et le 21 décembre 2023, Mme N'yemawin A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite, prise sur recours administratif, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a confirmé sa décision du 30 novembre 2022 lui notifiant un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 699 euros relatif à la période du mois de juin au mois de novembre 2022 ;
2°) d'annuler la décision implicite, prise sur recours administratif, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a confirmé sa décision du 28 avril 2023 lui notifiant un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 170 euros ;
3°) d'annuler la décision en date du 4 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales a refusé de lui accorder une remise de sa dette d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 170 euros.
Elle soutient que :
- en raison du retard pris par l'administration dans la délivrance de son titre de séjour, elle s'est retrouvée en situation irrégulière et privée de ses aides sociales ;
- elle a commis une erreur dans la déclaration de ses revenus ;
- la caisse d'allocations familiales a retenu un quotient familial trop élevé ;
- elle ne parvient pas à faire face à ces frais.
Des pièces complémentaires ont été enregistrées pour la requérante les 15 et 16 avril 2024.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2024, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête et fait valoir que :
- la contestation du bien-fondé de l'indu est irrecevable ;
- le rejet de la demande de remise de dette est fondé.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction est intervenue après l'appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux décisions en date des 30 novembre 2022 et 28 avril 2023, la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine a notifié à Mme A deux indus d'allocation de logement sociale pour des montants respectifs de 1 699 euros et 1 170 euros. L'allocataire a formé des recours administratifs contre ces deux décisions, restés sans réponse. Par ailleurs, par une décision en date en date du 4 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales a refusé de lui accorder une remise de sa dette d'allocation de logement sociale d'un montant de 1 170 euros. Mme A doit être regardée comme demandant l'annulation des décisions implicites par lesquelles la caisse d'allocations familiales a confirmé les indus d'allocation de logement sociale mis à sa charge et de la décision ayant rejeté sa demande de remise gracieuse de sa dette d'allocation de logement sociale de 1 170 euros.
Sur les indus :
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; / 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; / b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 822-2 du code de la construction et de l'habitation : " I.-Peuvent bénéficier d'une aide personnelle au logement : () 2° Les personnes de nationalité étrangère remplissant les conditions prévues par les deux premiers alinéas de l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale : " () Bénéficient également de plein droit des prestations familiales dans les conditions fixées par le présent livre les étrangers non ressortissants d'un Etat membre de la Communauté européenne, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, titulaires d'un titre exigé d'eux en vertu soit de dispositions législatives ou réglementaires, soit de traités ou accords internationaux pour résider régulièrement en France. () ".
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité, d'aide exceptionnelle de fin d'année, d'allocation de logement sociale et d'aide exceptionnelle, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu qu'il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
4. Si Mme A soutient qu'en raison de la délivrance tardive de son titre de séjour par les services de l'État, elle a perdu le bénéfice de l'aide personnalisée au logement et de l'allocation de logement social, elle n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations.
5. Si Mme A admet par ailleurs avoir commis une erreur dans la déclaration de ses revenus, cette circonstance n'est pas de nature à lui permettre de contester utilement le bien-fondé des indus litigieux.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la caisse d'allocations familiales en défense, que Mme A n'est pas fondée à contester le bien-fondé des indus litigieux par les moyens qu'elle invoque.
Sur la remise gracieuse :
7. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
8. A supposer que Mme A, qui indique avoir été victime du retard pris par l'administration dans la délivrance de son titre de séjour et admet, dans le même temps, avoir commis une erreur dans la déclaration de ses revenus, puisse être regardée comme ayant été de bonne foi ce que ne conteste pas sérieusement la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, elle ne justifie, par aucune pièce, des difficultés financières qu'elle dit rencontrer pour rembourser les sommes demandées par la caisse d'allocations familiales. Par suite, ses conclusions tendant à l'annulation de la décision lui refusant une remise gracieuse de sa dette d'allocation de logement sociale de 1 170 euros doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
La magistrate désignée,
signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
signé
C. Mas
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2311779
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026