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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2312744

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2312744

jeudi 14 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2312744
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSEBAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Minvielle-Sebastia, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté n° PC 92012 21 0074 du 20 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Boulogne-Billancourt a délivré à la société Seine Ouest Habitat et Patrimoine (SOHP) un permis de construire un bâtiment R+6 à usage d'habitation et de commerce sur un terrain situé au 14 rue des quatre cheminées à Boulogne-Billancourt et la décision implicite du 23 novembre 2022 rejetant son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Boulogne-Billancourt la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est recevable, dès lors que le requérant dispose d'un intérêt à agir en tant que voisin immédiat au projet de construction, et que la cristallisation des moyens sur le recours au fond n'est pas encore intervenue conformément aux dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ;

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que les travaux de construction du projet ont débuté ;

Sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté les moyens suivants:

- le permis de construire est entaché d'incompétence ;

- le dossier de demande du permis de construire est incomplet, dès lors, d'une part, que le pétitionnaire n'a pas précisé les modalités de division de la parcelle cadastrée AV n° 119 et a dissimulé dans sa demande de permis de construire que le projet de construction ne portait pas uniquement les parcelles 118 et 119, mais également sur la parcelle cadastrée section AV n° 42, rendant de ce fait inexact le terrain d'assiette du projet, en méconnaissance des articles R. 431-5 et R. 431-6 et suivants du code de l'urbanisme, et d'autre part, que le pétitionnaire ne justifie pas du respect des règles relatives à l'emprise au sol des constructions et aux espaces verts, en méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- le projet impliquait la délivrance d'une autorisation de division de la parcelle cadastrée AV n° 119 et méconnaît les articles R. 421-19 et R. 421-23 du code de l'urbanisme ;

- les adaptations mineures accordées méconnaissent l'article L. 152-3 du code de l'urbanisme, en ce qui concerne, d'une part, les règles d'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, et d'autre part, les règles de hauteur et de retrait des étages en R+5 et R+6 ;

- le permis de construire méconnaît l'article UAa 7 du règlement du PLU de la commune de Boulogne-Billancourt, en ce qui concerne l'implantation des balcons sur la limite séparative Nord et celle de la courette située sur la parcelle cadastrée AV n° 42 ;

- il méconnaît l'article UA 10 du règlement du PLU de la commune de Boulogne-Billancourt, dès lors, d'une part, que la terrasse de l'attique culmine à 18,16 mètres de hauteur, et d'autre part, qu'une partie du projet est prévue en R+3 et R+4 au-delà de la bande E, en limite séparative, ayant pour effet de dépasser la hauteur maximale autorisée et de créer un mur pignon haut et massif en vis-à-vis des constructions voisines ;

- il méconnaît les articles UA 9 et UA 13 du règlement du PLU de la commune de Boulogne-Billancourt, en ce qui concerne l'emprise au sol des constructions et les espaces verts ;

- il méconnaît l'article UAa 12.2.1 du règlement du PLU de la commune de Boulogne-Billancourt, en ce qui concerne les places de stationnement automobile ;

- il méconnaît l'article UAa 12.4.3 du règlement du PLU de la commune de Boulogne-Billancourt, en ce qui concerne la rampe d'accès au parc de stationnement automobile ;

- il méconnaît l'article UAa 12.5.5 du règlement du PLU de la commune de Boulogne-Billancourt, en ce qui concerne l'accès au stationnement vélo.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 octobre 2023, la commune de Boulogne-Billancourt, représentée par Me Lherminier, conclut :

1°) au rejet de la requête en l'absence d'urgence et de moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision

2°) à la mise à la charge du requérant d'une somme de 3.000 euros au titre des frais liés à l'instance.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 novembre 2023, la société la société Seine Ouest Habitat et Patrimoine, représentée par Me Rivoire, conclut :

1°) au rejet de la requête en l'absence d'urgence et de moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision

2°) à la mise à la charge du requérant d'une somme de 3.000 euros au titre des frais liés à l'instance.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2300883, enregistrée le 20 janvier 2023, par laquelle le requérant demande l'annulation de l'arrêté contesté.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 8 novembre 2023 à 15 heures 15.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme El Moctar, greffière d'audience :

- le rapport de M. Thobaty, juge des référés ;

- les observations de Me Minvielle-Sebastia, représentant M. A qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Herpin, représentant la commune de Boulogne-Billancourt, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Santangelo, représentant la société Seine Ouest Habitat et Patrimoine, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La commune de Boulogne-Billancourt, représentée par Me Lherminier, a produit un permis de construire modificatif accordé le 23 novembre 2023 sur une demande déposée le 2 novembre 2023 tendant à modifier la rampe d'accès et au déplacement du local " vélo ".

Par une ordonnance du 23 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été différée au 05 décembre 2023 à 12:00.

Par un nouveau mémoire enregistré le 27 novembre 2023, M. A, représenté par Me Minvielle-Sebastia, conclut aux mêmes fins en soutenant en outre que :

- le permis de construire modificatif n'a pas régularisé du permis initial du 20 juillet 2022 dès lors que la largeur de la rampe d'accès au parking demeure insuffisante et que le local vélos n'est toujours pas doté d'un cheminement praticable

- le permis de construire modificatif est en outre illégal pour ne porter que sur les parcelles 118 et 119, sans inclure la parcelle 42 qui fait pourtant partie du terrain d'assiette.

Par un nouveau mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2023, la société la société Seine Ouest Habitat et Patrimoine, représentée par Me Rivoire, conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 20 juillet 2022, le maire de la commune de Boulogne-Billancourt a délivré un permis de construire à Seine Ouest Habitat et Patrimoine (SOHP) en vue de la construction d'un bâtiment R+6 à usage d'habitation et commerce sur un terrain situé au 14 rue des quatre cheminées à Boulogne-Billancourt. M. B A, propriétaire d'une maison située 7 avenue du Général Leclerc à Boulogne-Billancourt, sur la parcelle cadastrée AV n° 39, a présenté un recours gracieux le 21 septembre 2022 tendant au retrait de ce permis de construire qui a été rejeté implicitement par le maire de la commune de Boulogne-Billancourt. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de de de permis de construire accordé à Seine Ouest Habitat et Patrimoine (SOHP).

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".

3. En l'état de l'instruction et eu égard à la délivrance d'un permis de construire modificatif le 23 novembre 2023 sur une demande déposée le 2 novembre 2023 tendant à modifier la rampe d'accès et au déplacement du local " vélo ", les moyens soulevés par le requérant, tels que visés dans la présente ordonnance, n'apparaissent manifestement pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, il y a lieu de rejeter la requête, y compris ses conclusions tendant au versement d'une somme au titre des frais du procès.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par les défendeurs :

4. Eu égard à la délivrance d'un permis de construire modificatif le 23 novembre 2023, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B A la somme demandée par la commune de Boulogne-Billancourt et la société Seine Ouest Habitat au titre des frais liés à l'instance en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Boulogne-Billancourt et la société Seine Ouest Habitat au titre des frais liés à l'instance en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au maire de la commune de Boulogne-Billancourt et à la société Seine Ouest Habitat.

Fait à Cergy, le 14 décembre 2023.

Le juge des référés,

Signé

G. Thobaty

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0

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