Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2314417
mercredi 22 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2314417 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 10ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 octobre 2023, M. A E, représenté par Me Achache, demande au tribunal :
1°) d'être admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 31 juillet 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, dans un délai de deux semaines à compter de la notification de ce jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de procéder au réexamen de sa situation ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle et sur son état civil au regard des dispositions issues de l'article 47 du code civil et de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet ne renverse pas la présomption d'authenticité de ses actes d'état-civil ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant refus de titre de séjour elle-même illégale;
- elle est illégale dès lors qu'il a droit à un titre de séjour et ne peut par conséquent faire l'objet d'une mesure d'éloignement ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale dès lors qu'elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale;
- elle est insuffisamment et non spécifiquement motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 29 janvier 2024, la clôture d'instruction fixée au 29 janvier 2024 a été reportée au 12 février 2024.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55% par une décision du 13 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Moinecourt, conseillère,
- et les observations de Me Lefebvre, substituant Me Achache, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant malien né le 11 juin 2003 indique être entré sur le territoire français le 1er décembre 2018. Le 30 août 2022, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, il demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 31 juillet 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an/de deux ans.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55% par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 13 novembre 2023, Par suite, les conclusions à fin d'admission à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ont perdu leur objet. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. H F, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, lequel disposait d'une délégation, accordée par un arrêté PCI n° 2023-049 du 30 juin 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine du même jour, à l'effet de signer toutes décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme G C, directrice des migrations et de l'intégration et de Mme D B, chef du bureau. Il n'est pas établi que ces dernières n'auraient pas été absentes ou empêchées à la date des décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision en litige doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas de la décision attaquée que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas, avant de l'édicter, procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de M. E.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente les documents justifiant de son état civil et de sa nationalité. Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil". Aux termes de ce dernier article : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
7. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
8. Le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de délivrer un titre de séjour à M. E au motif, notamment, que celui-ci avait présenté des documents d'identité dépourvus d'authenticité et n'apportait ainsi pas la preuve de son état-civil.
9. Il ressort des pièces du dossier que le jugement supplétif, ainsi que l'acte de naissance et l'extrait d'acte de naissance établis selon ce jugement présentés au préfet par M. E ont été soumis à l'analyse de la police aux frontières des Yvelines. Celle-ci a émis plusieurs avis défavorables sur l'authenticité de ces actes, et même " très défavorable " s'agissant de celle du jugement supplétif, dès lors qu'elle y a recensé de multiples irrégularités, relevant notamment que ce dernier en date du 14 novembre 2018 portait la devise " Un peuple, Un peuple, Une foi " non conforme à la devise du Mali (" Un peuple, Un but, Une foi "), des références textuelles non conformes et un tampon humide comportant des fautes, mais également que l'extrait d'acte de naissance comportait des abréviations, en méconnaissance de la loi locale, et que l'acte de naissance comportait une faute sur les mentions préimprimées. M. E n'apporte aucune explication sur ces traces de falsification mais verse à l'instance un jugement supplétif " rectifié ", daté du même jour que le jugement sur lequel avait été émis un avis très défavorable, le 14 novembre 2018, sans préciser les modalités de son obtention. Il produit également une attestation d'authenticité de son acte de naissance par un officier d'état civil de Yélimané au Mali, datée du 9 janvier 2024, postérieurement à la décision attaquée. Il s'ensuit qu'en considérant que M. E ne justifiait pas de son état civil, le préfet des Hauts-de-Seine, a commis aucune erreur manifeste d'appréciation ni aucune erreur de fait ou de droit et n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
11. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile par un étranger qui n'est pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne représente pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Les dispositions précitées de l'article L. 435-1 laissent enfin à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou si elle se justifie au regard des motifs exceptionnels que celui-ci fait valoir.
12. Il ressort des pièces du dossier que M. E, qui soutient être entré en France en décembre 2018 pour rejoindre son frère, est scolarisé depuis l'année scolaire 2018-2019. Il a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle en spécialité électricien le 5 juillet 2021 et a poursuivi ses études par un baccalauréat professionnel dans le même domaine en alternance, diplôme qu'il n'établit pas, ni même n'allègue, avoir obtenu à l'issue de son cursus. Il a conclu à ce titre un contrat d'apprentissage avec la société SEIP de janvier 2022 à juillet 2023, puis un contrat à durée indéterminée avec cette même société en janvier 2024, postérieurement à la décision attaquée. Ces éléments, compte-tenu notamment de la faible ancienneté en emploi de M. E, ne sont pas de nature, à eux-seuls, à justifier sa régularisation à titre exceptionnel. Au surplus, le requérant ne fait pas état de considérations humanitaires particulières ou de motifs exceptionnels de nature à justifier de sa régularisation au titre d'une admission exceptionnelle au séjour alors qu'il n'établit pas qu'il est dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il ne conteste pas sérieusement que résident encore plusieurs membres de sa fratrie. Ainsi, M. E n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait, en lui refusant un titre de séjour, méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou entaché son appréciation à ce titre d'une erreur manifeste.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
14. En l'espèce, M. E, qui est célibataire et sans charge de famille, soutient sans l'établir formellement qu'il est entré en France pour rejoindre son frère ainé. Il soutient en outre que ses deux parents sont décédés et établit le décès de sa mère, en mars 2023, sans toutefois établir qu'il serait dépourvu de liens dans son pays d'origine où résiderait, aux termes de la décision attaquée, le reste de sa fratrie. Ainsi, M. E, qui se borne à produire deux attestations d'un professeur et de sa conseillère principale d'éducation, et en dépit de sa résidence en France depuis fin 2018, n'établit pas qu'il a constitué sur le territoire français le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et a ainsi méconnu les stipulations précitées.
15. En septième et dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dits aux points 12 et 14 du présent jugement, M. E qui n'établit pas une insertion professionnelle stable et pérenne sur le territoire français, ni qu'il y a le centre de ses intérêts privés et familiaux, et ne fait pas état de circonstances particulières, n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle en refusant de lui délivrer un titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de son titre de séjour n'étant pas établie, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écartée.
17. En deuxième lieu, dès lors qu'il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. E ne peut être regardé comme pouvant bénéficier d'un titre de séjour de plein droit, il n'est pas fondé à soutenir qu'il ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement pour ce motif.
18. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14 du présent jugement, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
19. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
20. En l'espèce, l'arrêté attaqué se borne à indiquer, pour justifier l'interdiction de retour sur le territoire français édictée à son encontre, que M. E est célibataire, sans enfant et que ses attaches sur le territoire ne sont pas intenses. De plus, l'arrêté attaqué n'établit pas si sa présence sur le territoire français peut être regardée comme constituant une menace pour l'ordre public. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête dirigés contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, M. E est fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est disproportionnée et à en demander pour ce motif l'annulation.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. E est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 juillet 2023 en tant qu'il prononce une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
22. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par M. E doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. L'État n'étant pas, pour l'essentiel, la partie perdante, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme réclamée par M. E sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. E.
Article 2 : L'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 31 juillet 2023 est annulé en tant qu'il prononce à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 6 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ouillon, président,
Mme Charlery, première conseillère,
Mme Moinecourt, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2024.
La rapporteure,
signé
L. Moinecourt
Le président,
signé
S. OuillonLa greffière,
signé
M-J. Ambroise
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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