Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2314813

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2314813
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLEXSTEP AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 septembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Sannois (Val-d'Oise) l'a licencié pour abandon de poste, ensemble la décision du 6 novembre 2023 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'annuler la décision par laquelle la commune de Sannois lui a réclamé la somme de 1 445,58 euros.

Il soutient que :

- sa hiérarchie lui a fait subir un harcèlement moral qui a provoqué des arrêts de maladie, constitutif d'un abus de pouvoir qu'il convient de faire cesser ;

- son employeur ne peut lui réclamer une somme correspondant à une période au cours de laquelle il était en arrêt de maladie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2024, la commune de Sannois, représentée par Me Van Elslande, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à la mise à la charge de M. A B de la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable faute de conclusions et de moyens précisément soulevés, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 411-1 du code de justice administrative, alors par ailleurs qu'il n'existe aucun acte exécutoire ayant mis à la charge de M. A B la somme en litige de 1 445,58 euros ;

- à titre subsidiaire, la décision portant licenciement pour abandon de poste est fondée, tout comme l'indu de rémunération dont a bénéficié M. A B.

Par ordonnance du 24 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 mars 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / () ". Selon l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 septembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Sannois (Val-d'Oise) l'a licencié pour abandon de poste. Toutefois, en se bornant à relever que sa hiérarchie lui a fait subir un harcèlement moral qui a provoqué des arrêts de maladie, constitutif d'un abus de pouvoir qu'il convient de faire cesser, il n'assortit sa requête d'aucun moyen de droit permettant de contester la légalité d'une telle décision. Dès lors, faute de moyen utile soulevé dans le délai de recours contentieux, il y a lieu de rejeter les conclusions de M. A B tendant à l'annulation de la décision du 6 septembre 2023, ensemble la décision du 6 novembre 2023 portant rejet de son recours gracieux, sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

3. En second lieu, si M. A B conteste la décision par laquelle la commune de Sannois lui a réclamé la somme indue de 1 445,58 euros, la commune n'est pas contestée lorsqu'elle fait valoir qu'aucun titre de perception n'a encore été émis à cette fin. Par suite, en l'absence de décision faisant grief, les conclusions à fin d'annulation de M. A B sont manifestement irrecevables et insusceptibles de régularisation. Elles ne peuvent donc également qu'être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Sannois présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Sannois présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et à la commune de Sannois.

Fait à Cergy, le 13 juin 2024.

La présidente de la 3ème chambre,

signé

C. Oriol

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.