Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2316238

lundi 6 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2316238
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 décembre 2023, M. A C, représenté par Me Louisa, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé et l'a obligé à remettre son passeport ou tout autre document de voyage aux autorités préfectorales ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié ", ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, le tout dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté litigieux est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé ;

- le refus de titre de séjour est entaché d'un vice de procédure tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation à cet égard ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'obligation de quitter le territoire est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour qui la fonde ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours méconnaît les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît les dispositions de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision l'obligeant à remettre son passeport méconnait l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le 12 janvier 2024, le préfet du Val-d'Oise a produit les pièces qu'il estime utiles au dossier.

Par une décision du 8 décembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Goudenèche a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant ghanéen né le 7 mars 1990, déclare être entré en France en septembre 2014. Le 1er décembre 2022, il a sollicité son admission au séjour en qualité de salarié sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 30 octobre 2023, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être renvoyé et l'a obligé à remettre son passeport ou tout autre document de voyage aux autorités préfectorales. M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme D, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, qui disposait d'une délégation de signature à cette fin, consentie par un arrêté n° 23-014 du 22 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise le même jour. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'un vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.

3. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

4. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".

5.L'arrêté attaqué, qui n'a pas à contenir l'ensemble des éléments concernant la situation du requérant, énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Il mentionne notamment que le requérant ne remplit pas les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne justifie pas de la production d'un visa long séjour validé ni d'un contrat de travail visé conformément aux dispositions de l'article L. 5221-2 du code du travail. Il indique par ailleurs que la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère a rendu un avis défavorable et que la durée de son séjour en France est insuffisante afin de justifier une régularisation sur le territoire. Il précise également qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie familiale normale conformément à l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

6. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour et des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 (). ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour, lorsqu'il envisage de refuser un titre mentionné à l'article L. 423-13, que du cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions de procédure et de fond auxquelles est subordonnée la délivrance d'un tel titre, et non du cas de tous les étrangers qui se prévalent des articles auxquels ces dispositions renvoient.

7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. C n'a pas sollicité son admission au séjour sur l'un des fondements prévus au 1° de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité au point 6. D'autre part, le requérant ne se prévaut de sa présence sur le territoire français que depuis le mois de septembre 2014, soit depuis moins de dix ans à la date de la décision attaquée. Par suite, le préfet du Val-d'Oise n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour et le moyen doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ". Aux termes de l'article L. 412-1 de ce code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Aux termes de l'alinéa 1er de l'article L. 5221-5 du même code : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2 ".

9. Il ressort de la fiche de salle produite en défense que le requérant a sollicité un titre de séjour mention " salarié ". Pour refuser de délivrer un tel titre de séjour au requérant, le préfet s'est notamment fondé, à bon droit, sur les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment sur la circonstance que M. C ne justifie pas de la production d'un visa long séjour valide conformément aux dispositions de l'article L. 311-1 du même code ni d'un contrat de travail visé conformément aux dispositions de l'article L. 5221-2 du code du travail. Si le requérant soutient que l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été abrogé par l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020, la circonstance que l'arrêté vise un article abrogé est sans incidence sur sa légalité dès lors que l'article L. 412-1 du même code, applicable à la date de la décision, reprend en substance les dispositions abrogées et prévoit la production d'un visa long séjour valide, sur laquelle le préfet s'est fondée. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier M. C disposait d'un visa conforme aux dispositions précitées au point 8 à la date de sa demande de titre. Ainsi, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et ce sans que la circonstance, au demeurant non établie, que le requérant aurait produit un contrat de travail ait une influence. Par suite, les moyens doivent être écartés.

10. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Ces dispositions permettent la délivrance d'une part, de la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " et, d'autre part, de la carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1, par un étranger qui n'est pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présente pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifie d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger fait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

11. Pour refuser son admission exceptionnelle au séjour, le préfet du Val d'Oise s'est notamment fondé sur le fait que le requérant ne démontre pas la réalité et la pérennité de son emploi et que la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère a rendu le 3 mars 2022 un avis défavorable dès lors que la société employant le requérant n'a pas donné suite aux demandes de pièces complémentaires. Pour le contester le requérant produit une demande d'autorisation de travail et de nombreux bulletins de salaires au nom de M. B faisant état de quatre ans et un mois de travail à temps plein entre décembre 2018 et décembre 2022. Si le requérant soutient que ce nom est un alias et produit une attestation de concordance de 2021 en ce sens, les éléments produits, absents concernant l'année 2023 qui précède la décision attaquée, ne permettent pas de démontrer une intégration professionnelle stable et pérenne. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient M. C, il ressort des courriers électroniques produits par le préfet que la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère a effectué des demandes de pièces à son employeur. Enfin, si M. C se prévaut de sa présence en France depuis septembre 2014, de son insertion sociale et du fait qu'il a en France l'intégralité de ses centres d'intérêt, il ne produit aucune pièce de nature à démontrer ces allégations. Il résulte de ce qui précède que le requérant, qui ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 qui ne contient que des orientations générales, et qui ne justifie d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel permettant la délivrance à titre exceptionnel d'un titre de séjour, n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou aurait commis une erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences sur sa situation personnelle. Par suite, les moyens doivent être écartés.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. M. C se prévaut de sa présence en France depuis septembre 2014, toutefois la seule durée de présence en France ne suffit pas à établir que le centre de ses intérêts privés et professionnels se trouverait en France. Par ailleurs le requérant, qui est célibataire et sans enfant, n'établit ni l'intensité particulière de ses relations sociales en France ni être dépourvu d'attaches au Ghana, pays où il a vécu jusque l'âge de vingt-quatre ans. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier et eu égard à ce qui a été énoncé au point 11, que le requérant justifie d'une insertion professionnelle suffisante au regard des stipulations précitées. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle doivent être écartés.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, M. C n'établit pas que la décision lui refusant un titre de séjour est entachée d'illégalité. Par suite, l'exception d'illégalité invoquée à l'appui des conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français doit être écartée.

15.En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 13, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'est pas fondé et doit être écarté.

En ce qui concerne le délai de départ volontaire de trente jours :

16.Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. ".

17. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant justifierait de circonstances particulières de nature à rendre nécessaire la prolongation du délai de trente jours que lui a accordé le préfet du Val-d'Oise pour satisfaire à l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre. Au demeurant, l'intéressé n'établit, ni même n'allègue, avoir sollicité auprès de l'autorité préfectorale une telle prolongation. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'en fixant le délai de départ volontaire à trente jours, le préfet du Val-d'Oise a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne le pays d'éloignement :

18.Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. ".

19.La seule circonstance que M. C aurait construit sa vie professionnelle en France, fait non établi, n'est pas de nature à établir que le préfet du Val-d'Oise aurait méconnu les dispositions précitées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de remettre son passeport aux autorités :

20.A supposer que M. C, se prévale, sans l'établir, de la circonstance qu'il a construit sa vie professionnelle en France afin de de solliciter l'annulation de la décision l'obligeant à remettre son passeport, cette circonstance est sans influence sur la légalité de cette décision. Par suite, le moyen doit être écarté.

21.Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que celles présentées aux fins d'injonction et au titre des frais de l'instance.

Par ces motifs, le tribunal décide:

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 15 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bories, présidente,

M. Bourragué, premier conseiller,

Mme Goudenèche, conseillère,

Assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.

La rapporteure,

signé

C. GoudenècheLa présidente,

signé

C. BoriesLa greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.