Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2316876
jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2316876 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2023, Mme B A sollicite la révision de la décision en date du 3 octobre 2023, notifiée le 27 octobre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de point nul ainsi que l'indulgence du tribunal.
Elle soutient que :
- elle n'a pas reçu les avis de contravention consécutifs aux infraction du 26 février 2020, du 20 juin 2022, du 21 mai 2022 et du 30 janvier 2023 ;
- elle a payé les amendes consécutives aux infractions du 1er mai 2021, du 9 octobre 2021, du 11 octobre 2021, du 13 juin 2022, du 28 septembre 2022, du 13 mars 2023 et du 6 avril 2023, mais elle n'était pas la conductrice ;
- elle réalise quotidiennement ce trajet pour se rendre sur son lieu de travail.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route,
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : "() les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.() ".
2. Au vu des termes de sa requête Mme A, qui doit être regardée comme contestant la décision, en date du 3 octobre 2023, par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire pour solde de point nul, se borne à solliciter l'indulgence du tribunal afin que soit révisée cette décision. Il n'appartient toutefois pas au tribunal de se prononcer sur de telles conclusions purement gracieuses.
3. En tout état de cause, en application des articles 529 et suivants du code de procédure pénale, il appartient au contrevenant qui conteste avoir commis une infraction de formuler une requête en exonération auprès du service indiqué dans l'avis de contravention. Le paiement de l'amende forfaitaire vaut quant à lui, en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route reconnaissance de la réalité de l'infraction. Il résulte de ces dispositions que l'appréciation de l'imputabilité à un conducteur d'une infraction relève de l'office du juge judiciaire dans le cadre d'une procédure pénale et que le contrevenant ne peut utilement soulever devant le juge administratif un moyen tiré de ce qu'il n'est pas l'auteur de l'infraction contestée, lorsqu'il a payé l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée, reconnaissant ainsi l'imputabilité de l'infraction.
4. Si Mme A soutient qu'elle n'est pas l'auteur des infractions au code de la route précitées, il est constant qu'elle a payé les amendes forfaitaires afférentes à ces infractions. Ainsi, en application des dispositions précitées de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité de l'infraction est établie et Mme A ne saurait utilement soutenir qu'elle n'est pas l'auteur de l'infraction en litige.
5. Par ailleurs, le moyen tenant à ce qu'elle connaisse ce trajet et qu'elle l'emprunte quotidiennement pour se rendre sur son lieu de travail, pour regrettable que soit cette circonstance, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
6. Mme A n'a produit aucun nouveau mémoire dans le délai de recours qui a été déclenché au plus tard à la date d'introduction de sa requête, ni n'a annoncé la production d'un mémoire complémentaire. Sa requête, qui ne comporte que des conclusions irrecevables et des moyens inopérants, ne peut, par suite, qu'être rejetée en application des dispositions précitées des 4° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Cergy, le 1er février 2024.
Le président
Signé
J-P. Dussuet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2316876
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