Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2317118

jeudi 23 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2317118
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés

le 21 décembre 2023, 4 janvier 2024, 16 avril 2024 et 22 avril 2024 sous le numéro 2317118, Mme D F épouse A C, représentée par Me Marzak, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation administrative et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme F épouse A C soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est irrégulière dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'elle a établi sa vie privée et familiale en France ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne démontre pas avoir examiné l'opportunité de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;

- elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Sur la décision portant obligation de remise de son passeport ou tout autre document d'identité ou de voyage :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés et communique les pièces du dossier.

II. Par une requête, un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés

le 21 décembre 2023, 4 janvier 2024, 16 avril 2024 et 22 avril 2024 sous le numéro 2317119, M. E A C, représenté par Me Marzak, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a obligé à remettre son passeport ou tout autre document d'identité en sa possession ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation administrative et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A C soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- elle a été prise par une autorité incompétente

- elle est irrégulière dès lors que la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'erreur de fait dès lors qu'elle a établi sa vie privée et familiale en France ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne démontre pas avoir examiné l'opportunité de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;

- elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Sur la décision portant obligation de remise de son passeport ou tout autre document d'identité ou de voyage :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet du Val-d'Oise qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bocquet, conseillère ;

- et les observations de Me Marzak, représentant M. et Mme A C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D F épouse A C et M. E A C, ressortissants marocains nés respectivement les 18 mars 1998 et 13 avril 1995, sont entrés en France le

26 décembre 2017 munis d'un visa de court séjour. M. A C et Mme F épouse A C ont sollicité leurs admissions exceptionnelles au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le 25 mai 2023 et le 7 juin 2023. Par les arrêtés du 22 novembre 2023 attaqués, le préfet du Val-d'Oise a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de leur renvoi.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°2317118 et 2317119 présentées pour Mme F épouse A C et M. A C sont relatives à la situation d'un couple de ressortissants étrangers et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

3. Par l'arrêté n°23-042 du 11 juillet 2023 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, le préfet du Val-d'Oise a donné délégation à Mme G, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, signataire des arrêtés attaqués, pour signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. B, directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, notamment toutes décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B n'était pas absent ou empêché lorsque les arrêtés attaqués ont été signés. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces arrêtés doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour :

4. Il ne ressort pas des pièces des dossiers ni des termes des arrêtés attaqués que le préfet du Val d'Oise n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme F épouse

El C et de M. A C et de leur demande de régularisation au titre de leur vie privée et familiale avant de prendre ses décisions. En outre, si la situation professionnelle de M. A C n'est pas expressément mentionnée dans les termes de l'arrêté attaqué, il ressort des pièces du dossier et notamment de la fiche de salle de son épouse produite par le préfet comme des déclarations tenues lors de l'audience que le couple a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le seul motif de sa vie privée et familiale. Dès lors, le moyen tiré de ce que les arrêtés seraient entachés d'un défaut d'examen réel et sérieux des situations personnelles des requérants doit être écarté.

5. Si M. et Mme A C soutiennent que le préfet aurait commis une erreur de droit en s'abstenant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, il ressort des termes mêmes des arrêtés attaqués que le préfet du Val-d'Oise a examiné la situation des requérants sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et particulièrement au titre de leur vie privée et familiale. Par suite, leur moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

6 Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 / () ".

7. M. et Mme A C soutiennent qu'ils résident en France depuis le 26 décembre 2017, qu'ils ont eu un enfant né le 2 janvier 2018 qui est scolarisé en France, que M. A C bénéficie d'une bonne intégration professionnelle et qu'ils maitrisent la langue française. Toutefois, d'une part, si les requérants démontrent une résidence habituelle en France depuis le début de l'année 2018, la circonstance d'une durée de présence habituelle sur le territoire national de cinq ans et onze mois à la date des arrêtés contestés ne peut, à elle seule, fonder un motif exceptionnel d'admission au séjour. D'autre part, si les requérants font état de leurs efforts d'intégration sociale et professionnelle, seul M. A C exerce un emploi depuis la fin de l'année 2019, d'abord en intérim puis en qualité de chauffeur livreur jusqu'en janvier 2021 et enfin en qualité de dispatcheur équipier polyvalent jusqu'à la date de la décision attaquée pour une durée totale de travail de trois ans et onze mois, ce qui n'est pas de nature à constituer un motif exceptionnel d'admission. Au demeurant, si M. A C se prévaut d'un diplôme de baccalauréat en lettres et sciences humaines et d'un diplôme de spécialisation de menuiserie en aluminium, tous deux obtenus au Maroc, il ne démontre pas avoir cherché à exercer un métier en adéquation avec ses qualifications. Enfin, la vie familiale en France des intéressés ne relève d'aucun motif exceptionnel ou humanitaire, la naissance d'un enfant en France n'ouvrant aucun droit particulier au séjour, les requérants ne faisant état d'aucun obstacle à leur retour avec leur enfant en bas âge dans leur pays d'origine, où ils n'établissent pas être dépourvus d'attaches. C'est donc sans méconnaitre l'article L. 435-1 précité ni commettre une erreur manifeste d'appréciation ni entacher ses décisions d'erreurs de fait que le préfet du Val-d'Oise a refusé de leur délivrer un titre de séjour.

8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Et aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles

L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. "

9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le préfet n'a ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni méconnu l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

10. Aux termes de l'article L. 312-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais repris à l'article L. 432-14 : " Dans chaque département, est instituée une commission du titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 312-2 du même code, devenu l'article L. 432-13 : " La commission est saisie par l'autorité administrative lorsque celle-ci envisage de refuser de délivrer ou de renouveler une carte de séjour temporaire à un étranger mentionné à l'article L. 313-11 () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " () Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article

L. 432-14 () ".

11. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. et Mme A C ne remplissent pas les conditions pour la délivrance d'un titre de séjour de plein droit sur le fondement de l'article

L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne démontrent pas avoir résidé de manière habituelle et continue sur le territoire français au cours des dix années précédant l'arrêté attaqué. Le préfet du Val-d'Oise n'étant dès lors pas tenu, en application des dispositions précitées, de soumettre leur cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter leur demande, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

12. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent utilement être invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

13. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions ont pour effet de séparer l'enfant des requérants de ses parents ou que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer dans le pays d'origine des intéressés, dont tous les membres de la famille ont la nationalité. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

14. Les décisions portant refus de délivrance de titre de séjour n'étant pas illégales, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

15. Les décisions contestées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

16. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, ces décisions ne méconnaissent pas les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni ne sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté.

17. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 13, le préfet du Val-d'Oise n'a pas méconnu l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en faisant obligation de quitter le territoire français aux intéressés.

En ce qui concerne les décisions portant obligation de remise de passeport ou de tout autre document de voyage :

18. La décision portant remise de passeport ou de tout autre document d'identité ou de voyage étant une décision accessoire, elle n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours. Par suite, l'ensemble des moyens soulevés à l'encontre de ces décisions doivent être écartés comme irrecevables.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de renvoi :

19. Les décisions portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégales, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre des décisions fixant le pays de renvoi, doit être écarté.

20. Les décisions contestées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

21. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ".

22. Si M. et Mme A C soutiennent qu'ils risquent de subir des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans leur pays d'origine, leurs allégations ne sont pas suffisamment étayées et ne permettent pas d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et sur les frais liés au litige :

23. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes doivent être rejetées, y compris dans leurs conclusions aux fins d'injonction et d'astreintes et celles présentées au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes susvisées n°2317118 et 2317119 sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D F épouse A C, à M. E A C et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. d'Argenson, président,

M. Robert, premier conseiller,

Mme Bocquet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2024.

La rapporteure,

signé

P. BocquetLe président,

signé

P.-H. d'ArgensonLe greffier

signé

V. Guillaume

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2317118 et 2317119