Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2317171
jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2317171 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 23 décembre 2023 et 13 janvier 2014, M. A B, représenté par Me Malik, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un rendez-vous dans les meilleurs délais afin qu'il puisse déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour avant le 15 janvier 2024 et de fixer au besoin les modalités dans lesquelles devra intervenir cette délivrance de rendez-vous ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui remettre avant le 15 janvier 2024 une autorisation provisoire de séjour, dans l'attente de l'instruction de sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que, depuis le 31 août 2023 et en dépit de ses nombreuses démarches, il ne parvient pas à obtenir une convocation en vue de déposer une admission exceptionnelle au séjour, ce qui le place dans une situation des plus précaires ; si sa demande de titre de séjour n'est pas enregistrée dans les meilleurs délais, la formation en apprentissage qu'il a entamée risque d'être interrompue et son contrat d'apprentissage rompu ; il risque également d'être placé en centre de rétention administrative et reconduit vers le Liban ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors que les multiples démarches qu'il a effectuées pour solliciter un rendez-vous en vue de procéder au dépôt d'une demande de titre de séjour n'ont pas abouti et qu'il ne dispose d'aucune autre voie pour obtenir un rendez-vous ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Amazouz, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant libanais né le 18 octobre 1998, s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " étudiant ", valable du 9 septembre 2019 au 8 septembre 2022 par la préfecture du Calvados. Postérieurement à l'expiration de son titre de séjour et après son déménagement dans le département des Hauts-de-Seine, l'intéressé a entamé des démarches en vue de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour à compter du 31 août 2023. A l'appui de sa requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un rendez-vous dans les meilleurs délais afin qu'il puisse déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y étudier, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que, si l'étranger établit qu'il n'a pu obtenir une date de rendez-vous, malgré plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.
4. Il résulte de l'instruction que, près d'un an après l'expiration de son titre de séjour expirant le 8 septembre 2022, M. B a adressé un courriel à la préfecture des Hauts-de-Seine pour se renseigner sur les modalités selon lesquelles il pouvait présenter une demande de titre de séjour. Le 12 septembre 2023, l'intéressé a déposé, via le site " démarches-simplifiées.fr " une demande de pré-examen d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Si à la suite du dépôt de cette demande, l'intéressé a relancé les services de la préfecture par message des 28 septembre et 24 octobre 2023, il ressort des pièces produites par le requérant que sa demande a été classée sans suite le 30 novembre 2023 au motif qu'il n'avait pas produit d'acte de naissance en langue étrangère, ce qu'il ne conteste pas. Le 21 décembre 2023, l'intéressé a, en conséquence, déposé une nouvelle demande de pré-examen d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le site " démarches-simplifiées.fr ". Si le requérant fait valoir que sa formation en apprentissage risque d'être interrompue le 15 janvier 2024 et son contrat d'apprentissage rompu, il doit être regardé comme s'étant placé lui-même dans la situation d'urgence qu'il invoque dès lors qu'après s'être maintenu en situation irrégulière sur le territoire français pendant près d'un an, il ne conteste pas qu'il a d'abord déposé une demande de titre de séjour incomplète avant de renouveler sa demande que le 21 décembre 2023, soit deux jours avant sa saisine du juge des référés. En outre, les éléments relatifs à sa situation personnelle, en particulier le fait qu'il se trouve en situation irrégulière sur le territoire français, ne suffisent pas à établir l'existence d'une situation d'urgence particulière nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à bref délai et impliquant que sa demande de titre de séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation. Dans ces conditions, M. B ne justifie pas que sa demande d'injonction présenterait un caractère d'urgence. Par suite, sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : Le requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 1er février 2024.
Le juge des référés,
signé
S. Amazouz
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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