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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2317470

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2317470

mardi 23 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2317470
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantBAPCERES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 décembre 2023, Mme A C née B, représenté par Me Bapceres, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision, révélée par la consultation de son compte en ligne sur le site Internet de la CAF, par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a mis à sa charge un indu de 228,67 euros de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2018 ;

2°) d'annuler la décision, révélée par la consultation de son compte en ligne sur le site Internet de la CAF, par laquelle la CAF du Val-d'Oise a mis à sa charge un indu de 152,45 euros de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2019 ;

3°) d'annuler la décision, révélée par la consultation de son compte en ligne sur le site Internet de la CAF, par laquelle la CAF du Val-d'Oise a mis à sa charge un indu de 274,41 euros de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2021 ;

4°) d'annuler la décision, révélée par la consultation de son compte en ligne sur le site Internet de la CAF, par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a mis à sa charge un indu de 150 euros d'aide exceptionnelle de solidarité ;

5°) de la décharger du paiement de ces dettes ;

6°) d'enjoindre à la CAF du Val-d'Oise de lui restituer les sommes déjà prélevées sur le fondement de ces indus ;

7°) de mettre à la charge de l'État au bénéfice de son conseil la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- la décision du 12 juin 2023 par laquelle le président du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;

- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;

- le décret n° 2021-1657 du 15 décembre 2021 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : ()/ 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () / 7°Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, si Mme C soutient que la CAF ne démontre ni que les décisions ont été signées par une autorité compétente, ni que les décisions ont fait l'objet d'une motivation insuffisante, elle n'a pas produit les décisions par lesquels la CAF lui a réclamé les indus, mais en demande l'annulation en tant qu'elles lui ont été révélées par des mentions figurant sur son compte allocataire. Dès lors, les moyens de légalité externe qu'elle soulève sont inopérants.

3. En second et dernier lieu, en application de l'article 3 des décrets du 14 décembre 2018, 10 décembre 2019 et 15 décembre 2021 visés ci-dessus, la prime exceptionnelle de fin d'année pour l'année 2021 est versée aux bénéficiaires du revenu de solidarité active qui perçoivent cette allocation pendant les mois de novembre ou décembre de l'année concernée. En outre, aux termes du I de l'article 6 de ces mêmes décrets : " Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci ". De plus, aux termes de l'article 1er du décret du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires : " Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : /1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; / 2° Le revenu de solidarité mentionné à l'article L. 522-14 du même code ; / 3° L'une des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation susvisé ; () ".

4. En l'espèce, pour contester avoir perçu indûment ces aides et primes exceptionnelles, Mme C, qui est représentée par un avocat, se borne à soutenir qu'elle remplissait leurs conditions d'attribution. Toutefois, elle n'apporte aucune précision dans ses écritures, ni ne verse aucune pièce justifiant de ses allégations à caractère très général, n'ayant au demeurant versé à l'instance que les copies d'écran révélant les décisions attaquées, ne permettant en particulier pas de comprendre à quel titre elle était en droit de bénéficier de ces prestations. Le moyen tiré du défaut de bien-fondé des indus n'est donc manifestement pas assorti des précisions suffisantes permettant de l'apprécier.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation de Mme C, à l'appui desquelles elle ne présente que des moyens de légalité externe manifestement non fondés, des moyens inopérants ou qui ne sont manifestement pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, ne peuvent qu'être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même par voie de conséquence de ses conclusions présentées à fin de décharge ainsi que celles à fin d'injonction

Sur les frais liés au litige :

6. Le présent jugement rejetant l'ensemble des conclusions présentées par Mme C, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne pourront, par voie de conséquence, qu'être rejetées.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C née B, à Me Bapceres.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 23 avril 2024.

La magistrate désignée,

signé

M. Monteagle

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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