Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400050
jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2400050 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 janvier 2024, Mme H G demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à l'assistance publique - hôpitaux de Paris " Université de Paris Saclay " de suspendre de leur emploi, pour une durée supérieure à quatre mois, le docteur E, le Dr F, le Dr D, M. B, M. A et M. C dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que les personnels dont la suspension est demandée exercent à l'hôpital Antoine Béclère à Clamart ;
- la condition d'urgence est remplie s'agissant de personnels dangereux pour la prise en charge des patients et afin d'éviter tout nouveau grave dysfonctionnement dans le service public hospitalier ;
- la mesure sollicitée est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative dès lors que l'administration refuse de prendre une décision conservatoire de suspension des personnels concernés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Drevon-Coblence, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'assistance publique - hôpitaux de Paris " Université de Paris Saclay " de suspendre de leur emploi, pour une durée supérieure à quatre mois, le docteur E, le Dr F, le Dr D, M. B, M. A et M. C en raison des fautes commises par eux dans la prise en charge hospitalière de sa mère entre le 20 décembre 2019 et le 3 janvier 2020.
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 de ce code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle qui refuse la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Pour justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier, à très bref délai, de la mesure d'injonction qu'elle demande, Mme G soutient que l'administration refuse de suspendre les agents concernés qui ont pris en charge sa mère à l'hôpital Antoine Béclère à Clamart entre le 20 décembre 2019 et le 3 janvier 2020. Les faits à l'origine de sa demande se sont ainsi produits plus de quatre ans avant la présente requête et la requérante n'établit pas, en l'état de l'instruction, l'existence de circonstances de nature à caractériser une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il résulte également de l'instruction que la mesure sollicitée fait obstacle à une décision de refus de l'administration de suspendre ses agents, que Mme G ne produit toutefois pas, alors que l'intéressée n'établit pas, en se bornant à produire les copies des procès-verbaux d'audition de plusieurs des personnels dont elle demande la suspension, que sa demande se justifie pour prévenir un péril grave. Il résulte également de l'instruction qu'il n'entre pas dans l'office du juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'administration de suspendre des infirmiers et des médecins.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme G présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du même code. Il en va de même de ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre des dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme G est rejetée
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme H G.
Fait à Cergy, le 15 février 2024.
La juge des référés
signé
Mme Drevon-Coblence
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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