Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400382
mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2400382 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 11 janvier, le 16 janvier et le 7 février 2024, M. D, représenté par Me Bulajic demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 janvier 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai de trente jours courant à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de mettre fin à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
- la décision en litige a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur un motif erroné tiré de ce qu'il se trouve en situation irrégulière sur le territoire alors qu'il justifie du dépôt d'une demande de titre de séjour ;
- elle est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, faute qu'il lui ait été indiqué lors de son audition par les services de police qu'il pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement, sur laquelle il n'a pu présenter d'observations utiles en méconnaissance des articles 41 et 51 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ; il n'a pas davantage été informé de la possibilité de présenter des observations écrites ;
- elle est insuffisamment motivée, ce qui révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et procède d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
S'agissant de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est disproportionnée ;
S'agissant de l'interdiction de retour pendant une durée de deux ans :
- cette décision a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est disproportionnée et procède d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Charlery, conformément à l'article
R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 février 2024 :
- le rapport de Mme Charlery, magistrate désignée ;
- les observations de Me Bulajic, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens en insistant particulièrement sur la circonstance qu'il n'a été tenu aucun compte de la demande de titre de séjour déposée par le requérant quelques jours avant son interpellation et dont il avait informé les services de police au cours de son audition ;
- les observations de M. D, qui confirme avoir déjà fait l'objet de deux précédentes obligations de quitter le territoire qu'il n'a pas exécutées ;
- le préfet de la Seine-Saint-Denis n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant pakistanais né le 1er juin 1989, entré en France le
2 novembre 2015 selon ses déclarations, a fait l'objet, le 8 janvier 2024, d'un contrôle d'identité par les services de police et a été interpelé pour des faits de recel de vol et défaut de permis de conduire. Par un arrêté pris le même jour, dont l'intéressé sollicite l'annulation, le préfet de la Seine-Saint-Denis a obligé M. D à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire pendant une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. A C, attaché d'administration de l'Etat, chef du pôle instruction et mise en œuvre des mesures d'éloignement à la préfecture de la Seine-Saint-Denis, lequel avait reçu délégation du préfet de ce département à l'effet de signer notamment, les obligations de quitter le territoire français et les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français, par un arrêté n°2023-3625 du
27 novembre 2023, publié au bulletin d'informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision précitée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Et aux termes du 1er alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ".
4. La décision faisant à M. D obligation de quitter le territoire français vise les dispositions légales sur lesquelles elle se fonde, notamment les dispositions de l'article
L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le préfet mentionne également les éléments de fait propres à la situation administrative de M. D, en énonçant notamment que l'intéressé ne peut justifier être entré régulièrement en France et n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Il précise que M. D a présenté une demande de titre de séjour en qualité de salarié, laquelle a été rejetée par décision du 18 février 2022 et que, s'il allègue avoir effectué des démarches à la sous-préfecture de Sarcelles, il n'en apporte pas la preuve. Ainsi, la décision attaquée répond aux exigences de motivation posées par l'article L. 211-5 du code des relations entre le public, alors même qu'elle ne reprend pas l'intégralité des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, dont le préfet n'est pas tenu de faire état de manière exhaustive. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision en litige doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard notamment aux éléments de motivation de la décision énoncés au point 4 du présent jugement, que le préfet de Seine-Saint-Denis aurait insuffisamment examiné les éléments de la situation personnelle de M. D. Le moyen tiré d'un tel défaut d'examen ne peut, donc, qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, relatif au droit à une bonne administration : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () " Et aux termes de l'article 51 du même texte, relatif à son champ d'application : " 1. Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions et organes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux États membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ".
7. Le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, ou d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
8. En l'espèce, il ressort des écritures de l'intéressé, qu'il est entré en France en 2015 et s'y est maintenu irrégulièrement sans interruption depuis lors. Dès lors, le requérant ne pouvait sérieusement ignorer que l'irrégularité de sa situation l'exposait à une décision portant obligation de quitter le territoire français, d'autant qu'il ressort des mentions non contestées de l'arrêté en litige, et confirmées à l'audience par M. D, qu'il a fait l'objet d'une précédente décision d'éloignement par arrêté du 18 février 2022. Par ailleurs, le requérant indique lui-même avoir déposé une demande de titre de séjour, procédure au cours de laquelle il a pu apporter tous éléments nécessaires à la description de sa situation administrative, personnelle et familiale, et qui fait suite à une précédente demande de délivrance de titre de séjour portant la mention " salarié ", rejetée par l'arrêté précité du
18 février 2022. En outre, le préfet de la Seine-Saint-Denis produit le procès-verbal établi, le 8 janvier 2024, par les services de police, suite à l'interpellation du requérant, au cours duquel il a pu indiquer qu'il est entré en France le 2 novembre 2015, qu'il a effectué deux demandes d'asile en 2016 et 2019, ainsi qu'une demande de titre de séjour quelques jours auparavant, qu'il exerce la profession de plombier et qu'il a déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement en 2022. Il ne ressort d'aucune autre pièce du dossier que le requérant aurait été empêché de présenter des observations complémentaires avant que ne soit pris l'arrêté contesté, et ce, sans qu'ait d'incidence la circonstance, à la supposer établie, qu'il n'ait pas été informé de la possibilité de présenter des observations écrites. Par suite, le moyen tiré de ce que M. D aurait été privé de la garantie que constitue le droit à être entendu ne peut qu'être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoient que : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande () ".
10. M. D fait valoir qu'il ne pouvait faire l'objet d'une décision d'éloignement, dès lors qu'il a déposé, le 26 décembre 2023, sur la plateforme " démarches-simplifiées.fr ", une demande d'admission exceptionnelle au séjour en cours d'instruction. Toutefois, le seul dépôt d'une demande de titre de séjour sur la plateforme dédiée ne saurait faire obstacle à ce que l'autorité administrative prononce une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger qui se trouve dans l'un des cas mentionnés par l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, si M. D établit l'existence du dépôt de cette demande par la production du formulaire renseigné via le téléservice, lequel comporte un accusé de réception, il ne produit ni récépissé de demande titre de séjour en cours de validité, le récépissé qu'il verse à la procédure expirant au 18 mai 2022, ni autorisation provisoire de séjour susceptibles de faire obstacle à ce qu'une décision d'éloignement soit prise à son encontre. Il n'est pas davantage allégué qu'il aurait obtenu un rendez-vous en préfecture en vue du dépôt de son dossier. Par ailleurs, il ressort du formulaire produit, que M. D est entré irrégulièrement en France, dès lors qu'il était dépourvu de tout visa, le 2 novembre 2015. Dans ces conditions, le préfet de Seine-Saint-Denis pouvait légalement prendre à l'encontre de l'intéressé une décision d'éloignement.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
12. Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. Tel n'est pas le cas de la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles ne prescrivent pas la délivrance d'un titre de plein droit mais laissent à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour d'un étranger répond à des considérations humanitaires ou s'il se justifie au regard des motifs exceptionnels dont l'intéressé se prévaut. Ainsi, M. D ne peut utilement se prévaloir de la circonstance qu'il pourrait prétendre à un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté comme inopérant.
13. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
14. Il ressort des mentions non contestées de la décision attaquée que M. D ne peut justifier l'intensité, la stabilité et l'ancienneté de ses liens personnels et familiaux en France. Il n'en justifie pas davantage dans la présente instance, insistant seulement sur son insertion professionnelle. S'il allègue être présent en France depuis 2015, il n'en justifie par aucune pièce. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit dont l'intéressé dispose au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise, et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations précitées. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
15. En premier lieu, pour le même motif que celui énoncé au point 2 du présent jugement, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige ne peut qu'être écarté.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
17. La décision refusant à M. D un délai de départ volontaire mentionne l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressé a été interpelé pour des faits de recel de vol et défaut de permis de conduire, qu'il est connu au fichier automatisé des empreintes digitales pour des faits de conduite d'un véhicule sans permis et maintien irrégulier sur le territoire après placement en rétention ou assignation à résidence d'un étranger ayant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire, et que ces faits caractérisent une menace pour l'ordre public. Ainsi, la décision en litige, qui comporte les éléments de droit et de fait sur lesquels elle se fonde, est suffisamment motivée.
18. En troisième lieu, au regard des éléments énoncés au point précédent, le préfet de la Seine-Saint-Denis a pu légalement refuser d'accorder à M. D un délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné de cette décision doit être écarté.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour pour une durée de deux ans :
19. En premier lieu, pour le même motif que celui énoncé au point 2 du présent jugement, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige ne peut qu'être écarté.
20. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. " Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "
21. La décision en litige indique que si M. D allègue être présent en France depuis le 2 novembre 2015 il n'en justifie pas, ni davantage de l'ancienneté de liens personnels et familiaux en France, qu'il s'est soustraie à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et que son comportement caractérise une menace pour l'ordre public. Cette motivation atteste de la prise en compte par le préfet de la Seine-Saint-Denis de l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de l'interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.
22. En troisième lieu, au regard des éléments indiqués au point précédent, le moyen tiré de ce que la décision en litige présenterait un caractère disproportionné ne peut qu'être écarté.
23. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. D ne peuvent qu'être rejetées. Il en est de même, par conséquent, des conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de procédure.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Charlery La greffière,
Signé
O. El Moctar
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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