Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400500

lundi 10 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2400500
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2024, Mme A B, représentée par Me Essono Nguema, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 5 octobre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble les décisions de retrait de point consécutives aux infractions commises les 9 avril 2020, 27 novembre 2021, 15 août 2022, 15 septembre 2022, 13 octobre 2022, 23 octobre 2022, 30 octobre 2022 et 24 février 2023 ;

2°) d'enjoindre au ministre de reconstituer son capital de points ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le principe du contradictoire a été méconnu et qu'elle n'est pas l'auteur des infractions litigieuses.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B demande au tribunal l'annulation de la décision 48S du 5 octobre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble les décisions individuelles de retrait de points.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : "'Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, le vice-président du tribunal administratif de Paris et les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ()'".

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. ( ) Lorsque le nombre de points est nul, le permis perd sa validité. / () ".

4. Il résulte de ces dispositions que les mesures portant retrait de points et invalidation de permis de conduire présentent un caractère automatique résultant des condamnations prononcées par le juge pénal et ne laissent subséquemment aucune marge d'appréciation à l'autorité administrative qui les prononce. Dès lors, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées ont irrégulièrement été prises en méconnaissance du principe du contradictoire est inopérant. Il ne peut donc qu'être écarté.

5. En second lieu, en application des articles 529 et suivants du code de procédure pénale, il appartient au contrevenant qui conteste avoir commis une infraction de formuler une requête en exonération auprès du service indiqué dans l'avis de contravention. Le paiement de l'amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée valent, en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route reconnaissance de la réalité de l'infraction.

6. Il résulte de ces dispositions que l'appréciation de l'imputabilité à un conducteur d'une infraction relève de l'office du juge judiciaire dans le cadre d'une procédure pénale et que le contrevenant ne peut utilement soulever devant le juge administratif un moyen tiré de ce qu'il n'est pas l'auteur de l'infraction contestée.

7. Pour demander l'annulation de la décision contestée, Mme B se borne à faire valoir qu'elle n'est pas l'auteur des infractions au code de la route constatées les 9 avril 2020, 27 novembre 2021, 15 août 2022, 15 septembre 2022, 13 octobre 2022, 23 octobre 2022, 30 octobre 2022 et 24 février 2023, ayant entraîné le retrait d'un total de treize points. Il appartenait à l'intéressée de formuler une requête en exonération ou de contester le titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Ainsi, en application des dispositions précitées de l'article L. 223-1 du code de la route, et en l'état de l'instruction, Mme B ne saurait utilement soutenir devant le juge administratif qu'elle n'est pas l'auteur des infractions en litige.

8. Il suit de là que la requête de Mme B, qui n'a produit aucun nouveau mémoire dans le délai de recours qui a été déclenché au plus tard à la date d'introduction de sa requête, ni n'a annoncé la production d'un mémoire complémentaire, ne comporte que des moyens inopérants et peut, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Cergy, le 10 juin 2023.

La présidente de la 4ème chambre,

signé

C. Bories

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision