Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400615
lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2400615 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DEHAN |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 janvier et le 29 mai 2024, M. A B, représenté par Me Dehan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née du silence gardé par le ministre de l'intérieur sur son recours gracieux, par lequel il contestait les retraits de points du capital de son permis de conduire consécutifs aux infractions commises les 1er avril 2021, 3 mars 2022, 29 avril 2022, 5 juin 2022, 14 juillet 2022, ensemble les décisions individuelles de retrait de points ;
2°) d'enjoindre au ministre de créditer les points litigieux à son capital de points ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les décisions 48 ont été prises en l'absence d'une procédure d'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, le ministre de l'intérieur conclut à la tardiveté des conclusions dirigées contre la décision 48 SI, à l'irrecevabilité partielle et au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté son recours, présenté le 16 novembre 2023, par lequel il demandait le retrait des décisions 48 portant retrait de points consécutives à cinq infractions qu'il a commises.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ; / () ". Selon l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le pli recommandé contenant la décision " 48 SI " du 13 décembre 2022 constatant l'invalidité du permis de conduire de M. B a été présenté par le préposé de la poste au domicile de l'intéressé le 9 janvier 2023 et a été renvoyé à l'administration portant le motif de non distribution " pli avisé non réclamé ". Cette décision, établie selon un modèle-type produit par le ministre de l'intérieur en défense, comportait nécessairement au verso la mention des voies et délais de recours. La notification de la décision " 48 SI " en litige, et des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 1er avril 2021, 3 mars 2022, 29 avril 2022 et 5 juin 2022 dont elle procède, est donc réputée être intervenue le 9 janvier 2023. Ces décisions étaient ainsi devenues définitives à la date d'introduction de la présente requête, le 16 janvier 2024. Par suite, M. B n'est plus recevable à exciper de l'illégalité de ces décisions. En outre, si l'exercice d'un recours gracieux proroge en règle générale le délai de recours contentieux, celui exercé par le requérant n'a été reçu par le ministre de l'intérieur que le 16 novembre 2023 et n'a pas eu pour conséquence de proroger le délai de recours contentieux. Ainsi, les conclusions du requérant tendant à l'annulation du refus implicite de retirer ces décisions sont manifestement irrecevables.
4. D'autre part, il ne ressort pas du relevé d'information intégral de M. B daté du 13 mai 2024, produit par le ministre en défense, que l'infraction commise le 14 juillet 2022 donnerait lieu à un retrait de points de son permis de conduire. Par conséquent, les conclusions du requérant tendant à l'annulation de cette décision portant retrait de points sont manifestement irrecevables.
5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. B est entachée d'une irrecevabilité manifeste insusceptible de régularisation. Pour ce motif, il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal ordonne:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Cergy, le 10 juin 2024.
La présidente de la 4ème chambre,
signé
C. Bories
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
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