Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400759
lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2400759 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 janvier et le 16 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Dehan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté son recours, présenté le 29 juin 2023, par lequel elle demandait le retrait de la décision 48 SI d'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul et des décisions 48 portant retrait de points consécutives à des infractions commises les 8 et 9 juin 2017 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer son permis de conduire invalidé en reconstituant son capital de points retirés ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions 48 et 48 SI ont été prises en l'absence d'une procédure d'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction ;
- la réalité des infractions commises n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 avril 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre la décision 48 SI et contre le retrait de points consécutif à l'infraction du 9 juin 2017 sont tardives et donc irrecevables ;
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre le retrait de points consécutif à l'infraction du 8 juin 2017 ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A demande au tribunal l'annulation de la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté son recours, présenté le 29 juin 2023, par lequel elle demandait le retrait de la décision 48 SI d'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul et des décisions 48 portant retrait de points, consécutives à des infractions commises les 8 et 9 juin 2017.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ; / () ". Selon l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le pli recommandé contenant la décision " 48 SI " constatant l'invalidité du permis de conduire de Mme A a été expédié à l'adresse de l'intéressée, et mentionne qu'elle en a été avisée le 30 décembre 2017. Cette décision, établie selon un modèle-type produit par le ministre de l'intérieur en défense, comportait nécessairement au verso la mention des voies et délais de recours. L'enveloppe contenant le pli en cause a été revêtue d'une étiquette sur laquelle a été cochée la mention " pli avisé et non réclamé ", correspondant au motif de non-distribution du pli à Mme A. La notification de la décision " 48 SI " en litige, et des décisions de retrait de points dont elle procède, est donc réputée être intervenue le 30 décembre 2017. Ces décisions étaient ainsi devenues définitives à la date d'introduction de la présente requête, le 18 janvier 2024. Par suite, Mme A n'est plus recevable à exciper de l'illégalité de ces décisions. En outre, si l'exercice d'un recours gracieux proroge en règle générale le délai de recours contentieux, celui exercé par Mme A contre les décisions attaquées n'a été reçu par le ministre de l'intérieur que le 29 juin 2023 et n'a pas eu pour conséquence de proroger le délai de recours contentieux. Dès lors, la requête de Mme A est entachée d'une irrecevabilité manifeste insusceptible de régularisation. Pour ce motif, il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Cergy, le 6 mai 2024.
La présidente de la 4ème chambre,
signé
C. Bories
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
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