Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400826

vendredi 9 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2400826
TypeDécision
RecoursInterprétation

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 janvier 2024, Mme A B, représentée par Me Senah, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution des décisions par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un récépissé de titre de séjour et partant a implicitement refusé une demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer sans délai le titre de séjour sollicité ou, à défaut, de lui délivrer un récépissé, sous astreinte de 350 euros par heure de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2.000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- l'urgence est remplie, dès lors qu'en l'absence de titre de séjour ou de récépissé elle ne peut justifier de la régularité de son séjour en France et ne peut se rendre au Liban le

5 février 2023 pour y effectuer son stage obligatoire dans le cadre de sa formation, qu'il est porté atteinte à sa liberté d'aller et venir, à son droit à une vie privée et familiale et à son droit au travail ;

- il existe un moyen de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :

- elles portent atteinte aux dispositions de l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 janvier 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut non-lieu à statuer dès lors que la requérante a été mise en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 24 janvier au 23 mars 2024.

Par un mémoire en réplique enregistré le 27 janvier 2024, Mme B conclut au maintien de sa requête et de ses conclusions.

Elle soutient que l'attestation de prolongation d'instruction valable du 24 janvier 2024 au 23 mars 2024 ne lui permet pas d'effectuer son stage au Liban du 5 février 2024 au 29 mars 2024, dès lors que la durée de validité de l'attestation ne couvre pas l'entière durée du stage.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2400832, enregistrée le 19 janvier 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la constitution et son préambule ;

- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thobaty, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes en référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 1er février 2024 à 10 heures.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de

Mme El Moctar, greffière d'audience,

- le rapport de M. Thobaty, juge des référés ;

- les observations de Me Senah, représentant Mme B, requérante absente, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante libanaise née le 4 juillet 2002, est entrée sur le territoire français, selon ses déclarations, en octobre 2020. Elle a obtenu un premier titre de séjour valable jusqu'au 13 octobre 2022, renouvelé jusqu'au 13 octobre 2023. Elle a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour le 6 novembre 2023, l'administration lui ayant remis tardivement son précédent titre. L'intéressée a demandé à de nombreuses reprises la remise d'un récépissé auprès de la préfecture, mais aucun ne lui a été remis, la plaçant dans une situation irrégulière. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des décisions par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un récépissé de titre de séjour et partant a implicitement refusé une demande de titre de séjour ;

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Il résulte des pièces du dossier soumises au juge des référés que le préfet des Hauts-de-Seine a délivré à Mme B une attestation de prolongation d'instruction valable du 24 janvier 2024 au 23 mars 2024. La requête étant devenue sans objet, il y a lieu de prononcer un non-lieu à statuer.

4. Si Mme B demande par voie de conséquence la suspension de l'exécution d'un refus implicite de titre de séjour, elle ne présence aucun moyen spécifique dirigé contre une telle décision. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat à verser à Mme B la somme demandée au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d'injonction de la requête de Mme B dirigées contre un refus de délivrance d'un récépissé de titre de séjour.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet des

Hauts-de-Seine et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Cergy, le 9 février 2024.

Le juge des référés,

Signé

G. Thobaty

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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