Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2400965

vendredi 16 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2400965
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2024, M. A B, représenté par

Me Hervet, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler et à séjourner sur le territoire français, dans le délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de

100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que son titre de séjour ayant expiré et sans réponse de l'administration sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, il est placé, tant en situation irrégulière qu'en insécurité juridique et qu'en outre, cette situation administrative porte atteinte à sa liberté d'aller et venir, à sa vie privée et familiale ainsi qu'à sa situation professionnelle ;

- la mesure demandée est utile, dès lors que l'examen de sa demande de titre de séjour lui permettra de se maintenir régulièrement sur le territoire français et d'honorer son contrat de travail ;

- la mesure ne fait obstacle à aucune exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut que la requête est devenue sans objet et au non-lieu à statuer, dès lors que les services de la préfecture des Hauts-de-Seine ont convoqué M. B le 20 février 2024, à 9h42, en vue de la délivrance d'un récépissé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien né le 12 mars 1994 à Tunis en Tunisie, est entré sur le territoire français muni d'un visa portant la mention " salarié " valable du 17 janvier 2023 au 16 janvier 2024. Il a sollicité, le 6 décembre 2023, le renouvellement de son titre de séjour via le site " demarches-simplifiees.fr " et, le 16 janvier 2024, a déposé une demande d'autorisation de travail. Demeuré sans réponse sur les demandes qu'il a présentées, par la présente requête,

M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant à travailler.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

4. Il résulte de l'instruction que le préfet des Hauts-de-Seine a convoqué M. B, le

20 février 2024 à 9h42, en vue de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, étant précisé que la convocation maintient l'intéressé en situation régulière jusqu'à la date de ladite convocation en préfecture. Dans ces conditions, la requête est devenue sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de se prononcer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 16 février 2024.

Le juge des référés,

Signé

M. Poyet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.