Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2401305
lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2401305 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2024, Mme A B, représentée par Me Gauthier, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à l'administration, à titre principal, d'apporter une réponse à sa demande de naturalisation dans les plus brefs délais et, à titre subsidiaire, d'enjoindre à l'administration d'avoir à délivrer l'information quant aux étapes de traitement de sa demande ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure sollicitée sont remplies dès lors qu'elle a déposé sa demande de naturalisation auprès des services de la préfecture des Hauts-de-Seine, le 18 septembre 2021, et qu'elle a été informée par récépissé, le 23 septembre 2022, du caractère complet de sa demande et de sa mise à l'instruction ; après avoir été reçue au cours d'un entretien d'assimilation, le 5 octobre 2022, elle n'a reçu aucune information au sujet de l'état d'avancement de sa demande, malgré les relances qu'elle a envoyée ; en l'absence de réponse, elle se trouve aujourd'hui dans une position tant privée que professionnelle dégradée, alors qu'elle répond aux critères d'obtention d'un avis favorable à sa demande de naturalisation et qu'il lui est impossible d'obtenir une réponse dans un délai raisonnable ; la mesure sollicitée lui permettra d'obtenir une réponse à sa demande de naturalisation et de conserver son emploi en remplissant les nouvelles missions professionnelles qui sont les siennes ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu :
- l'ordonnance n° 2310346 du 2 août 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- l'ordonnance n° 2316150 du 5 décembre 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante libanaise née le 12 juillet 1995, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 15 février 2027, a déposé, le 18 septembre 2021, une demande d'acquisition de la nationalité française par naturalisation. Le 23 septembre 2022, la préfecture des Hauts-de-Seine lui a remis un récépissé de complétude de son dossier et l'a informée que sa demande allait être instruite. Le 5 octobre 2022, l'intéressée a été reçue au cours d'un entretien d'assimilation. A l'appui de sa requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'administration d'apporter une réponse à sa demande de naturalisation dans les plus brefs délais et de lui transmettre des informations quant à l'état d'avancement de sa demande.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 21-25-1 du code civil : " La réponse de l'autorité publique à une demande d'acquisition de la nationalité française par naturalisation doit intervenir au plus tard dix-huit mois à compter de la remise de toutes les pièces nécessaires à la constitution d'un dossier complet contre laquelle un récépissé est délivré immédiatement. / Le délai visé au premier alinéa est réduit à douze mois lorsque l'étranger en instance de naturalisation justifie avoir en France sa résidence habituelle depuis une période d'au moins dix ans au jour de cette remise. / Les délais précités peuvent être prolongés une fois, par décision motivée, pour une période de trois mois. "
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B s'est vu remettre un récépissé de complétude de son dossier, en date du 23 septembre 2022. Par application des dispositions précitées du code civil, et dès lors que Mme B n'allègue pas avoir sa résidence habituelle en France depuis au moins dix ans au jour de cette remise, l'autorité publique dispose d'un délai de dix-huit mois, soit jusqu'au 23 mars 2024, pour statuer sur sa demande de naturalisation. Ainsi, quelle que soit l'urgence invoquée, la requête de l'intéressée, alors que le délai légal d'instruction de sa demande n'est pas encore expiré, ne peut être regardée comme présentant un caractère utile. Par suite, sa requête doit être rejetée comme mal fondée en application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris dans ses conclusions relatives aux frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera transmise au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy-Pontoise, le 5 février 2024.
Le juge des référés,
signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2600300
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2612179
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2604311
01/10/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2603832
01/10/2026