mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2401723 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ADDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 et 25 février 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Allo Forma représentée par Me Paloux, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 14 décembre 2023 par laquelle le directeur de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) a prononcé son déréférencement de la plateforme " Mon compte formation " pour une durée de douze mois et a mis à sa charge le remboursement des sommes versées et le non-paiement des sommes concernant les dossiers de formation engagés, ainsi que le non-reversement, le cas échéant, des sommes rétrocédées par l'établissement bancaire de l'organisme ;
2°) d'enjoindre à la Caisse des dépôts et consignations de régler toutes les prestations dues et bloquées depuis le 15 novembre 2023 et de procéder à nouveau à son référencement sur le site " Mon compte formation ", dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la Caisse des dépôts et consignations la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision attaquée porte atteinte à sa situation économique de manière grave et immédiate, remettant en cause son équilibre économique en la privant de l'intégralité de ses revenus et bénéfices et en lui demandant de restituer l'intégralité des sommes déjà versées, alors qu'elle fait face à des charges et frais personnels importants, qu'en outre, elle porte atteinte aux intérêts des stagiaires inscrits aux formations et aux formateurs indépendants ayant accompli leurs missions ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise à la suite d'une procédure irrégulière dès lors que la procédure contradictoire imposée par les articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration n'a pas été respectée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la CDC considère que l'ensemble des formations suivies l'ait été de manière frauduleuse, sans en apporter la preuve ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la CDC a fondé sa décision sur les dispositions des articles L. 121-2 et suivants du code de la consommation, relatifs aux pratiques commerciales trompeuses, en l'absence de fraude et de pratique commerciale trompeuse de sa part.
Par un mémoire, enregistré, le 23 février 2024, la Caisse des dépôts et consignations, représentée par Me Nahmias, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société requérante de la somme de 4 000 euros au titre des frais liés à l'instance.
Par un mémoire distinct, enregistré le 25 février 2024, présenté au titre des dispositions de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative, la Caisse des dépôts et consignations, représentée par Me Nahmias, verse aux débats des pièces confidentielles qu'elle indique être couvertes par le secret lié à la sécurité publique et le déroulement des procédures engagées devant les juridictions ou d'opérations préliminaires à de telles procédures et demande qu'elles soient soustraites au contradictoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2401935, enregistrée le 6 février 2024, par laquelle la société Allo Forma demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la consommation ;
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 26 février 2024
à 10 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Grospierre, greffier d'audience :
- le rapport de M. Poyet, juge des référés ;
- les observations de Me Paloux, représentant la SAS Allo Forma, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens, ainsi que les observations de M. Sroussi, président de la SAS Allo Forma ;
- et les observations de Me Guena, substituant Me Nahmias, représentant la Caisse des dépôts et consignations, qui confirme ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Allo Forma est un centre de formation professionnelle qui propose depuis 2021 des formations destinées aux particuliers. Elle bénéficie, à ce titre, de recettes constituées de revenus issus de financements publics et versés par la Caisse des dépôts et consignations. Par deux courriels en date des 20 et 24 octobre 2023, la Caisse des dépôts et consignations a informé la société requérante d'un contrôle consistant à vérifier les conditions de référencement sur la plateforme " Mon compte formation ". La société Allo Forma a complété et envoyé un formulaire numérique avec les pièces complémentaires demandées par la Caisse des dépôts et consignations, le 2 novembre 2023. La Caisse des dépôts et consignations a contacté la société requérante les 16 et 23 novembre 2023 et le 1er décembre 2023 affirmant ne pas avoir reçu les pièces complémentaires demandées. Par une décision du 14 décembre 2023, la Caisse des dépôts et consignations a prononcé le déréférencement de l'organisme Allo Forma pour une durée de douze mois, le recouvrement des sommes versées et le non-paiement des sommes concernant les dossiers de formation engagés, ainsi que le non-reversement, le cas échéant, des sommes rétrocédées par l'établissement bancaire de l'organisme. Par la présente requête, la SAS Allo Forma demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
Sur la mise en œuvre de la procédure prévue à l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative :
3. L'article L. 611-1 du code de justice administrative prévoit que : " Les exigences de la contradiction mentionnées à l'article L. 5 du présent code sont adaptées à celles de la protection du secret des affaires () ". Aux termes de l'article R. 611-30 de ce même code : " Lorsqu'une partie produit une pièce ou une information dont elle refuse la transmission aux autres parties en invoquant la protection du secret des affaires, la procédure prévue par l'article R. 412-2-1 est applicable ". Aux termes de l'article R. 412-2-1 de ce code : " Lorsque la loi prévoit que la juridiction statue sans soumettre certaines pièces ou informations au débat contradictoire ou lorsque le refus de communication de ces pièces ou informations est l'objet du litige, la partie qui produit de telles pièces ou informations mentionne, dans un mémoire distinct, les motifs fondant le refus de transmission aux autres parties, en joignant, le cas échéant, une version non confidentielle desdites pièces après occultation des éléments soustraits au contradictoire. Le mémoire distinct et, le cas échéant, la version non confidentielle desdites pièces sont communiqués aux autres parties. / Les pièces ou informations soustraites au contradictoire ne sont pas transmises au moyen des applications informatiques mentionnées aux articles R. 414-1 et R. 414-6 mais sont communiquées au greffe de la juridiction sous une double enveloppe, l'enveloppe intérieure portant le numéro de l'affaire ainsi que la mention : "pièces soustraites au contradictoire-Article R. 412-2-1 du code de justice administrative". / Si la juridiction estime que ces pièces ou informations ne se rattachent pas à la catégorie de celles qui peuvent être soustraites au contradictoire, elle les renvoie à la partie qui les a produites et veille à la destruction de toute copie qui en aurait été faite. Elle peut, si elle estime que ces pièces ou informations sont utiles à la solution du litige, inviter la partie concernée à les verser dans la procédure contradictoire, le cas échéant au moyen des applications informatiques mentionnées aux articles R. 414-1 et R. 414-6. Si la partie ne donne pas suite à cette invitation, la juridiction décide des conséquences à tirer de ce refus et statue sans tenir compte des éléments non soumis au contradictoire. / Lorsque des pièces ou informations mentionnées au premier alinéa sont jointes au dossier papier, celui-ci porte de manière visible une mention signalant la présence de pièces soustraites au contradictoire. Ces pièces sont jointes au dossier sous une enveloppe portant la mention : "pièces soustraites au contradictoire-Article R. 412-2-1 du code de justice administrative" ".
4. Dans le cadre de l'instruction de la présente affaire, le juge des référés, a estimé que l'examen des documents versés à l'instance par la Caisse des dépôts et consignations en mettant en œuvre la procédure définie à l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative, n'étaient pas utiles à la solution du litige. En conséquence, il a décidé de ne pas statuer au vu de ces pièces ni de les soumettre au débat contradictoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte :
5. Aucun des moyens susvisés n'est propre, en l'état de l'instruction, à susciter un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence à statuer, que les conclusions à fin de suspension présentées par la SAS Allo Forma doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la Caisse des dépôts et consignations, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la SAS Allo Forma une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SAS Allo Forma une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la Caisse des dépôts et consignations et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SAS Allo Forma est rejetée.
Article 2 : La SAS Allo Forma versera à la Caisse des dépôts et consignations une somme de 1000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée Allo Forma et à la Caisse des dépôts et consignations.
Fait à Cergy, le 5 mars 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026