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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2401786

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2401786

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2401786
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSKANDER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 février 2024, Mme C A B, représentée par Me Skander, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations à la taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 à 2023, à raison d'un logement sis 176 rue du Perreux à Argenteuil (95) ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2024, le directeur départemental des Finances publiques du Val-d'Oise conclut, sous réserve d'un désistement, au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête, en raison du dégrèvement de l'imposition en litige pour l'année 2023.

Par un courrier du 6 septembre 2024, le président de la 2ème chambre du tribunal, notamment au vu des explications apportées en défense auxquelles il n'a pas été répondu, a sur le fondement des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, invité Mme A B à maintenir ses conclusions dans un délai d'un mois à peine de désistement d'office.

Par une lettre, enregistrée le 27 septembre 2024, Mme A B a déclaré maintenir l'ensemble de ses conclusions.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. En premier lieu, par décision du 9 février 2024, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement total de la taxe foncière sur les propriétés bâties mise à la charge de Mme A B au titre de l'année 2023, d'une somme totale de 2 374 euros. Par suite, les conclusions de la requérante tendant à la décharge de cette imposition sont donc devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de l'administration des impôts ou de l'administration des douanes et droits indirects dont dépend le lieu d'imposition () ". Aux termes de l'article R. 196-2 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; () d) Au cours de laquelle le contribuable a eu connaissance certaine de cotisations d'impôts directs établies à tort ou faisant double emploi ".

4. Il n'est pas contesté que les impositions litigieuses de cotisations de taxes foncières auxquelles Mme A B a été assujettie au titre des années 2017 à 2022 à raison d'un logement sis 176 rue du Perreux à Argenteuil (95) ont été mises en recouvrement au cours de chacune de ces années. En vertu des dispositions du a) de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales précité, le délai de réclamation de la requérante expirait en conséquence le 31 décembre 2018 pour la taxe foncière exigée au titre de l'année 2017, le 31 décembre 2019 pour la taxe foncière exigée au titre de l'année 2018, le 31 décembre 2020 pour la taxe foncière exigée au titre de l'année 2019, le 31 décembre 2021 pour la taxe foncière exigée au titre de l'année 2020, le 31 décembre 2022 pour la taxe foncière exigée au titre de l'année 2021 et, enfin, le 31 décembre 2023 pour la taxe foncière exigée au titre de l'année 2022.

5. Alors que la décision du 6 décembre 2023 par laquelle le service a statué sur la réclamation préalable de l'intéressée fait apparaître que la réclamation du 11 novembre précédent ne visait que la taxe foncière de l'année 2023, Mme A B n'établit pas qu'elle aurait présenté une réclamation préalable dans les délais qui lui étaient impartis s'agissant des impositions émises au titre des années 2017 à 2022. Par suite, les conclusions par lesquelles Mme A B sollicite la décharge des cotisations de taxe foncière auxquelles elle a été assujettie au titre desdites années sont manifestement irrecevables.

6. En dernier lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme A B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A B tendant à la décharge de cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2023.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B et au directeur départemental des finances publiques du Val d'Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 25 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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