Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2401837
vendredi 9 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2401837 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 février 2024, M. B A, représenté par
Me Boamah, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de statuer sur sa demande de titre de séjour, déposée le 1er août 2022, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance et, dans cette attente, de lui délivrer un récépissé de renouvellement d'un titre de séjour portant autorisation de travail, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition est satisfaite dès lors qu'il est dépourvu de tout document lui permettant d'attester de la régularité de son séjour en France, depuis le 20 novembre 2023, et, d'autre part, que son employeur menace de mettre fin à son contrat de travail à brève échéance en raison du blocage persistant de sa situation administrative ;
- il existe une atteinte grave et immédiate à la liberté d'aller et venir en raison de la méconnaissance des articles R. 431-12 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Poyet, premier conseiller, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant malien né le 1er janvier 1983 à Bamako au Mali, a bénéficié de plusieurs cartes de séjour temporaire depuis le 4 avril 2019, dont la dernière était valable jusqu'au 2 août 2022, et de plusieurs récépissés de demande de renouvellement de titre de séjour valables du 3 novembre 2022 au 20 novembre 2023. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de statuer sur sa demande de titre de séjour, déposée le 1er août 2022, et de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ou encore d'une demande fondée sur l'article L. 521-3 du même code qui peut être satisfaite s'il est justifié, notamment, de l'urgence et de l'utilité de la mesure demandée, une demande présentée, comme en l'espèce, au titre de la procédure de l'article L. 521-2 de ce code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de l'urgence particulière qu'il y aurait à enjoindre au préfet des
Hauts-de-Seine les mesures qu'il sollicite, M. A fait valoir que sa carte de séjour temporaire était valable jusqu'au 2 août 2022, que son dernier récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour était valable jusqu'au 20 novembre 2023 et qu'il est dorénavant en situation irrégulière, risquant d'être licencié à tout instant. Toutefois, d'une part, le requérant n'établit pas l'imminence du risque de licenciement. D'autre part, sa carte de séjour temporaire était seulement valable jusqu'au 2 août 2022 et son dernier récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour était valable que jusqu'au 20 novembre 2023. Dans ces conditions, en l'état du dossier, l'intéressé ne justifie pas d'une situation d'extrême urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures, en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, en toutes ses conclusions, y compris celles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par les dispositions précitées de l'article L.522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 9 février 2024.
Le juge des référés,
Signé
M. Poyet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 24018372
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