Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402064
mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402064 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 février et 6 mars 2024, M. A B, représenté par Me Zubaroglu, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 février 2024, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
S'agissant de l'ensemble des décisions :
- elles méconnaissent l'article 15 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les articles L. 423-1 et suivants et L. 435-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour sur laquelle elle se fonde ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle porte une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le Président du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a désigné M. Beaufaÿs, premier vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 20 mars 2024 :
- le rapport de M. Beaufaÿs ;
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 25 septembre 1993, est entré sur le territoire français en mars 2021. Le 8 octobre 2022, il a fait l'objet d'un arrêté du préfet de police de Paris lui faisant obligation de quitter le territoire français. Par un nouvel arrêté du 11 février 2024, dont M. B demande l'annulation, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :
2. Si M. B fait valoir que l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 15 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. Les moyens tirés de ce que la décision de refus de séjour du préfet des Hauts-de-Seine aurait été signée par une autorité incompétente, serait insuffisamment motivée, et méconnaitrait les articles L. 423-1 et suivants et L. 435-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants, dès lors qu'il est constant que, par l'arrêté attaqué du 11 février 2024, le préfet des Hauts-de-Seine n'a nullement refusé au requérant la délivrance d'un titre de séjour mais lui a fait obligation de quitter le territoire en raison de ce qu'l ne justifié ni d'une entrée régulière ni d'un titre de séjour en cours de validité.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
4. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire prise à l'encontre de M. B n'ayant pas été prise en conséquence d'un refus de délivrance d'un titre de séjour, l'exception d'illégalité de cette décision, soulevée à l'appui de conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire, doit être écartée.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée est signée par François Rosa, sous-préfet et directeur de cabinet du préfet des Hauts-de-Seine, qui bénéficie d'une délégation de signature régulièrement en date du 28 septembre 2023 ; il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
6. En troisième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que M. B réside et travaille en France depuis le mois de mars 2021, eu égard à la durée et aux conditions irrégulières de son séjour en France, ces éléments ne sont pas de nature à démontrer que le préfet des Hauts-de-Seine aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation en adoptant à son encontre la décision attaquée. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En dernier lieu, si M. B soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit, il n'assortit ses moyens d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, les moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
8. En se bornant à faire valoir son droit à étudier et à travailler, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction sous astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Beaufaÿs Le greffier,
signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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