Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402137
mercredi 14 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402137 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 février 2024, Mme B A, représentée par
Me Chelbi, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pour soins couvrant la période préopératoire, la chirurgie cardiaque qu'elle doit suivre ainsi que ses suites opératoires dans les plus brefs délais ; ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que, entrée en France le 12 janvier 2024 sous couvert d'un passeport de court séjour, elle doit y subir une opération lourde du cœur le 19 février 2024 ; que son état de santé l'a empêchée de solliciter la délivrance d'un titre de séjour sur le site de l'ANEF dont les délais d'instruction sont très longs ;
- les délais de traitement de sa demande, d'au moins trois mois, risquent de l'exposer à une carence dans l'accès aux soins et aux traitements appropriés à son état de santé faisant apparaître pour l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ; l'exposent ce faisant à être soumise à un traitement inhumain et dégradant ; ainsi le délai de traitement l'inaction du préfet du Val-d'Oise porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à une vie privée et familiale normale, à l'intérêt supérieur de ses enfants et à sa liberté d'aller et venir dès lors qu'il devait bénéficier d'un titre de séjour, ou à tout le moins d'une autorisation provisoire de séjour, de plein droit.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bertoncini, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L.522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
3. Mme A, ressortissante algérienne née le 17 mars 1971, est entrée en France le 12 janvier 2024 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. Pour justifier de l'urgence à lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pour soin, elle se prévaut devoir subir, le 19 février 2024, une intervention chirurgicale lourde du cœur. Toutefois, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction, et qu'il n'est pas même allégué, que la régularité de sa situation administrative l'empêcherait de recevoir les soins qui lui sont nécessaires, il est constant qu'elle n'a pas, depuis le 12 janvier 2024, sollicité son admission au séjour pour soin, même sur le fondement de l'article R. 425-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ce faisant, alors qu'il n'est pas établi que son état de santé s'y serait opposé, d'autant que cette demande se fait par voie dématérialisée sur le site de l'ANEF, elle ne saurait utilement se prévaloir par anticipation de l'éventuel délai de traitement qu'aurait rencontré sa demande, alors qu'elle dispose de la possibilité, sous le contrôle du juge, de solliciter que le rendez-vous qui lui serait fixé soit avancé. Dans ces conditions, Mme A, qui n'est pas étrangère à la situation d'urgence dont elle se prévaut, ne justifie pas de l'existence d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, et de rejeter, en toutes ses conclusions, y compris celles liées aux frais du litige, la requête de Mme A.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Cergy, le 14 février 2024.
Le juge des référés,
signé
T. Bertoncini
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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