Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402196
vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2402196 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2024, Mme B A, représentée par Me Monget-Sarrail demande au juge des référés
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le maire de Boulogne-Billancourt lui a refusé l'accès à son poste de travail ;
2°) d'enjoindre au maire de procéder à sa réintégration immédiate, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la condition d'urgence :
- elle ne peut plus travailler, tout en restant sous la responsabilité de son employeur, et n'est pas assurée de recevoir son traitement.
S'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse :
- l'auteur de la décision ne justifie pas de sa compétence,
- la décision n'est pas motivée.
Vu :
- la requête par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision litigieuse ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bories, vice-présidente, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, éducatrice de jeunes enfants, est employée par la commune de Boulogne-Billancourt depuis le 1er septembre 2012. Elle a été placée en arrêt de travail le 27 novembre 2023. Elle demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite par laquelle le maire de Boulogne-Billancourt lui refuse l'accès à son poste de travail.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par 1'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : () 2° Lorsque la demande ne s'inscrit pas dans une procédure prévue par un texte législatif ou réglementaire ou présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif () ".
4. Il résulte de l'instruction que Mme A a demandé, par l'intermédiaire de son avocat, à reprendre son poste de travail au Relais Petite Enfance Dassault, faisant valoir le terme de son arrêt de travail et son aptitude médicale au travail. Cette demande, effectuée par un courrier reçu en mairie le 31 janvier 2024, n'est susceptible de faire naître une décision implicite de rejet qu'à l'expiration d'un délai de deux mois, en application des dispositions précitées de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, soit le 31 mars 2024. Si le caractère prématuré de sa requête au fond est susceptible d'être régularisé en cours d'instance, à la date de la présente ordonnance, les conclusions de sa requête en référé à fin de suspension d'une décision inexistante, ou qui n'est pas encore née, sont sans objet et donc manifestement irrecevables. Dès lors, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée au maire de Boulogne-Billancourt.
Fait à Cergy, le 16 février 2024.
La juge des référés,
Signé
C. Bories
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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